Noël contre la faim

Numéro 261 - novembre 2011

 

Des mots ou des maux !

Auteur(s) : Guy Aurenche

Oui, il y a des paroles qui tuent !
L’avocat que je reste ne saurait démentir cette affirmation. Aussi, devons-nous rétablir la vérité.
Le CCFD-Terre Solidaire le fait, tout spécialement à travers la dénonciation des discours souvent entendus à propos des migrations et de la politique française (ou européenne). Depuis près de trente ans, et tout spécialement aujourd’hui les étrangers sont déshumanisés par les slogans populistes utilisés lors de nombreux débats. Ces paroles sont mensongères car elles truquent les chiffres et l’analyse des évolutions. Elles sont sciemment utilisées pour flatter nos réflexes de peur devant l’autre. Tout cela mène au repliement et surtout à l’humiliation de nombre d’hommes, femmes et enfants. Le mensonge est toujours source de dégradation morale et de violence.
C’est alors l’honneur de notre association de répéter que seul le dialogue et la volonté de rencontre peuvent contribuer à reconstruire un tissu social volontairement déchiqueté.
Oui il y a des paroles « à suivre » !
Nous le ferons tout spécialement à l’occasion des suites du G20. Certaines de ses décisions reprennent, avec trop peu d’intensité, des propositions que nous faisions concernant les finances internationales, les paradis fiscaux, l’orientation des politiques agricoles… Constatons que des sujets qui étaient portés par des ONG, qualifiées alors d’utopistes ou d’incompétentes, le sont aujourd’hui par des responsables au plus haut niveau. Mais rien n’est joué par la seule signature d’engagements solennels pris par les nations les plus puissantes. C’est après que la société civile se doit d’être exigeante. Il s’agit de « paroles données » : tirons-en toutes les conséquences.
Le CCFD-Terre Solidaire déploiera toute sa vigilance également à l’occasion des prochaines campagnes électorales françaises au cours desquelles on peut imaginer que nombre d’engagements seront pris. À suivre !
Oui, il y a des paroles qui sauvent ! C’est ainsi que je reçois les révoltes, tout spécialement de nombreux jeunes, contre l’humiliation, la tromperie et la marchandisation. Ces indignations à transformer en propositions nous réveillent et provoquent l’imagination.
Paroles qui sauvent aussi, que l’affirmation de la dignité de la personne et la revendication des droits humains. C’est bien dans cette direction qu’il nous faut orienter nos stratégies politiques, sociales et économiques.
Paroles qui stimulent que le jugement rendu par la justice de notre pays déclarant « de bonne foi » le CCFD-Terre Solidaire dans le cadre du procès que lui avait intenté le président Obiang. La société civile est encouragée à utiliser sa liberté de parole, au service des plus pauvres, contre ceux et celles qui trompent, corrompent et trafiquent. Cet encouragement est à recevoir comme une reconnaissance de notre compétence et un appel au sérieux dans nos prises de position.
Parce qu’il y a des paroles qui sauvent, des Bonnes Nouvelles, sachons les entendre et prendre le risque de les prononcer.

Article mis en ligne le 28 octobre 2011

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