Publié le 10.03.2015 • Mis à jour le 24.03.2015

Eau

La demande mondiale en eau explose. Elle a été multipliée par 6 au cours du 20ème siècle. L’agriculture est l’activité la plus consommatrice d’eau alors que les habitants des zones rurales pauvres subissent des pénuries.

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L’accès à l’eau salubre est une condition obligatoire pour vivre et pour produire en milieu rural (irrigation, ressources halieutique, abreuvement du bétail). L’agriculture nécessite approximativement 70% de la consommation annuelle d’eau douce, les ménages utilisent environ 10% et l’industrie près de 20%.

Il est important de souligner que les pratiques industrielles agro-exportatrices ont des conséquences néfastes sur les ressources en eau. En revanche, les paysanneries possèdent des savoir-faire traditionnels collectifs et individuels plus respectueux en matière de gestion durable de l’eau.

L’agriculture irriguée et intensive a conduit à la multiplication des grands barrages et au pompage des nappes souterraines. La construction de nombreux grands barrages s’est faite sans consulter les populations concernées. Certaines ont du quitter leur habitat (1.9 million de personnes déplacées pour la mise en eau du barrage des Trois-Gorges en Chine) tandis que d’autres, en aval, se voient privées d’eau (les Irakiens subissent ainsi les conséquences du barrage construit par les Turcs sur l’Euphrate).

Pour le CCFD-Terre Solidaire, améliorer l’accès à l’eau salubre pour les populations rurales pauvres est une condition indispensable au développement. Une gestion durable de cette ressource fait appel à des techniques de production respectueuses de l’environnement et aux principes de démocratie participative. Face au modèle d’agriculture intensive et exportatrice imposé aux pays du Sud, un système alternatif s’avère nécessaire pour préserver les ressources d’eau de la planète et garantir la souveraineté alimentaire. Préserver l’eau d’aujourd’hui et de demain implique des décisions politiques, des solutions techniques et une révolution culturelle. Des réglementations étatiques s’avèrent ainsi indispensables.

Le CCFD-Terre Solidaire réitère l’importance :

- de défendre et de sécuriser les droits des paysans à l’eau, en reconnaissant les droits locaux et en les intégrant dans les législations nationales ;
- de promouvoir une agriculture paysanne diversifiée et soucieuse des ressources naturelles, permettant une gestion raisonnable des ressources d’eau ;
- de mettre en place des investissements adaptés aux capacités de gestion locales ;
- d’encourager une gestion participative et concertée des ressources d’eau avec les autres usagers ;
- d’introduire des techniques d’irrigation innovantes de mise en valeur de l’eau pour l’agriculture et l’élevage et leurs impacts sur les politiques publiques : vulgarisation des techniques simples de collecte de l’eau de pluie, cultures moins consommatrices en eau ou capables de composer avec la salinisation des sols ;
- de diminuer la pression de l’agrobusiness sur les politiques agricoles,
- d’encourager la mise en place d’une autorité mondiale de l’eau.

1 L’engagement du CCFD-Terre Solidaire au fil de l’eau

En 1980, suite à l’appel des Nations Unies pour une Décennie de l’eau potable, le CCFD-Terre Solidaire s’engage sur le thème de l’eau et crée la campagne "L’eau c’est la vie". Il s’agissait alors de sensibiliser sur le thème du gaspillage de l’eau dans les pays développés. Par la suite, le souhait d’un engagement à long terme a conduit le CCFD-Terre Solidaire à soutenir des projets de développement dans les domaines de l’agriculture, l’usage domestique, l’élevage, la santé, l’assainissement, l’aquaculture, la sécurité alimentaire et l’environnement.

En 2006, le CCFD-Terre Solidaire, avec d’autres ONG françaises, se mobilise à l’occasion du Forum Triennal de l’Eau où elle signe le Pacte d’Istanbul pour l’Eau (http://www.worldwaterforum5.org/index.php?id=2126 ). Cette initiative mènera à la mise en place de la Coalition Eau. En 2007, plus de vingt ONG françaises se regroupent afin de développer une stratégie de plaidoyer en faveur de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans le monde (objectif du Millénaire n° 7c).

Parallèlement, le CCFD-Terre Solidaire porte le message d’une gestion réfléchie des ressources agricoles, notamment pour la production des agrocarburants. Ainsi, en 2008, le Délégué général intervient à l’Unesco lors de la conférence « Eau, énergie & agriculture » sur les défis relevés par les partenaires du CCFD-Terre Solidaire confrontés au développement effréné des cultures aquavores.

2 Les positions clés du CCFD-Terre Solidaire

Aujourd’hui, l’agriculture est confrontée à de nombreuses difficultés et doit faire face à l’équation des politiques agricoles et environnementales. Il est en effet demandé à l’agriculture, premier consommateur d’eau au niveau mondial (70%), d’une part de réduire les volumes consommés pour que l’économie d’eau dégagée profite à des usages à plus forte valeur ajoutée et d’autre part de limiter la pollution des nappes phréatiques causée par les déjections animales non traitées, les engrais et les produits phytosanitaires.

L’agriculture doit nourrir à bas prix une population mondiale toujours croissante, dont la consommation des produits carnés est en augmentation. Les quantités d’eau nécessaires à la production de viande est considérable alors que la ressource se raréfie.

Il est aujourd’hui déterminant d’assurer l’accès à l’eau des petits agriculteurs vivriers, par le biais d’une gestion intégrée, équitable, rationnelle et raisonnée de la ressource entre les différents usagers.

Cela implique :

  • Une gouvernance de l’eau au niveau local (accès collectif, droits, gestion et entretien d’infrastructures collectives : périmètre irrigué, hydraulique pastorale, partage de l’eau rural/urbain...) et soutenue par des politiques publiques agricoles et de gestion du territoire ;
  • L’accroissement des investissements publics (en ciblant l’accès à l’eau agricole dans les plans nationaux de réduction de la pauvreté), mais également à travers la solidarité internationale ciblant les paysans, éleveurs et pêcheurs vivriers.

Un argumentaire détaillé a été publié par la Commission Agriculture et Alimentation (C2A) de Coordination SUD : http://www.coordinationsud.org/wp-content/uploads/Les-Notes-de-la-C2A_n%C2%B08_Eau_nov.20111.pdf?9d7bd4

3 Agenda des mobilisations du CCFD-Terre solidaire

Une délégation du CCFD-Terre Solidaire était présente dans l’enceinte du Forum mondial de l’eau en 2012 pour défendre le droit des petits paysans et l’accès à l’eau agricole. Plusieurs centaines de bénévoles participeront à des mobilisations au sein du Forum alternatif de Marseille.

N’asséchons pas le potentiel des agricultures familiales (Coordination SUD, 2012, pdf)

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