Bosnie - Herzégovine

CCFD-Terre Solidaire


Cet article est extrait du site http://www.ccfd.asso.fr


 
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Bosnie - Herzégovine

Une société meurtrie par la guerre, un pays bloqué au niveau politique

Suivant les déclarations d'indépendance de la Slovénie et de la Croatie en 1991, la Bosnie-Herzégovine se déclara Etat souverain en 1992. Il s'en suivit une guerre intercommunautaire de plus de 3 ans et demi, faisant 100 000 morts et se solde par le déplacement de 2 millions de personnes, soit la moitié de la population. En 1995, la signature des Accords de Paris-Dayton permirent de mettre fin au conflit armé, en créant un schéma institutionnel complexe : Composée de deux entités, la République serbe de Bosnie et la Fédération croato-musulmane, la Bosnie-Herzégovine est placée sous tutelle internationale, incarnée par la figure du Haut Représentant. Chaque entité a son propre gouvernement et l'Etat central, faible, est souvent bloqué par les dirigeants des différentes communautés. Près de 15 ans après la fin de la guerre, les réformes institutionnelles sont au point mort et le discours nationaliste prime. Dans un tel contexte, la population est contrainte de se définir d'abord par son appartenance à telle ou telle communauté, ce qui renforce la fragmentation de la société et hypothèque toute perspective de réconciliation véritable. Le pays semble donc encore bien loin de la perspective d'une stabilisation politique et de l'adhésion à l'Union Européenne. A l'heure actuelle, les citoyens de Bosnie-Herzégovine ne peuvent toujours pas librement voyager dans l'espace Schengen.

Malgré ce contexte politique instable, les retours des personnes déplacées et réfugiées semblent s'être largement faits. Toutefois, en l'absence de recensement depuis 1991, il est impossible d'en avancer les chiffres exacts. Dans ce contexte d'incertitudes, certaines ONGs de défense des droits de l'homme avancent que les retours ont bien massivement eu lieu, tandis que d'autres soulignent que non, malgré les restitutions de propriété. En tout cas, il est certain que de nombreux réfugiés revenus en Bosnie-Herzégovine sont devenus des déplacés dans leur propre pays. En cela, la politique d'épuration ethnique amorcée pendant la guerre semble bien avoir malheureusement fonctionnée.

La population, marquée par le conflit, peine à se reconstruire. De nombreuses familles attendent en effet toujours de pouvoir enterrer leurs proches disparus pendant la guerre et donc de faire leur deuil. Selon la Commission Internationale sur les personnes disparues, il reste encore 10 000 victimes disparues et à identifier en Bosnie-Herzégovine. Les familles attendent également beaucoup de la justice pour la poursuite des criminels de guerre et leur condamnation. De nombreuses associations se proposent ainsi de suivre les procès qui se déroulent à La Haye, au Tribunal Pénal International pour l'Ex-Yougoslavie (TPIY). Le travail sur la mémoire et la justice, dans ce contexte de post-conflit, parait indispensable pour aider les différentes communautés à dépasser les atrocités de la guerre, s'engager sur le chemin du dialogue et prévenir ainsi toute nouvelle violence dans la région.

La situation économique reste quant à elle exsangue. Selon le rapport 2007 des Nations Unies sur le développement humain, la Bosnie-Herzégovine ne connait officiellement qu'un taux de chômage de 31,1 %. On peut expliquer qu'il soit si bas par l'absence d'enregistrement des demandeurs d'emploi dans la plupart des cas. Le taux de personnes employées n'est que de 29,7%, ce qui montre bien que les chiffres officiels du chômage sont très éloignés de la réalité et que la majorité de la population survie au quotidien grâce à de petites activités informelles. Concernant le secteur agricole, on note que la guerre a profondément déstabilisé les activités autrefois développées dans les campagnes. Faute d'une aide internationale permettant la reprise des activités agricoles et leur modernisation, les petits agriculteurs ne peuvent faire face à la concurrence des produits importés des Etats membres de l'UE. Ces produits fortement subventionnés sont en effet moins chers que les produits locaux. Valoriser l'agriculture familiale et les productions locales, sources de travail et de revenus, notamment en améliorant les circuits de commercialisation des produits, semble essentiel pour la relance de l'activité économique dans les campagnes.

