Noël contre la faim

Publié le 22.09.2008 • Mis à jour le 11.03.2016

Le vœu de pauvreté, comme vœu de solidarité.

Avril 2008

L’investissement important des congrégations religieuses dans le fonds commun de placement « Faim et Développement » dès sa création, en 1983, fut un des facteurs de la réussite du premier FCP de partage européen. Quel est le sens de cet engagement des congrégations dans la finance solidaire, en particulier au côté du CCFD ?
Le sens de l’engagement dans la finance solidaire

Le rapport à l’économique dans la vie religieuse est marqué par le vœu de pauvreté. Il consiste en un renoncement de chaque religieux, de chaque religieuse, à la gestion personnelle de ses biens, à la mise en commun des revenus du travail et des patrimoines personnels, ainsi qu’à une sobriété de vie. Il s’agit non pas de posséder pour soi mais de mettre en commun les ressources pour que chacun, chacune, quels que soient son âge ou son activité, puisse recevoir ce qui est nécessaire à sa vie et à sa mission.
Cette mise en commun conteste radicalement la logique d’accumulation pour soi du système capitaliste néolibéral. Elle fait passer d’une logique du "chacun pour soi", dans laquelle je ne porte attention à l’autre qu’en tant que chance ou risque pour moi, à une logique du "chacun pour tous", où je reconnais l’autre comme une personne humaine avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que moi, une logique de solidarité et de coresponsabilité. Aux fondements mêmes de l’organisation économique d’une congrégation, il y a donc la solidarité qui entraine, de fait, l’exigence plus large d’essayer de bâtir une finance solidaire.

Cette mise en commun, vécue dans chaque congrégation depuis son origine, même si les revenus sont modestes compte tenu des types d’activités exercées, assure un patrimoine réel à chaque communauté. Il a d’abord pour fonction d’assurer la vie des membres et le soutien des missions et des institutions dont elle a la charge. Mais au-delà d’une logique nécessaire de rendement, la gestion du patrimoine est pensée avec une volonté de respecter des critères éthiques et de construire de la solidarité autant qu’il est possible. L’investissement des congrégations à la création du FCP "Faim et Développement" est une excellente illustration de cette recherche.
L’appui décisif des congrégations religieuses

En 1981 Gabriel Marc, président du CCFD, rencontrait 600 économes de congrégations religieuses féminines qui s’interrogeaient sur la création d’un fonds éthique comme moyen d’action dans la société. Elles pensaient que, pour faire évoluer les réalités politiques et économiques de la société, cette démarche était préférable à une attitude de dénonciation : c’est l’époque de la campagne « Votre banque et l’apartheid ».
Une fois prise la décision de créer le FCP "Faim et Développement" Gabriel Marc écrivit aux congrégations pour leur demander leur aide. Elles répondirent en nombre. Le montant minimal de souscription pour un fonds commun de placement était de 0,38 million d’euros. Ce montant semblait impossible à atteindre pour toutes les banques contactées par le CCFD, excepté le Crédit Coopératif. Or, un mois et demi après l’ouverture du fonds, le seuil de 1,33 million d’euros était dépassé et les 1,52 million d’euros (10 millions de francs) furent très vite atteints. Les communautés religieuses n’étaient pas les seules, mais elles avaient apporté la plus grosse part des investissements.

La quête d’une autre façon de vivre la finance responsable au regard de l’évangile et de la société, la volonté de construire avec d’autres de la solidarité, et un sentiment de très grande proximité avec les objectifs poursuivis par le CCFD dans la mise en place de moyens nouveaux pour bâtir une terre solidaire, ont conduit les congrégations religieuses à poursuivre la collaboration commencée il y a vingt-cinq ans, en créant, avec le CCFD, le Fonds de plaidoyer "Ethique et Partage" et en investissant fortement dans la Sidi.
Puisse ce compagnonnage fécond se poursuivre et s’amplifier pour la construction d’une terre solidaire.

Geneviève Guenard
Directrice administrative et financière du CCFD et Sœur Auxiliatrice.

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