Le 12 mai 2006Alors que le 3 mai a consacré Idriss Déby qui a été réélu comme prévu à l'issue d'un scrutin boycotté par l'opposition, la société civile tchadienne continue de demander un dialogue national de paix pour résoudre les graves tensions qui menacent la stabilité du paix et de la région.
Un collectif d'association interpelle le secrétaire général des Nations unies.
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Paris, le 26 avril 2006À l'approche de l'échéance du 3 mai, date prévue pour l'élection présidentielle, la société civile tchadienne alerte sur les dangers d'une telle initiative politique dans le contexte actuel. Elle demande que se tienne d'abord un dialogue national de paix et de réconciliation, comme le recommandent également l'Union africaine et les États-Unis.
Le CCFD, l'Acat, Agir ici, Agir ensemble pour les droits de l'homme et Survie, appellent les autorités françaises, dont la position est déterminante, à soutenir également cette voie.
Cette lettre fait suite à l'appel du 13 avril (lire ci-dessous).
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Alors que la confrontation entre le Front uni pour le Changement et le régime d'Idriss Déby atteint un niveau critique, concrétisant les craintes d'une crise politique majeure, un collectif d'associations, dont le CCFD, relaie la demande de la société civile tchadienne d'un dialogue national et appele la France à favoriser cette initiative.Le texte de la lettre ouverteMonsieur le Président de la République,
Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,
Madame le Ministre de la Défense,
Dans le contexte actuel d'une dégradation majeure de la situation politique et sécuritaire sur l'ensemble du territoire tchadien, nos organisations dénoncent le soutien politique et militaire permanent que la France accorde au régime du président Déby jusqu'à ce jour.
Nos organisations contestent la position de la France selon laquelle le président Deby serait le seul à pouvoir garantir la stabilité et l'unité nationale du pays. Nous contestons également le soutien de la France, ce matin encore, sur la tenue de l'élection présidentielle du 3 mai, considérant qu'il est totalement aberrant de tenir cette élection dans ce contexte.
Nous dénonçons l'appui (confirmé par le porte parole du Ministère de la Défense) de l'armée française au pouvoir tchadien : transmission de renseignements aériens et d'écoutes, transport de munitions et sécurité du président.... De multiples témoignages font état d'interventions directes de l'armée française depuis le 11 avril jusqu'à ce jour, notamment autour de N'Djamena et de Adré.
Nos organisations demandent à la France de :
• cesser tout appui militaire et politique au régime actuel,
• arrêter tout soutien en faveur du maintien de l'élection présidentielle du 3 mai,
• favoriser la tenue d'un véritable dialogue politique national tel que proposé par la société civile tchadienne et accepté par l'ensemble des forces sociales et politiques.
Nos organisations interpellent les autorités françaises et invitent les parlementaires à se saisir d'urgence de cette question, et restent extrêmement attentives quant à la situation des droits de l'Homme et quant à la sécurité des populations et des membres de la société civile.
Nous demandons enfin aux autorités françaises une réaction rapide et appropriée à cet appel.
Signé à Paris, le 13 avril 2006.
Organisations signataires :
Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT-France)
Agir ensemble pour les droits de l’homme
Agir Ici
Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (CCFD)
Environmental defense
Franciscans International
Initiative Pro Afrika
Les Amis de la Terre
Survie.Contacts presse :Bruno Angsthelm CCFD
b.angsthelm@ccfd.asso.fr
01 44 82 80 00
Olivier Thimonier Survie
olivier.thimonier@survie-france.org
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Clément Boursin ACAT-France
clement.bousin@acat.asso.fr
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