Dans un tel contexte d'instabilité politique et en l'absence de perspectives sociales et économiques nouvelles, la jeunesse a bien du mal à voir quel avenir elle pourrait se construire en Bosnie-Herzégovine. Elle rêve d'une société plus inclusive, de perspectives positives et de débouchés pour le futur. C'est donc sur elle qu'il semble nécessaire de miser en priorité pour remettre les différentes communautés en relation et faire de la société en Bosnie une société citoyenne, pacifiée et tournée vers l'Europe.

L'engagement du CCFD-Terre Solidaire en Bosnie-Herzégovine

Le CCFD-Terre Solidaire est engagé en Bosnie-Herzégovine depuis la guerre de 1992-1995. Son engagement humanitaire dans un premier temps a rapidement évolué dans la période post-conflit vers le soutien à des actions de reconstruction et de développement. Le CCFD-Terre Solidaire travaille sur ces différents thèmes avec de nombreux partenaires en Bosnie-Herzégovine, mais aussi avec des partenaires français engagés souvent depuis la guerre sur ce terrain. On peut citer à titre d'exemple l'association ESPO qui aide des déplacés bosniaques à se réinstaller dans leur village d'origine, ou encore « l'éducation, c'est l'avenir de la Bosnie-Herzégovine », qui a pour objectif de venir en aide à tous les enfants  victimes de la guerre, notamment en leur attribuant des bourses pour qu'ils puissent se reconstruire par l'éducation et investir dans leur avenir. Les femmes de Srebrenica sont quant à elles engagées dans un combat pour faire reconnaitre le massacre qui y a été commis, mais cette association développe aussi des activités économiques pour les femmes, notamment par la création récente d'une fabrique de pâtes. L'association française Enfants Europe Bosnie mène elle aussi des micros projets économiques visant notamment la relance de la petite agriculture familiale. Elle a récemment lancé un projet de développement du tourisme équitable qui connait un succès indéniable.

Le cœur de notre engagement réside dans la volonté de voir la  fragmentation sociale née au moment du conflit dépassée afin de permettre à tous les habitants de Bosnie-Herzégovine de construire un nouvel espace, de vivre ensemble et de bâtir un avenir où les différentes communautés construisent ensemble un destin commun. Il s'agit d'aider, partout en Bosnie-Herzégovine, aussi bien à Sarajevo que dans les campagnes, les initiatives qui vont dans le sens de la coexistence, et de soutenir celles-ci dans leur grande diversité - soutien à la justice, travail sur la mémoire, projets de relance économique, aide aux réfugiés, déplacés...

Pour l'avenir, la mise en relation des partenaires afin de faire émerger une société civile active et solide est un des objectifs prioritaires du CCFD-Terre Solidaire, tout comme le soutien à des initiatives régionales, mettant en relation des partenaires situés dans différents pays de l'Ex-Yougoslavie. Le CCFD-Terre Solidaire étudie également de près l'émergence de nombreux mouvements citoyens et de la jeunesse, qui témoignent de l'existence d'une génération qui se sent à l'étroit dans un pays atomisé aux niveaux social, institutionnel et ethnique.



Agenda

 • Evénements organisés autour de ce tragique 18e anniversaire.
Le 6 avril 1992, la guerre éclatait en Bosnie-Herzégovine.
 • Palaiseau.
Le Centre André Malraux organise une semaine consacrée à la Bosnie-Herzégovine.


Communiqués de presse

 • Le CCFD-Terre Solidaire, le Centre André Malraux, l’Association Sarajevo et le Fonds de dotation Agnès b. demandent la libération immédiate de Jovan Divjak, directeur de l’association L’Education construit la Bosnie-Herzégovine.
Arrestation de Jovan Divjak, directeur de l’association L’Education construit la Bosnie-Herzégovine par les autorités autrichiennes la nuit dernière


Dans les médias

 • Jovan Divjak et l'honneur de l'Europe
Jovan Divjak et l'honneur de l'Europe


Infos

 • Arrestation de Jovan Divjak
Lettres ouvertes au Parlement européen et au gouvernement autrichien
 • 5e marche pour la paix
juillet 2009 - Bosnie-Herzégovine.
 • Le CCFD-Terre solidaire ainsi que d'autres associations adressent une lettre ouverte au Ministre des Affaires étrangères.
Le CCFD-Terre solidaire ainsi que d'autres associations adressent une lettre ouverte au Ministre des Affaires étrangères.


Partenaires

 • Enfants Europe Bosnie
BOSNIE-HERZÉGOVINE


Publications

 • FDM Avril 2010 n°248
Le long chemin
de la réconciliation

comité catholique contre la faim et le développement
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