Un avenir sans faim

Publié le 25.11.2013 • Mis à jour le 25.11.2013

Après le Sommet Climat de Varsovie, une route difficile vers la justice climatique

La CIDSE, réseau international de 17 ONG de développement catholiques, continue d’appeler à plus de justice climatique alors que se termine la 19ème Conférence des Parties (COP19) à Varsovie, Pologne. Tous les pays doivent travailler ensemble dans un esprit de solidarité et d’urgence pour placer le monde sur la bonne voie : celle de sociétés sobres en carbone qui assurent la justice climatique pour tous. Malheureusement, à Varsovie, les pays n’ont pas opté pour le chemin le plus ambitieux pour arriver à un accord mondial à Paris, et il faudra faire plus en vue de cette échéance de la COP21 en 2015.

Communiqué de presse de la CIDSE

Bernd Nilles, Secrétaire général de la CIDSE, déplore le manque de décisions ambitieuses à Varsovie : « Varsovie devait être la COP des financements en définissant des étapes pour parvenir à l’engagement des Etats de mobiliser 100 milliards $/an d’ici 2020 pour soutenir les efforts d’adaptation et d’atténuation des pays en développement. Les progrès en ce sens ont été insuffisants » explique-t-il. « Des annonces de contributions ont été faites pour sauver le fonds d’adaptation et quelques engagements ont été pris sur les subventions aux énergies fossiles, le Royaume-Uni ayant ainsi annoncé mettre fin au financement public de centrales à charbon à l’international. Mais, globalement, nous manquons toujours de clarté sur les financements qui seront mis sur la table entre maintenant et 2020 pour protéger les populations les plus vulnérables qui souffrent déjà des impacts violents du changement climatique » conclut-il.

Varsovie devait également permettre aux pays de s’entendre sur une feuille de route pour arriver progressivement à un accord satisfaisant à Paris en 2015. Cela devait inclure des étapes bien en amont pour se donner le temps de construire des engagements post-2020, notamment en termes de réduction d’émissions, qui soient cohérents avec la science et avec la notion clef d’équité, et pour s’assurer ainsi que l’accord soit juste pour tous les pays. La feuille de route définie à Varsovie ne pose malheureusement pas des fondations solides pour cet accord global, puisque les pays ne se sont engagés à mettre des premières propositions sur la table que très tardivement. Enfin, un accord a été obtenu sur la structure d’un mécanisme pour prendre en compte les « pertes et dommages » liés au changement climatique, mais son contenu doit encore être précisé.

Une importante délégation de la CIDSE a participé à cette COP : partenaires du Sud et responsables d’Eglise d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie, dont l’évêque Theotonius Gomes du Bangladesh qui parle avec passion du poids que représente le changement climatique pour son pays : « Notre population fait preuve d’une grande dignité, mais est également confrontée à de grandes souffrances. Le changement climatique vient déjà inutilement s’ajouter à ces souffrances ». La délégation a envoyé un message fort au gouvernement polonais et à la société civile polonaise sur la nécessité d’une transition d’une économie dépendante de l’énergie fossile à une société sobre en carbone. La CIDSE a organisé une conférence de haut niveau sur la justice climatique, qui a réuni des représentants de l’Eglise polonaise et internationale, de la société civile et des décideurs politiques. La CIDSE a également alerté sur les risques de « fausses solutions » face au défi climatique ; fausses solutions qui feraient supporter de façon disproportionnée les efforts de lutte contre le changement climatique aux populations les plus vulnérables et les moins responsables : développement des agro-carburants industriels, recours excessif au secteur privé et développement des marchés carbone, inclusion de l’agriculture dans les marchés carbone, etc.

Avec ces résultats très modestes de la COP de Varsovie, la CIDSE se tourne maintenant résolument vers les prochaines étapes : la COP20 au Pérou et la COP21 à Paris. Emilie Johann, chargée de plaidoyer Justice Climatique, rappelle à cet égard la responsabilité historique de l’Union Européenne : « Il faut renforcer l’ambition en matière d’atténuation dès avant 2020, si l’on veut avoir une chance de rester sous le seuil critique d’une hausse de la température de 2°C. Et nous avons également besoin d’engagements ambitieux de l’Union Européenne pour 2030, avec un objectif de réduction d’émissions d’au moins 55% et des objectifs contraignants de développement des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique ». Au-delà de l’UE qui doit assurer un leadership, tous les pays doivent maintenant avancer au niveau national pour des politiques ambitieuses de lutte contre le changement climatique pour que nous puissions prendre le chemin le plus ambitieux possible vers un nouvel accord mondial. Si non, nous risquons de laisser passer l’opportunité d’un accord au service de la justice climatique Paris. Comme une de nos partenaires Sabine Attama (SECAM, Afrique) le dit : « Nous continuerons de donner une voix aux sans-voix dans ce processus ».

Les communiqués du Réseau Action Climat France :

Conférence Climat de Varsovie : Assez !
De Varsovie à Paris 2015 : Gueule de bois pour le Climat ?

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