Première puissance économique africaine, l’Afrique du Sud compte 49 millions d’habitants. Longtemps dominé politiquement par la population « blanche », le pays a rompu avec la politique de l'apartheid en 1994.
La souveraineté alimentaire
Le secteur agricole contribue au PIB Sud-africain à hauteur de 2,7% et emploie 6% de la population active. L'agriculture se caractérise par un dualisme prononcé : des exploitations commerciales, à vocation exportatrice coexistent avec des exploitations familiales, de subsistance, majoritairement représentées au sein de la population noire. Ainsi, près de 90% des terres arables appartiennent à un petit nombre de fermiers blancs. La réforme agraire piétine puisque seuls 4% des terres ont été transférées aux populations historiquement défavorisées. De plus, le gouvernement a tendance à valoriser la promotion d'une « classe de fermiers noirs » qui pratiqueraient l'agriculture commerciale avec, pour conséquence, une persistance de la pauvreté rurale, l'accentuation des divisions sociales dans les campagnes et le maintien de l'exode rural sans plus de perspectives d'emploi. Par ailleurs, le pays est 8è producteur mondial de cultures OGM et s'oriente vers l'augmentation de la production de biocarburants, menaçant d'autant plus la sécurité alimentaire.
Promotion d'une économie sociale et solidaire
Le chômage qui touche près de 40% de la population est le fléau majeur auquel l'Afrique du Sud fait face. Les premières victimes sont les jeunes (70%) et les femmes (60%) et le SIDA (qui affecte un adulte sur cinq) aggrave fortement la tendance. Différents programmes gouvernementaux ont bien tenté de traiter ce problème, en vain : le nombre d'emplois créés demeure nettement inférieur à celui d'une population active qui croît rapidement et la question du manque de qualifications demeure entière. Jusqu'à maintenant, aucune solution à long terme n'a été proposée et l'on assiste plutôt à une dégradation des conditions de travail (bas salaires ; insécurité ; contrats précaires...).
Les migrations internationales
L'Afrique du Sud attire un grand nombre de migrants économiques (entre 2 et 8 millions de personnes, selon les estimations) et de réfugiés en provenance de l'ensemble du continent. A l'instar des pratiques adoptées par de nombreux pays, notamment du Nord, la politique sud-africaine s'est tournée vers une restriction accrue de l'immigration (conditions d'obtention des visas limitées ; expulsions...) ayant pour conséquence le non respect des droits humains les plus élémentaires. De plus, ces étrangers doivent faire face aux réactions xénophobes d'une population majoritairement pauvre craignant de voir son sort s'aggraver par l'arrivée massive de « concurrents » qui viendraient augmenter le difficile accès à l'emploi et aux services sociaux de base. A l'inverse, une partie importante des diplômés de médecine, commerce, de l'enseignement et d'ingénierie s'expatrient, faute de pouvoir accéder à une situation économique stable or ce sont des domaines où le pays manque cruellement d'effectifs.
Le partage des richesses financières
Malgré toutes les politiques sociales mises en œuvre pour favoriser les classes les plus démunies (notamment dans les domaines du logement, de la santé, de l'éducation) et le développement de la croissance économique, plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté (95% de cette population étant noire) et une forte inégalité persiste entre différentes classes. L'Afrique du Sud a reculé de 35 places dans le classement IDH entre 1990 et 2005 (classée 121è en 2006) et est classée au 12è rang des pays les plus inégalitaires sur 126 états, selon la Banque mondiale. Deux économies co-existent en Afrique du Sud : une économie dynamique, tournée vers les exportations, qui profite à une minorité de la population (blancs ; métisses et élite noire) et une économie informelle, de survie regroupant une grande partie de la population. Ces inégalités se ressentent particulièrement dans l'accès aux ressources naturelles, à l'éducation et au système de santé. La corruption vient aggraver le manque d'efficacité des stratégies gouvernementales destinées à réduire une pauvreté endémique.
Le CCFD-Terre Solidaire est présent en Afrique du Sud depuis 1972 et concentre son action dans trois provinces : le Cap occidental, le Cap oriental et Kwazulu-Natal (Durban). Nos partenaires y sont nombreux : AIDC (voir le site d'AIDC), Aresta (voir le site internet d'Aresta), JOCI-JOC, le Centre Sinomlando (Memory Box), SPP, Ujamaa, CPLO, et Tembeka.