Depuis la fin de la guerre civile (1975-1989), le Liban se reconstruisait difficilement et avait tourné la page de la guerre.
Depuis juillet 2000, Israël avait mis fin à son occupation dans le Sud.
Le « Printemps » de mars 2005, laissait entrevoir tous les espoirs :
• la fin de la présence syrienne (prévue par les accords de paix de 1989)
• l'avénement d'une nouvelle génération, moins marquée par le confessionnalisme que la génération précédente
• l'essor d'une société civile dynamique, tournée vers la démocratie.
Le Liban semblait en avoir fini avec les décennies de cauchemar et aspirait à consolider la paix.
Tout n'était réglé pour autant.
• Les élections de l'été 2005 ont en partie déçu les espoirs du « printemps » de mars et le confessionnalisme qui fragmente la scène politique, l'influence de la Syrie pèsent encore sur la vie du pays.
• Le Hezbollah, reconnu par l'ensemble de la communauté nationale, pour son rôle dans la résistance contre l'occupation, est resté maître du Sud et a conservé sa capacité militaire.
La résolution 1559 des Nations unies qui exige entre autres son désarmement n'était pas appliquée sur ce point. Mais le gouvernement libanais estimait avoir besoin de temps pour créer les conditions politiques favorables à une normalisation progressive de la place du Hezbollah sur l'échiquier politique libanais.
• L'armée israélienne tenait encore une position militaire à l'intérieur du territoire libanais (le hameau de Chebaa, considéré par l'ONU comme territoire syrien).
• La Syrie a conservé, même après son retrait de juillet 2005, des relais pour exercer son influence (notamment via le Hezbollah).
• Il faut ajouter qu'à l'intérieur des camps de réfugiés, 1,5 millions de Palestiniens sont confinés dans des conditions de vie misérables, marginalisés économiquement et sans perspective politique compte tenu de l'absence de règlement du conflit israélo-palestinien. Autant de conditions propices à une radicalisation.
Par son offensive de l'été 2006, Israël entendait écarter le danger que représente la présence à ses frontières d'un mouvement armé hostile Les destructions ont néanmoins essentiellement pénalisé l'économie libanaise, ramenée 20 ans en arrière, sans pour autant parvenir à éradiquer la capacité militaire du Hezbollah.
Le Liban, s'est vu brutalement détourné du chemin de paix et de renouveau sur lequel il était engagé.
Le Liban tentait de redevenir un pays ouvert, qui assume dans la paix son pluralisme confessionnel, où la coexistence entre personnes de religions et de cultures différente est possible, où la démocratie et la liberté d'expression peuvent s'épanouir. C'est aussi cela qu'il faut reconstruire et préserver.
Le CCFD est présent de longue date au Liban. Citons ses partenaires Mouvement social libanais, La vigne, LIMABI, MADA, Nahwa al-Muwatiniya-Réseau citoyenneté et, enfin, Rayon d'espoir. Il aide également les réfugiés palestiniens du Liban par le biais de Ajial et Najdeh.