Paris, le 20 janvier 2012
Dynamiser la vie culturelle et touristique à Hébron
Le contexte
Située au Sud de la Cisjordanie, la ville d'Hébron, considérée comme la plus grande agglomération palestinienne, a la particularité d'être confrontée à la présence de colons en plein centre ville. C'est ici que se trouve le « Tombeau d'Abraham » aussi appelé « Caveau des Patriarches ». D'après la tradition, ce monument abriterait les sépultures des trois patriarches Abraham, Isaac, Jacob ainsi que de leurs épouses Sarah, Rebecca et Léa. C'est un lieu saint pour les trois religions monothéistes. La vieille ville d'Hébron est aussi dotée d'une très belle architecture en pierre mamelouke et ottomane.
Dans l'attente des négociations finales de paix prévues par les Accords d'Oslo, et du fait de la présence des colons, la ville a fait l'objet d'un accord particulier signé en janvier 1997, qui a laissé la ville divisée en deux parties, H1 et H2. Cet accord a permis à l'armée israélienne de maintenir sous contrôle militaire 20% de la ville (H2), les 80% restant étant placés sous administration palestinienne (H1).
La zone H2, qui comprend le centre ville dont le souk traditionnel, cristallise les tensions. D'après l'organisation Temporary International Presence in Hebron, près de 30 000 Palestiniens et 500 colons, dont la protection est assurée par près de 2000 soldats israéliens, vivent aujourd'hui dans H2. Les conditions de vie des Palestiniens dans cette partie de la ville sont très difficiles. Certaines rues (dont la rue des Martyres, ancienne rue principale) leur sont interdites d'accès, et les colons, qui bénéficient d'une grande impunité, y sont particulièrement agressifs. En 2007, une enquête de l'association israélienne B'tselem dénombrait dans H2 plus de 1000 logements abandonnés et 1800 magasins fermés par décision de l'armée israélienne ou pour des raisons économiques suite à l'Intifada.
Le reste de l'agglomération, qui fait face à une croissance démographique exceptionnelle, s'étend rapidement. Après des années d'austérité, la population, très jeune, a soif d'ouverture au monde.
Le partenaire
Créée en 1997 par Anwar et Chantal Abu Eisheh qui vivent à Hébron, l'Association d'échanges culturels Hébron-France (AECHF) a pour vocation, à l'origine, de développer des relations entre Hébron et la France. En parallèle des cours de français donnés en coopération avec le Centre culturel français de Jérusalem-Est, l'association organise de nombreuses activités culturelles : expositions, concerts, débats, rencontre avec des délégations étrangères. Les difficultés de l'Intifada ont conduit l'association à créer un bureau d'assistanat social en 2002. Aujourd'hui le centre dispose d'une bibliothèque, d'une ludothèque et d'un jardin pédagogique pour les enfants de la vieille ville. L'association leur propose des activités éducatives quotidiennes : lecture, dessin, jeux, et parfois même un programme radiophonique....
Le projet de tourisme alternatif
Très sollicitée pour faire visiter la vieille ville, l'association a mis en place depuis 2007 avec l'aide du CCFD-Terre Solidaire un programme de tourisme alternatif. L'objectif est de mettre en valeur le patrimoine de la région d'Hébron, souvent négligé par les circuits touristiques traditionnels, tout en apportant un soutien économique aux habitants de la vieille ville. L'association a également publié un ouvrage sur Hébron et ses environs, intitulé ''Hébron, historique, culturelle et touristique'' (disponible au CCFD-Terre Solidaire). L'association propose aux touristes qui le demandent des visites de la ville d'Hébron, des sites archéologiques des environs ainsi qu'un hébergement chez l'habitant. Pour faire face à la demande et impliquer davantage d'habitants, l'association a monté un programme de formation de guides locaux.
Enfin, dans la continuité du projet tourisme, AECHF a récemment mis en place un projet de sensibilisation des écoliers d'Hébron au patrimoine et à l'environnement. Certains sites archéologiques et historiques souffrent en effet d'un déficit d'entretien et d'attention des habitants. Par le biais de visites et d'ateliers, l'objectif est de transmettre aux enfants la valeur de leur patrimoine culturel.
En savoir plus sur le partenaire :
- Retrouvez les activités de l'Association d'Echanges Culturels Hébron-France sur son site
- Le guide publié par AECHF, « Hébron, Historique, culturelle et touristique », s'adresse aux voyageurs. Il promeut l'histoire, le patrimoine, la richesse culturelle et artisanale de la région d'Hébron. Il est disponible sur le site du CCFD-Terre Solidaire : http://www.ccfd-catalogue.org/product.php?id_product=407
Liens externes sur Hébron :
- Le site de l'organisation TIPH, Temporary International Presence in Hebron http://www.tiph.org/
- La carte d'Hébron faite par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies pour les Territoires Occupés (OCHA) http://unispal.un.org/pdfs/HebronClosureMap.pdf
- Ghost Town: Israel's Separation Policy and Forced Eviction of Palestinians from the Center of Hebron, May 2007, http://www.btselem.org/publications/summaries/200705_hebron
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