Préserver la culture dayak
Le contexte
Avec
plus de 212 millions d’habitants, l’Indonésie est le 4e pays le plus peuplé du
monde. Elle est composée de 300 groupes ethniques dont beaucoup sont
farouchement attachés à leurs spécificités culturelles et
linguistiques.
Composée de 450 groupes ethniques vivant à Kalimantan
(Bornéo), la population indigène Dayak est estimée à 4 millions d'habitants.
L'exploitation industrielle des richesses naturelles du
Kalimantan (mines d'or, forêts, plantations de palmiers à huile…)
détruit l'environnement mais aussi les structures sociales, culturelles et
politiques des Dayaks. Ce développement rapide, qui ressemble à un pillage
économique, s'appuie sur des lois qui laissent peu de place aux Dayaks et leur
profite peu.
L’État indonésien, dans le cadre de sa politique de
« transmigration », a poussé à la migration de Madurai (venus
de l’île de madura) dans l’Île de Kalimantan, marginalisant les Dayaks sur leur
territoire. C’est une source de conflit.
Le
partenaire
L’institut de Dayakologie a été créé en 1991 pour
préserver et perpétuer l’héritage culturel dayak, grâce à des travaux de
recherche, des publications, des enregistrements sonores et des programmes
d’éducation.
Une langue et une culture constituent en effet pour un peuple le
plus profond ciment identitaire. Refouler une langue et une culture, c’est créer
des conditions propres au déclenchement des pires violences, comme cela se passe
dans les réflexes de défense et de survie.
Le
projet
Le CCFD apporte son appui, depuis 1993 à l’institut de
Dayakologie. Le soutien du CCFD consiste à financer des enregistrements sur les
traditions orales des Dayaks et à les diffuser, accompagnés des résultats des
recherches qui y sont associées. La diffusion va s’opérer entre autres à travers
des séminaires nationaux et internationaux.
Les résultats
Du point de vue culturel,
le projet permet à un plus large public de mieux connaître la culture dayak et
de développer auprès des Dayaks eux-mêmes une meilleure prise de conscience de
leurs propres richesses et de leurs propres racines.
Politiquement, cette
action permet d’agir en faveur de la reconnaissance des droits coutumiers des
Dayaks et d’effectuer dans cette perspective un travail de lobbying aux
différents échelons de prise de décision : du local à
l’international.
Cette initiative contribue à faire émerger des
leaders capables de défendre, sur le terrain, les intérêts de leur peuple et de
valoriser leurs initiatives.