Un avenir sans faim

Numéro 236 237 - janvier février 2009

 

Redécouvrir l’éthique, une nécessité face à la crise

En inaugurant le chemin que nous allons parcourir ensemble, je partage deux convictions. Depuis plus de trente ans au cœur de la défense de la dignité humaine bafouée de multiples façons, j’ai expérimenté la « capacité de relèvement »*. Elle vit en chacun de nous. Oui nous sommes tous des artisans d’espérance. À chacun de trouver, avec le CCFD-Terre Solidaire, sa place dans la construction d’un monde plus juste, en tenant compte de ses propres richesses et des appels reçus.

Auteur(s) : Guy Aurenche

Ma seconde conviction : en faisant alliance avec d’autres nous pouvons relever le défi. Les forces de chacun ne s’additionnent pas. Elles suscitent une capacité nouvelle d’invention et de création. Je sais que la rencontre avec l’autre est risquée. Mais elle est vitale car elle constitue le lieu où nous expérimentons la confiance. La confiance en l’autre, en nos partenaires, au Tout Autre et Tout Aimant. Depuis toujours Il a choisi de nous faire confiance.

Cette année, le CCFD-Terre Solidaire met l’accent sur la responsabilité sociale et environnementale des acteurs économiques et plus spécialement des entreprises. La « crise » actuelle contraint la société française et le monde à re-découvrir l’éthique. Il s’agit de remettre la personne humaine au cœur, à la source et en perspective du travail de l’entreprise. Celle-ci crée heureusement des richesses. Pour qui ? Pour quoi ? Et comment, dans sa démarche, l’entreprise s’impose-t-elle le primat de la dignité humaine ? Ensemble réfléchissons sur des mécanismes de « régulation » interne et externe. Ils peuvent ne pas être des freins, mais une force dans la construction d’une économie au service de tout l’homme et de tous les hommes.

Le partage d’expériences est fondateur. Le dernier Forum Social Mondial auquel j’ai participé à Bélem avec des milliers d’associations du monde entier, en apporte la preuve. On nous a tellement dit qu’il n’existait qu’un seul modèle économique et que les lois du marché devaient s’imposer que nous avons pu perdre l’espoir de changer. Mais à travers la richesse des projets de tant d’acteurs du développement humain, nous découvrons que d’autres créent déjà les conditions du « faire autrement », pour mieux créer et partager les richesses. Seule, personne ne détient la solution. Ensemble nous sommes capables de la construire. C’est une bonne nouvelle.

* La question des droits de l’Homme est au cœur de l’engagement de Guy Aurenche. D’abord comme avocat, puis comme président de l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) de 1975 à 1983, puis de la Fiacat (Fédération international de l’Acat de 1987 à 1998).

Article mis en ligne le 6 janvier 2009

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