Un avenir sans faim

Numéro 242 - septembre octobre 2009

 

Pour une autre gouvernance mondiale

Lorsque nous parlons de gouvernance mondiale, nous pensons États et organisations internationales ; nous songeons surtout à leurs difficultés à « gouverner le monde ».

Le CCFD-Terre Solidaire et ses alliés ont ainsi élaboré des propositions pour défendre le cadre multilatéral des Nations unies, et pour accroître l’influence des pays du Sud dans les instances décisionnelles internationales qui font la part belle aux pays riches (Conseil de sécurité, FMI et Banque mondiale). Dans son dernier discours aux Ambassadeurs, daté du 26 août, Nicolas Sarkozy lui-même en parle, prônant diverses réformes et engagements financiers en faveur des pays émergents et du continent africain. Fort bien. À l’heure où vous lirez ces lignes, le 3e sommet du G20 aura produit un communiqué qui reprendra sans doute pour partie les propositions françaises. Celles-ci, ainsi que les mesures envisagées lors des précédents G20 pour sortir de la crise actuelle ne seront probablement pas suivies d’effets. Il nous faut demander plus de suivi des engagements prononcés ici et là par nos gouvernants, plus de transparence dans la mobilisation effective des montants financiers annoncés.

Changeons de perspective. La gouvernance mondiale ne se loge pas seulement au sein des organisations internationales ou des salons dans lesquels se rencontrent nos chefs d’État. Elle peut être pensée autrement, de façon plus diffuse. Elle se joue également dans des initiatives privées, la sensibilisation de l’opinion publique et l’action collective. En se disant que rien de concret et de positif ne se construira sans l’accord et la compréhension des individus et des milliers de peuples qui composent notre planète. L’exemple en a été donné en septembre par le rassemblement interreligieux annuel organisé par la communauté Sant’ Egidio ; cette rencontre de responsables des principales grandes religions a eu lieu à Auschwitz, pour dire notamment qu’ « aucune guerre n’est sainte » et marquer par un symbole fort ce qui n’est autre que le désir ardent de paix niché au coeur de tout homme. La répercussion que devrait avoir cet événement dans la conduite de chacun, y compris de celui des leaders politiques, est très importante.

Quels genres de moments forts peuvent donc faire progresser notre monde, le faire progresser dans sa gouvernance ? Un G20 ou bien une rencontre interreligieuse ? Sans doute les deux, mais pas seulement. La gouvernance mondiale, c’est aussi la gestion du bien commun et donc la juste intervention des sociétés civiles dans la gestion des ressources naturelles, comme par exemple en Colombie où la culture des palmiers à huile à grande échelle représente une grave menace pour les conditions de vie de milliers de citoyens et paysans.

Nous n’avons donc pas fini de parler et d’écrire à propos de gouvernance, de dialogue, de prise de conscience individuelle : chacun peut et doit agir à un niveau local pour que nous puissions mesurer des progrès au niveau global.

Antoine Malafosse
Délégué général du CCFD-Terre Solidaire

Article mis en ligne le 20 septembre 2009

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