Numéro 218 219 - janvier février 2007

 

Rédigé le 20 février 2007

L’humanité en mouvement

Editorial de Joël Thomas

À bien des égards, ce sont les fourmis de la mondialisation, ses héros anonymes. Chaque année des millions d’hommes, de femmes et d’enfants parcourent la planète, à l’instar des flux d’images et de marchandises.
La plupart (près de 60 %) restent au Sud. Ils partent chercher du travail vers des pays émergents plus « prospères », souvent de manière temporaire, ou fuient la guerre et vont alors gonfler les camps de réfugiés, comme au Darfour.
Beaucoup, attirés par l’espoir d’un avenir meilleur tentent de franchir les frontières des pays développés. Mais ceux-ci dressent des barrières, au sens propre entre les États-Unis et le Mexique, au figuré pour la France et l’Europe qui durcissent leurs conditions d’accès en adoptant des mesures répressives.
Partout, la perception de cette immigration se fait sur le mode de l’invasion, contre laquelle il faudrait se prémunir. Un discours très en vogue chez les responsables politiques et qui trouve écho auprès de populations inquiètes pour leur avenir, leur emploi.
Pourtant, ces politiques de repli sont une aberration. Car les migrants sont une richesse pour les pays d’origine qui bénéficient de leurs retombées financières, contribuant au développement des populations restées au pays. C’est aussi une richesse pour les pays qui les accueillent, par leur participation au développement économique et par leur créativité culturelle. L’Europe a eu et aura encore besoin des immigrés, dans les secteurs économiques où la main-d’œuvre est indispensable, tels que l’agriculture, la construction, mais aussi la santé... Elle se doit d’améliorer les conditions d’accueil et d’intégration des migrants et de respecter leurs droits.
Il est temps de regarder la réalité en face. La mobilité humaine, facilitée par les moyens de transport et de communication, est devenue une donnée permanente de l’humanité. Il est temps de replacer le débat sur l’immigration dans le contexte mondial et de répondre à ces questions : Comment mieux répartir la richesse dans le monde ? Quelle politique adopter pour favoriser le développement des régions pauvres ?
Des questions que le CCFD entend porter dans les débats en France au cours des prochaines échéances électorales.

Article mis en ligne le 20 février 2007

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