Noël contre la faim

Publié le 18 septembre 2015

Réfugiés en Europe : appel à la mobilisation de chacun

Les médias parlent d’un sursaut citoyen pour accueillir les réfugiés. Et c’est tant mieux, mais encore faut-il que chacun s’y mette !
Certaines autorités évoquent un rendez-vous historique. Encore faut-il que chacun soit au rendez-vous !
Le Pape appelle chaque paroisse d’Europe à héberger une famille. A nous chrétiens, de répondre présent !

S’ouvrir à l’autre et tout spécialement à celui qui appelle au secours. Nous sommes tous concernés : les chrétiens y reconnaissent une invitation à se faire le prochain du « blessé de la route ».
Tous nous y découvrons le principe vital de la solidarité : Croire que mon bonheur dépend un peu du souci de l’autre et que le bonheur de l’autre dépend un peu de mon souci.
Qui n’a pas vérifié cette loi au cours de sa vie ? Ou qui n’aurait pas aimé pouvoir la vérifier lorsque l’isolement se faisait mortel ?

Un geste humain dont bon nombre de nos concitoyens se révèlent capables, malgré le message mensonger dominant qui contribue à créer un climat de peur de "l’invasion barbare".
Retrouvons le « bon sens » du geste solidaire qui permet le Vivre Ensemble au cœur de la diversité. Comment un pays et donc aujourd’hui le monde peut-il imaginer vivre sans solidarité ?

L’accueil est source d’enrichissement, malgré les difficultés qu’il représente. La construction de la France, de l’Europe le démontre.
Que serions-nous sans la richesse apportée de manières diverses par des étrangers ? L’interdépendance que crée la mondialisation des relations peut conduire à la guerre si chacun ne fait pas le choix de la solidarité.

Attention aux discours qui recommandent le repli sur nous-mêmes. Notre pays, et nombre de Français connaissent des situations difficiles. Notre économie a besoin de l’ouverture.
Seules les marchandises et les finances auraient-elles la liberté de franchir les frontières ? C’est bien par l’ouverture au monde que nos activités se développeront et qu’ensemble nous inventerons de nouvelles solutions.

Attention aux propositions qui invitent à classer les humains en catégories, lorsque leur vie est en danger. Parmi ceux et celles qui risquent la mort il y aurait ceux que nous accueillons parce qu’ils ont un petit air de famille ethnique, politique, religieuse…et les autres !
L’histoire le prouve : l’on commence par une petite « préférence » et l’on finit par une stigmatisation mortifère.

Les modalités juridiques et techniques peuvent varier selon les situations, mais cela n’autorise aucune discrimination entre les migrants et les réfugiés ; ils ne sont pas en promenade. Ils sauvent leur vie. Existeraient-ils des causes de mort qui justifient leur sauvetage et d’autres qui ne l’impliquent pas ?
Le Conseil permanent de la conférence des évêques de France nous rappelle l’importance de « changer notre regard et notre discours sur les migrants. Il faut cesser de considérer ces personnes comme des agresseurs dont on doit avoir peur. Migrants économiques ou politiques , il n’est pas acceptable de faire un tri qui viserait à en accueillir certains seulement ».

Au cœur de nos peurs, dans le brouhaha des discours manipulateurs, au-delà des difficultés matérielles et des efforts que demande tout accueil, développons :

- le refus de l’inacceptable dès que la dignité d’une personne est en jeu !

- le « geste qui sauve » aussi modeste soit-il !

- le souci de l’éveil aux comportements solidaires !

- l’exigence citoyenne en appelant à lutter contre les causes des injustices.
Elles sont le résultat de déséquilibres mondiaux, des inégalités et des échecs et de l’incapacité de la communauté internationale à construire un ordre mondial juste et de véritables politiques de paix au Proche-Orient et en Afrique notamment. Le CCFD-Terre Solidaire participe depuis plus de 50 ans à cette action.

Chacun, chacune, nous pouvons rejoindre ceux et celles qui sont déjà à l’action. C’est pourquoi le CCFD-Terre Solidaire appelle ses 15 000 bénévoles et plus largement tous les Français à agir.

Célébrons, dans nos mairies comme dans nos églises ces gestes de courage. Ils font moins de bruit que les harangues haineuses de ceux qui veulent « jouer » sur nos peurs et trafiquer notre conscience.

La vie est là à travers les visages, les larmes, les sourires, les bras, l’intelligence de ceux et celles qui appellent au secours.

Et si c’était mon frère, ma sœur ?
Et si c’était moi ?

Guy Aurenche,
Président du CCFD-Terre Solidaire

Voir aussi notre article "Solidaire avec les réfugiés : comment se mobiliser ?"

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