Un avenir sans faim

Publié le 23 janvier 2005

En direct : Apres quelques jours d’absence (3/10)

Apres quelques jours d’absence, la suite tant attendue de nos aventures au Brésil...

Nous sommes partis à la rencontre du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terre. Nous avons partagé leur quotidien durant quatre jours et trois nuits (s’il vous plait !). Afin de vivre au mieux cette expérience et d’avoir une idée plus juste de la cause qui anime les membres du mouvement, notre délégation a été partagée en trois groupes.

Derrière l’image stéréotypée de ce mouvement, nous avons surtout rencontré des femmes, des hommes et des enfants ; des personnes aux parcours de vie différents mais avec une espérance de vie commune : l’accès à la Terre.

Voilà pourquoi nous n’allons pas vous détailler l’historique du Mouvement des Sans Terre (MST) mais plutôt vous proposer quelques portraits et une synthèse de ce qui nous a marqués, touchés.

Des mots... Des images... Des sentiments...

  • Valdir, Carmen, Pedro, Gisèle, Mateos, Karen, Marcelo, Lourdes, Nazare, ...
  • Dignité, persévérance, engagement, espérance,...
  • Souci de vivre en préservant l’environnement (la faune et la flore) et en favorisant la culture de variétés rares (comme celles que consommaient les indigènes)
  • La présence permanente des enfants quelques soient les discussions abordées. “Je veux que mes enfants écoutent, affirme Pedro, comme ça, ils seront que leur père n’est pas un fainéant, qu’il a travaillé toute sa vie, et que s’il fait tout ça c’est aussi pour eux !
  • Hospitalité, disponibilité, générosité
  • Dès les premières mesures, les enfants entonnent vaillament des chants révolutionnaires, le point (gauche) levé.
  • Mauvaises conditions de vie mais détermination, travail en groupe, communion. “C’est moi qui suis chargé de traire les vaches tous les matins, même le dimanche... Les vaches ne vont pas à la messe !”, sourit Luis, un arrière-grand-père de 71 ans.
  • Les 5 brosses à dents bien alignées entrevues par l’ouverture de la bache noire de la douche.
  • Ils ne parlent pas de leurs difficultés mais de leur espoir. « Quand nous serons installés, nous continuerons à être militants et aider ce qui n’ont pas encore de terre », dit Carmen, mère de cinq enfants.
  • Sans lutte, il n’y a pas de conquête”.
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Esquisse des agrovilles de Pirituba

Près d’Itapeva, à 4 h 30 de route de Sao Paulo (vive l’aventure !), Lourdes et Nazare nous présentent les six “assentamentos” (implantations) encore appelees “agrovilles” qui se sont installés sur le terrain de la ferme de Pirituba. Le premier a été conquis en 1984 et le dernier en 1994. Ces agrovilles representent un peu l’aboutissement de la lutte pour la terre. Ici, pas de campement, mais des maisons en dur avec eau, électricité, etc (sauf dans l’assentamento le plus récent où les baraques sont encore en bois et où habite Lourdes). Chaque agroville s’organise comme elle l’entend : en coopérative, en association informelle, en exploitation individuelle.

Nous avons été marqués par le souci de démocratie qu’il y a dans toute prise de décision, notamment au niveau des coopératives. Les femmes ont une place très importante dans ces différentes expériences. Dans l’agroville IV, elles tiennent un atelier de menuiserie pour promouvoir un habitat traditionnel en lien avec l’université de Sao Paulo. Au MST, l’éducation est une priorité. Des écoles sont ouvertes : ce sont des écoles d’Etat avec des professeurs d’Etat. Le courage et la persévérance des Sans Terre dans la lutte dans les campements, se retrouvent ici, dans tout ce qu’ils ont réalisé ensemble.

Le 22 janvier, tous les groupes se sont retrouvés à l’école national de formation des Sans Terre qui doit être inaugurée le lendemain. Il y a du monde et l’ambiance est à la fête. Simone nous fait visiter l’école qui comprend plusieurs bâtiments pédagogiques (bibliothèque, laboratoire, salles de classes, …) et logistiques (réfectoire, logements, …). Elle doit accueillir près de 250 personnes. Mais il reste beaucoup à faire...

Pour plus d’infos sur le MST : cliquez ici

Un parcours de vie au campement Manoel Neta-Taubaté

Pedro, 61 ans

Pedro est dans le camp depuis le début. En 2002, sa femme, ses enfants, lui-même et d’autres Sans Terre (40 familles soit 120 personnes au total) ont décidé d’occuper les terres laissées à l’abandon après la faillite d’un aviculteur. A trois reprises ils ont été expulsés et à trois reprises ils sont revenus.

Marié avec notre bienveillante cuisinière, ils élèvent 5 enfants.
C’est à l’occasion de la visite d’un autre camp, occupé depuis une quinzaine de jours, que nous quittons Pedro. Il restera 3 jours dans ce camp pour monter la garde à l’entrée et prêter main forte aux familles fraîchement arrivées.

Au prochain épisode :
Notre arrivée à Porto Alegre et la délégation "jeune" au complet

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