Les Scouts et Guides de France
Depuis des décennies les Scouts et Guides de France se tournent vers les pays du Sud, surtout dans la relation Nord-Sud qui a tant marqué la période de Populorum progressio. L’encyclique a nourri la réflexion des responsables des branches aînées du scoutisme. Partir dans un autre pays ne peut se limiter à vivre une dimension planétaire, à produire du voyage, et à générer des souvenirs. Les milliers de jeunes qui s’en vont chaque été dans les cinq continents découvrent ce que veut dire être solidaire, et ce que veut dire le développement de tout homme.
L’encyclique de Paul VI a profondément marqué l’écriture de la charte des Scouts de France sur laquelle tant de jeunes ont prononcé leur engagement de jeunes adultes. L’appel du nouveau Mouvement des Scouts et Guides de France écrit en 2005 se nourrit de l’intuition forte de l’encyclique :
« Nous accueillons l’appel de notre monde qui a soif de solidarité, de tolérance et de paix, dans le respect des cultures et des religions. »
(Extrait de Paroles d’engagement des Scouts et Guides de France.)
Christian Larcher
Délégué national
Pax Christi
Le 28 octobre 1960, à Genève, le congrès international de Pax Christi est consacré au développement « de tout l’homme, de tous les hommes ». Ce jour-là, en présence de nombreux représentants des institutions internationales et des organismes œcuméniques, le cardinal Feltin prononce un discours historique : Pax Christi et le développement des peuples. Aucun écrit du père Lalande qui a rédigé ce texte au contenu théologique et pastoral pour le cardinal n’a eu plus de retentissement. « Pax Christi, explique le cardinal Feltin, est un Mouvement catholique international pour la paix. Or la paix, aujourd’hui, dépend du sous-développement qui est une menace de guerre, et du développement qui, pris dans sa dimension véritable, est le nouveau nom de la paix. »* En 1961, Pax Christi publie une brochure très diffusée consacrée au sous-développement : « Nous aussi nous avons le droit de vivre ». La même année, à l’initiative de Pax Christi et d’autres Mouvements est créé le Comité catholique contre la faim, CCF.
En 1967, Paul VI dans son encyclique Populorum progressio, reprenda la formule : « Le développement est le nouveau nom de la paix », sans nommer le cardinal Feltin, ce que feront en revanche le secrétaire général des Nations unies et de nombreuses personnalités.
La prise en compte du développement a été un apport déterminant de Pax Christi dans l’élaboration de la doctrine catholique de la paix. Cet apport a conduit à « transformer la notion même de paix en lui conférant une dimension dynamique » (François Mabille). La paix n’est plus considérée seulement comme l’absence de guerre, le retour, après une période de conflit armé, à une « tranquillité de l’ordre » qui ne mérite pas ce nom si cet ordre recouvre en réalité des situations d’injustice et d’oppression. Une société ne peut être dite en paix, que si elle progresse dans la voie de la vérité, de la liberté, de la justice et de la solidarité, les critères que Jean XXIII venait de proposer dans Pacem in terris. Le développement se confond avec la paix s’il est vraiment, selon la formule du père Lebret : « Le passage, pour chacun et pour tous, de conditions moins humaines à des conditions plus humaines. » Le développement exige un renversement des valeurs, conduisant à de nouveaux modes de relations entre les peuples.
Toutes ces idées n’ont rien perdu de leur valeur, mais il est difficile d’imaginer aujourd’hui à quel point elles étaient nouvelles en 1967 et plus encore en 1960.
Jean-Pierre Guérend
Chargé des relations extérieures de Pax Christi-France.
* Pionner de la paix, le combat du père Bernard Lalande. Michel Rougé, Jean-Pierre Guérend. Nouvelle Cité.
Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC)
Pour le MRJC, issu de la JAC (Jeunesse agricole catholique), inscrit dans le courant du catholicisme social, de nombreux éléments de la lettre encyclique Populorum progressio nourrissent encore nos réflexions. Nos fondements et nos actions font référence au développement intégral de l’homme en lien avec le développement solidaire de l’humanité. Les notions de biens communs, de destination universelle des biens, de souveraineté alimentaire, de fraternité entre les peuples, d’engagement pour une éducation libératrice, sont au cœur de nos recherches philosophiques et théologiques.
C’est bien l’ensemble des prises de position composant la doctrine sociale de l’Église (dont Populorum progressio) qui servent de base et de fil conducteur à la vie et l’histoire du MRJC. « Jésus ne pourra diviniser que ce que nous aurons tenté d’humaniser ». François Varillon.
Pour le MRJC
Louis-Marie Guérineau