Un long chemin vers la justice...
La fermeture de l'usine « Baterias Record », qui polluait les nappes phréatiques, l'air et les sols de Sitio del Niño (à San Juan Opico, à une quarantaine de kilomètres de San Salvador) n'a pas apporté les solutions attendues par la population de la zone. Les déchets toxiques restent sur place et aucune mesure de décontamination n'est implémentée. La mobilisation du Comité Environnemental local n'a pourtant pas flanché. Avec l'appui de Tutela Legal (Service Justice et paix de San Salvador) la communauté poursuit son combat pour que les responsables répondent de leurs actes et pour obtenir réparation de l'Etat salvadorien, longtemps passif face à la situation.
Une action judiciaire est en cours , résultat de la pression de la communauté qui a interpellé le Procureur général de la république. Le parquet a présenté le 29 février 2008 une accusation à l'encontre des directeurs de l'usine pour contamination aggravée. La fermeture de l'usine « Baterias Record », qui polluait les nappes phréatiques, l'aire et les sols de Sitio del Niño (à San Juan Opico, à une quarantaine de kilomètres de San Salvador) n'a pas apporté les solutions attendues par la population de la zone. Néanmoins, on a du attendre janvier 2009 pour que des experts nommés par le procureur viennent dans la zone afin de récolter des échantillons pour mesurer la présence de plomb dans l'aire, l'eau, les sols et les murs de plusieurs maisons. Plus de 300 personnes, enfants et adultes, ont eu des analyses de sang. La communauté s'est impliquée dans ce processus avec l'espérance de voir finalement reconnues par l'Etat des souffrances dénoncées depuis déjà 5 ans. L'attitude longtemps d'attente et d'indifférence des institutions judiciaires leur a appris que la justice s'obtient par la mobilisation.
Les alliances construites au long de ces années avec d'autres institutions sont très importantes. Ainsi ce ne sont pas seulement les avocats de Tutela Legal qui accompagnent le cas, mais aussi ceux de l'Unité Ecologique Salvadorienne (UNES) et de la Fondation d'Etudes pour l'Application du Droit (FESPAD). Ils comptent par ailleurs avec l'appui technique d'une experte en Chimie de l'Université du Salvador. Des soutiens assez bienvenus pour faire face à l'amplitude de moyens dont dispose l'entreprise pour assurer sa défense...
Au plan international, Tutela Legal a insisté sur la demande auprès de la Commission Inter-américaine de Droits Humains pour que l'Etat réponde à la demande des habitants d'avoir une attention médicale spécialisée et prenne des mesures urgentes face à la présence de 33 mille tonnes de déchets toxiques stockés dans l'usine.
La population se montre optimiste et déterminée. Une fois par mois, le comité convoque l'ensemble des habitants pour un forum où il rend compte des démarches entreprises. C'est un espace où les familles partagent leurs inquiétudes sur les effets de la contamination. Leur volonté manifeste est d'alléger la souffrance de leurs enfants.
Inspirée par l'engagement de la communauté de Sitio del Niño, la journée de l'environnement célébrée le 5 juin 2009 était consacrée au thème de la Justice Environnementale. Deux revendications sont mises en avant : que le nouveau gouvernement installe des Tribunaux Environnementaux et que justice soit faite dans le cas de Sitio del Niño.
Le cas a gagné depuis un an une importante visibilité. D'autres communautés menacées par des projets industriels peu soucieux de l'environnement se tournent vers Tutela Legal pour demander appui et acompagnnement. Les habitants de Sitio del Niño sont conscients que leur cas pourra asseoir des précédents pour que d'autres situations de ce type ne se reproduisent pas et pour que des mesures de gestion de risques industriels et sanitaires deviennent la norme.
Tutela Legal, le CCFD et l'ensemble des organisations solidaires attendent justice et continueront à accompagner la population dans sa lutte pour un environnement sain et pour des réponses appropriées du système de santé afin que la vie reprenne et que les enfants puissent à nouveau sourire pleinement.