Un avenir sans faim

Publié le 27.04.2017 • Mis à jour le 02.05.2017

Lancement du rapport : Le coton Bt et nous – La vérité de nos champs ! (CP)

A l’occasion des Rencontres internationales des résistances (RIR) aux OGM, qui se tiendront à Lorient en France du 28 au 30 avril prochain, la Coalition ouest-africaine pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN ), en partenariat avec Inter Pares et le CCFD - Terre Solidaire, publie une étude « Le coton Bt et nous – la vérité de nos champs ! ».

Depuis trois ans, la COPAGEN mène une recherche paysanne avec 203 producteurs cotonniers au Burkina Faso sur l’impact du coton Bt, un coton génétiquement modifié mis au point par Monsanto. Le Burkina Faso est le seul pays de l’Afrique de l’Ouest à avoir adopté les OGM pour augmenter la productivité et la compétitivité de la filière coton, dont l’importance économique et sociale est de premier ordre pour ce pays. Testé en 2003 en l’absence de toute loi sur la biosécurité, vulgarisé à grande échelle par les autorités burkinabées en 2006, le Coton Bt a conquis 70% des superficies dès 2013.

Pour la première fois, une étude s’intéresse aux impacts du Coton Bt et est menée par les producteurs eux-mêmes : les constats sont accablants et loin des promesses mises en avant par la firme Monsanto.

Le prix des semences de coton Bt est en moyenne 18 fois plus élevé que le coton conventionnel. Sur les deux dernières campagnes cotonnières (2014-2015) et (2015-2016), les rendements ont été inférieurs de 7% à ceux du coton conventionnel. En conséquence, les producteurs, qui ont eu recours au coton Bt ont été perdants : leur profit moyen est inférieur d’environ 7% à celui des producteurs de coton conventionnel.

Autre promesse, autre marché de dupes. Alors que le coton Bt était vendu comme une plante résistante aux attaques d’insectes, devant permettre de diminuer les doses de pesticides, les producteurs ont pourtant observé dans le temps une diminution de son efficacité à combattre les insectes. Ils ont dû à nouveau recourir aux pesticides !

Le coton Bt ne contribue pas à la lutte contre la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie. Les producteurs s’inquiètent de son impact sur leur santé, sur celle de leurs animaux et sur l’environnement.

« Ces constats ne sont pas surprenants pour une majorité de paysans ainsi que des organisations citoyennes qui les soutiennent : nous dénonçons depuis des années le mirage de cette semence transgénique », déclare Kadidja Koné de la COPAGEN, qui sera présente aux RIR pour porter la voix des paysans africains dans cette lutte contre les OGM. 

Le temps a donné raison aux producteurs-chercheurs. Depuis 2015, du fait de l’infériorité de la qualité de la fibre du coton Bt, les firmes cotonnières du Burkina Faso n’arrivaient pas à vendre leur production sur les marchés internationaux. Cet échec retentissant du coton Bt a mené à son retrait complet du Burkina Faso en 2017. Au printemps 2016, ce qui paraissait encore impensable dans ce pays se produisit : les professionnels de la filière coton se sont réunis pour réclamer quelque 50 milliards de francs CFA à la multinationale Monsanto, au titre de préjudices financiers.

« Au moment où la société civile internationale est fortement mobilisée pour dénoncer les atteintes des firmes telle que Monsanto sur la souveraineté alimentaire et l’environnement, cette victoire du mouvement paysan burkinabé représente un acquis important. Elle nous renforce dans notre lutte contre la percée des OGM et dans nos initiatives en faveur d’un système semencier alternatif », souligne Florian de Jacquelot du CCFD-Terre Solidaire.

« Au Canada, nous venons de terminer notre propre Enquête OGM (www.enqueteogm.ca) sur le legs empoisonné de 20 ans de production d’OGM sur notre territoire. Le bilan est catastrophique, tant sur le point environnemental que sur la pérennité de l’agriculture familiale au Canada. Il est important que les producteurs puissent constater par eux-mêmes les effets des OGM, et nous nous inspirerons de cette démarche menée au Burkina Faso pour conduire des études similaires au Canada », commente Eric Chaurette d’Inter Pares.

Le rapport de l’étude sera rendu officiellement public le 29 avril prochain lors des Rencontres internationales des résistances aux OGM (RIR OGM). Lors de cette mobilisation, le CCFD-Terre Solidaire sera présent aux côtés d’une dizaine de partenaires, dont une délégation de la COPAGEN.

Visionnez le tout-nouveau documentaire portant les constats de cette recherche à l’écran - Le coton Bt au Burkina Faso : la moisson des désillusions
http://copagen.org/videos/.

Pour des entrevues et plus d’information, veuillez contacter :

COPAGEN : Kadidja KONÉ, Point Focal régional COPAGEN, Inades-Formation Côte d’ivoire 28 BP 1085 Abidjan 28, Cocody Angré -Djibi-Cité Wedouwel Soleil 2 villa 78. www.copagen.org, tél : (225) 22 50 40 72. kadidja.kone@inadesfo.net.

Inter Pares  : Eric CHAURETTE, gestionnaire de programme, tél :+1 (613) 563-4801. echaurette@interpares.ca

CCFD – Terre Solidaire : Sophie REBOURS, chargée des relations médias, tél : +33 (0) 1 44 82 80 64 ; s.rebours@ccfd-terresolidaire.org.


Les partenaires de l’étude


Fondée en 2004, la Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN) est un mouvement associatif citoyen qui regroupe des organisations paysannes, ONG, syndicats, associations de développement, de consommateurs, mouvements de droits de l’homme, organisations de jeunes, de femmes, etc. de la société civile du Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo et de Guinée. La COPAGEN intervient en tant que plateforme de plaidoyer sur les problématiques de privatisation des ressources génétiques et sur l’enjeu de la souveraineté alimentaire des pays africains. Contact : www.copagen.org


Première ONG française de développement, le CCFD-Terre Solidaire, créé il y a plus de 50 ans, est aux cotés de celles et ceux qui luttent contre toutes les causes de la faim. Ses actions se déclinent en trois volets complémentaires : Le soutien à des initiatives locales de développement à l’international (en 2015, il a financé 753 projets dans 63 pays du Sud et d’Europe de l’Est), l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale et une démarche de plaidoyer auprès des responsables politiques. Contact : www.ccfd-terresolidaire.org


Fondée en 1975, Inter Pares (« Entre égaux ») est une organisation canadienne de justice sociale œuvrant au Canada et dans le Sud globalisé à l’étude des causes et des effets de la pauvreté. Inter Pares s’attache à faire connaître et à soutenir des actions débouchant sur un changement socio-économique véritable et durable. Contact : www.interpares.ca/fr

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