Un avenir sans faim

Numéro 245 246 - janvier février 2010

 

Plus que jamais, le partage des richesses financières !

Qu’il s’agisse des « leçons » (vite oubliées par nombre de décideurs) de la crise du système financier en 2008-2009, ou bien du scandale des rémunérations exorbitantes de certains.

Auteur(s) : Guy Aurenche

Sans oublier le peu de progrès accomplis sur la voie de la disparition des paradis fiscaux (la perspective d’une « moralisation » est hypocrite), ou de la récupération des centaines de milliards d’euros volés à leurs peuples par quelques potentats. Même le drame d’Haïti rejoint cette exigence du partage, faisant apparaître l’incapacité des dirigeants haïtiens et de la communauté internationale à faire les choix politiques, économiques et financiers qui permettraient à une population courageuse et inventive de nourrir ses enfants, plutôt que d’enrichir l’extérieur.

Pourquoi tant de ratés ? Les raisons sont multiples, je n’en retiens que trois.

La plupart du temps, la société civile – je pense aux sept associations partenaires haïtiennes – n’est pas associée aux processus de réflexion et de décision. Le partage exige un partenariat vrai. Sans cela, il n’est qu’assistance, souci épisodique
pour soulager la conscience, prétexte à maintenir la dépendance. Tout au long de ce Carême 2010, et tout spécialement à l’occasion de la collecte nationale, le CCFD-Terre Solidaire saura faire le lien entre partage et partenariat sur le long terme.

Partager c’est bien (moralement), c’est généreux (économiquement), c’est fraternel
(affectivement), mais est-ce vraiment vital ? Vital pour tous. Pour chaque homme qui ne peut vivre sans le don des autres et aux autres. Pour ces autres qui en ont besoin, non seulement pour vivre, mais aussi pour prendre leur place dans la construction du monde. Pour l’humanité tout entière que la mondialisation et l’interdépendance placent devant ce choix : partager ou détruire l’autre.

Le CCFD-Terre Solidaire propose une démarche profondément « spirituelle », lorsqu’il met l’accent sur le partage des richesses financières. Qui dit partage dit confiance et donc acte de foi, au sens large. Le partage est-il un accessoire sympathique ou source de vie ?
Plus que jamais, le partage doit « entrer » en politique, vivifier la politique. Le CCFD-Terre Solidaire peut, grâce à son expertise, à ses actions de plaidoyer, à la mobilisation citoyenne de tous ses membres et amis, inscrire le partage dans des
processus, politiques et économiques, nationaux, européens, mondiaux. La manière dont se déroulera la « reconstruction » d’Haïti dira si nos sociétés ont compris la leçon de toutes ces crises dramatiques. Le partage des richesses financières : un rendez-vous à ne pas manquer.

Article mis en ligne le 15 janvier 2010

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