Publié le 20.02.2007 • Mis à jour le 21.02.2013

Codéveloppement

La notion de co-développement est apparue en France au-début des années 1990, pour théoriser et promouvoir le rôle des organisations traditionnellement formées par les migrants des pays d’Afrique (Maroc, Mali...) pour mobiliser des moyens en faveur de leur région d’origine, et qui se sont vus reconnaître le rôle d’acteurs de développement.

Mots-clés :

Le co-développement repose sur la capacité des migrants à circuler, à maitriser à la fois le contexte de leur pays d’origine et les possibilités d’accéder aux ressources de leur pays d’accueil.
Il implique donc
• les associations de migrants aujourd’hui désignées par la catégorie d’OSIM (les organisations de solidarité issues de l’immigration), qui aspirent parfois à jouer un rôle de transformation sociale de leur société d’origine ;

• les organisations du village, de la région, du pays d’origine pour orienter les ressources vers les besoins de développement ;

• les collectivités territoriales des pays de départ qui souhaitent contribuer à la définiion des objectifs de développement portées par les associations de migrants ;

• les associations du pays d’accueil capables de fournir un appui en termes de financements, de formation, de renforcement des capacités d’organisation, de formalisation d’un projet de développement ;

• les collectivités territoriales et les pouvoirs publics du pays d’accueil engagés dans cette forme de « jumelage » solidaire ;

• enfin, les institutions du pays d’accueil. Pour ces dernières, il existe la tentation récurrente d’utiliser le co-développement comme instrument de régulation des flux migratoires.

On comprend donc que la démarche de co-développement puisse susciter des tensions, voire des contradictions fondamentales entre ses différents agents.

L’expérience montre en tout cas que le co-développement ne remplace pas l’émigration. Il est illusoire de penser qu’il suffit de financer des projets au bénéfice des migrants, ou des candidats à l’émigration, pour tarir ou inverser les flux migratoires. Même s’il est fondamental d’offrir de leur alternative crédible, les facteurs qui favorisent la migratoire sont bien plus nombreux.

La migration favorise le développement et le développement stimule la mobilité.

Il est donc d’autant moins acceptable que le développement serve à « compenser » une politique anti-migratoire et répressive.

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