Publié le 18 juin 2015

Encyclique Laudato Si’ : "Ecouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres"

Le CCFD-Terre Solidaire se réjouit de la parution de l’Encyclique Laudato Si’ du Pape François sur la sauvegarde de la maison commune. En plaçant les populations – et en particulier les plus pauvres - au centre, elle ouvre la voie à un véritable dialogue pour trouver des solutions à la crise écologique actuelle et répondre aux inégalités.

Le CCFD-Terre Solidaire se joint à l’appel urgent lancé aujourd’hui aux citoyens, communautés et décideurs politiques afin que chacun lutte contre les dérèglements climatiques et pour la justice sociale et climatique.

La publication de cette encyclique intervient dans une actualité internationale particulièrement dense avec la troisième Conférence internationale sur le financement du développement (Addis-Abeba, 13-16 juillet), la conférence sur les Objectifs de développement durable - ODD (New York, septembre) et la COP21 à Paris en décembre. Comme le rappelle Bernard Pinaud, délégué général du CCFD-Terre Solidaire : “Les prochains mois seront déterminants sur les sujets du climat et du développement. Nous espérons que les décideurs politiques prendront en compte les messages forts portés par l’encyclique, et que les résultats de ces réunions internationales mettront au premier rang l’intérêt général et la préservation des biens communs. Cette encyclique est un encouragement pour faire prendre conscience qu’approche écologique et approche sociale sont indissociables ».

Une volonté politique à renforcer face aux intérêts économiques

L’encyclique souligne l’absence de progrès dans la lutte contre les dérèglements climatiques. Ce statu quo politique s’explique notamment selon le Pape François par la volonté de protéger les intérêts financiers acquis : « Une plus grande attention est requise de la part de la politique pour prévenir et pour s’attaquer aux causes qui peuvent provoquer de nouveaux conflits. Mais c’est le pouvoir lié aux secteurs financiers qui résiste le plus à cet effort, et les projets politiques n’ont pas habituellement de largeur de vue. Pourquoi veut-on préserver aujourd’hui un pouvoir qui laissera dans l’histoire le souvenir de son incapacité à intervenir quand il était urgent et nécessaire de le faire ? » (57).

La transformation sociale indispensable dans lutte contre les dérèglements climatiques

« Il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale ». Le Pape voit dans la lutte contre les dérèglements climatiques une opportunité pour une véritable transformation sociale. Selon l’encyclique, le climat est un bien commun, de tous pour tous, et les injustices sociales et environnementales vont de pair. Ainsi, « aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres." (49) Nous sommes donc appelés par le pape François à mettre les plus pauvres au centre. Première victimes des conséquences des dérèglements climatiques dont ils ne portent pas la responsabilité, ils n’ont aucun moyen pour y faire face. Le texte précise : « Quand on propose une vision de la nature uniquement comme objet de profit et d’intérêt, cela a aussi de sérieuses conséquences sur la société. La vision qui consolide l’arbitraire du plus fort a favorisé d’immenses inégalités, injustices et violences pour la plus grande partie de l’humanité, parce que les ressources finissent par appartenir au premier qui arrive ou qui a plus de pouvoir : le gagnant emporte tout. » (82)

L’urgence de soutenir les petits producteurs

L’encyclique insiste également sur la défense de la souveraineté alimentaire et des petits producteurs et souligne l’urgence de mettre en place des investissements et des politiques qui leurs soient destinés ainsi que des cadres et des règles qui les protègent. « Les économies d’échelle, spécialement dans le secteur agricole, finissent par forcer les petits agriculteurs à vendre leurs terres ou à abandonner leurs cultures traditionnelles. Les tentatives de certains pour développer d’autres formes de production plus diversifiées, finissent par être vaines en raison des difficultés pour entrer sur les marchés régionaux et globaux, ou parce que l’infrastructure de vente et de transport est au service des grandes entreprises. Les autorités ont le droit et la responsabilité de prendre des mesures de soutien clair et ferme aux petits producteurs et à la variété de la production. » (129)

Contact presse : Karine Appy, 01 44 82 80 67 - 06 66 12 33 02

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