Quand les paysans du fleuve relèvent la tête
Le contexte
Dans la vallée du fleuve Sénégal à la frontière avec la Mauritanie, deux barrages ont été construits. Ils ont freiné la remontée d’eaux salées souterraines mais ils ont surtout dégradé la situation sanitaire (apparition de maladies liées à l’eau) et écologique (à cause de l’absence de crues et du déboisement lié à l’agriculture irriguée). De plus, la région et le pays tout entier vivent une situation de crise économique et politique marquée par le désengagement de l’Etat.
Le partenaire
L’USE (Union pour la solidarité locale) est l'une des premières Ong sénégalaises. Présente à dakar et les quartiers de sa banlieue. Il est à l’origine du Programme Intégré de Podor qui concerne trois départements (Podor, Matam et Linguere) soit 1000 villages de la vallée du fleuve Sénégal.
Le projet
Ce programme ambitieux, soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, recouvre de nombreuses actions complémentaires qui visent à renforcer les compétences des populations, à donner un coup d’accélérateur au développement et, en définitive, à permettre à la société civile de cette région de se prendre en main sur le long terme.
Les réalisations
• Plusieurs actions concernent la formation des habitants : appui aux organisations villageoises pour l’alphabétisation, cours spécialisés et échanges d’expériences professionnelles.
• Le programme a permis aussi de renforcer les systèmes locaux de financement. Dix-huit caisses villageoises d’épargne et de crédit existent déjà. Dix autres viennent d’être créées. Cinq sont en phase de création.
• Grâce à de nouvelles techniques et de nouveaux savoir-faire, les populations locales ont pu préserver leur environnement menacé par l’absence des crues régénératrices du fleuve. Elles ont les moyens de lutter contre les désordres climatiques de ces dernières années, en particulier l’arrivée tardive des pluies en 2002. Face à cette calamité, l’USE a en effet mis en place des mesures exceptionnelles pour permettre à l’activité agricole de perdurer, en fournissant notamment des aliments pour le bétail et des semences pour les jardins maraîchers des bords du fleuve.
• Enfin, l’USE et d’autres ONG locales, appuyées par une société civile renforcée, mènent campagne pour défendre le riz sénégalais. Celui-ci a du mal à trouver acheteur en raison de la concurrence du riz thaïlandais, moins cher et de moins bonne qualité. Le CCFD-Terre Solidaire relaye cette campagne dont l’objectif est d’amener l’Etat sénégalais à prendre les mesures nécessaires pour défendre les producteurs nationaux.