Noël contre la faim

Numéro 254 255 - janvier février 2011

 

Bâtisseurs d’histoire !

Auteur(s) : Guy Aurenche

Historique, ce numéro de Faim Développement Magazine. Bravo et merci à celles/ceux qui nous transforment en lecteurs d’histoires chargées d’espoir. Nous voici invités à devenir des bâtisseurs d’histoire. Quel monde veut-on construire ? La lecture devient interpellation.

Historique, le travail des fondateurs du Comité catholique contre la faim, en 1961. Unissant leurs forces et leurs convictions, responsables laïcs de mouvements et services d’Église, évêques, ont jeté les bases d’une réponse crédible au défi du développement. Dès le départ, des propositions prophétiques s’incarnent dans des projets. Elles demeurent vraies. Le partenariat comme seul moyen pour construire une mondialisation humaine. L’agriculture ayant d’abord pour but de permettre à un pays de nourrir sa population. L’injustice de la dette réclamée aux plus pauvres. La gouvernance mondiale et le devoir de donner la parole à tous. Le développement, nouveau nom de la paix, et la paix, condition du développement. Une utilisation éthique de l’argent. À la demande des peuples spoliés, dénoncer les paradis fiscaux et les biens mal acquis.

Historique, l’alliance avec 450 partenaires à travers le monde. Avec Arze, des Philippines, qui accompagne les petits paysans et les pêcheurs pour qu’ils se fassent entendre. Avec Miguel, au Mexique, pour former des acteurs sociaux à la médiation, au cœur de violents conflits. Avec Jacqueline, du Rwanda, qui multiplie les centres où jeunes et adultes se retrouvent sur «  les sentiers de la paix ». Avec Valentin et les 12 000 paysans togolais qui défendent les intérêts du monde agricole et font de lui un acteur influent.

Historique, le rendez-vous de 2011 et des années à venir. Le repérage des chances de vie et des risques de mort qui assaillent la planète n’est pas facultatif. La répétition du passé est stérile. L’invention de l’avenir se fait dans l’intelligence et la coopération.

Oui, les temps sont pesants pour les deux tiers de l’humanité. Au cœur de nos sociétés matériellement développées, des groupes entiers de personnes sont marginalisés.

Pour la première fois dans l’histoire, l’humanité ne pense pas la mondialisation. Elle la vit et souvent la subit. Interdépendance pesante qui nous fait douter de nous-mêmes. Loi du profit maximal qui dévalorise nombre d’efforts d’humanisation. Multiplication de violences sur base de rivalité économique, ethnique, religieuse ou culturelle. Misère grandissante qui creuse le fossé entre riches et pauvres.

Ces paramètres contemporains, loin de conduire au désespoir, incitent à l’expertise créatrice. La société moderne a les moyens de réagir et d’orienter autrement ces évolutions. Elle le prouve lorsque la société civile utilise les médias modernes au service du sauvetage des plus menacés et de la dénonciation du mensonge. Des peuples se soulèvent et l’inacceptable est dénoncé...

Historique, la dynamique des droits humains, déclenchée sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale et aujourd’hui capable d’unir dans un même combat, des groupes du monde entier. Peu à peu s’élabore un langage commun : celui de la solidarité au profit de la promotion de la dignité humaine. Les droits de l’homme déclinent cette dignité en autant de projets spécifiques : manger à sa faim, défendre son intégrité psychique et physique, croire ou ne pas croire, exercer sa responsabilité de citoyen. Permettre à chacun, individu ou groupe, d’accéder à l’exercice de ses droits fondamentaux, tel est le but de toute action de développement.

Historique, le dialogue des convictions auquel nous sommes conviés. Qu’est-ce qu’un traitement inhumain, un niveau de vie suffisant, une justice respectueuse, une gouvernance citoyenne... ? Autant de questions auxquelles le CCFD-Terre Solidaire et ses partenaires doivent répondre ensemble. Tant de fossés culturels ou religieux nous séparent, qu’il faut entamer un dialogue en profondeur. Encore faut-il que chacun ait lui-même approfondi ses convictions et qu’il soit en capacité de les exposer. Le CCFD-Terre Solidaire, organisme « convictionnel », se nourrit de la Bonne Nouvelle chrétienne et de la pensée sociale de l’Église. Cette conviction « catholique » le pousse à l’universel et non au particularisme, au dialogue et non au monologue moralisateur, à la coopération avec des acteurs de convictions différentes et non à la parole unique. Nourri de l’histoire biblique, le CCFD-Terre Solidaire, face au choix entre la vie ou la mort, a choisi la vie.

Article mis en ligne le 3 mars 2011

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