Pour la clôture de la conférence de Doha sur le financement du développement, Marianne Enault, du Journal du Dimanche, a interrogé Jean Merckaert, chargé de mission spécialisé sur ces questions au Comité catholique contre la faim et pour le développement. L'interview est en ligne sur le site lejdd.fr depuis le mardi 2 décembre.
Le constat de Jean Merckaert est plutôt amer : « Concrètement, le seul succès dont peut se targuer l'Union européenne est qu'une déclaration ait été adoptée. On a été au bord du clash entre les Etats-Unis et les pays du G77 (130 pays en développement à l'ONU, ndlr) qui voulaient transformer l'événement en conférence anti-Bush. Finalement, un texte de consensus a été adopté. Mais concrètement, pour le développement des pays les plus pauvres, difficile de parler de succès. »
Pour le chargé de mission du CCFD-Terre solidaire, le président « Sarkozy n'a pas envie que l'ONU, où tous ces pays sont représentés, ait un rôle à jouer dans ce monde et dans la définition des nouvelles règles du jeu économique. Vouloir renforcer le G20, c'est enterrer à jamais les Nations unies. »
Interrogé sur le malaise entre le ministère de la Coopération française et l'Agence française de développement, Jean Merckaert souligne les réussites du Royaume-Uni, où une agence unique gère le budget de l'aide au développement, et de « l'Allemagne qui a le même ministre en poste depuis six ans. »