Publié le 2 février 2016

Crise syrienne, la communauté internationale face à ses responsabilités ?

Conférence de Londres : la communauté internationale doit amorcer une nouvelle ère pour les pays et les populations touchés par la crise syrienne

A l’initiative du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la Norvège, du Koweït et de l’ONU, la communauté internationale se réunira à Londres les 3 et 4 février prochains pour aborder la situation humanitaire en Syrie et dans la région.

100 organisations humanitaires et de défense des droits humains, dont 12 en France, alertent que la condition sine qua non pour faire de cette conférence un succès sera la mise en place d’un plan innovant et ambitieux pour venir en aide aux Syriens, qu’ils soient restés en Syrie ou réfugiés dans les pays voisins, et soutenir les pays qui les accueillent.

Alors que le conflit syrien entre dans sa sixième année, la souffrance quotidienne des Syriens a atteint une ampleur et une intensité inégalées. Les belligérants continuent de commettre des crimes internationaux notamment en assiégeant et en ciblant les populations civiles. 13,5 millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire à l’intérieur du pays, et 4,6 millions d’autres sont réfugiées dans les pays voisins, où bon nombre d’entre elles peinent à trouver de quoi se nourrir et loger. 50 familles syriennes ont en moyenne été arrachées à leur foyer chaque heure de chaque jour depuis le début du conflit en 2011.

Les dirigeants présents à Londres cette semaine doivent s’engager à mettre en place un nouveau plan de soutien ambitieux et innovant afin de poser les bases nécessaires au rétablissement et au développement de la région. Cela doit inclure : la mobilisation de plusieurs milliards de dollars sur plusieurs années ; la mise en place de nouveaux partenariats entre gouvernements, institutions financières, secteur privé et société civile pour stimuler la croissance et créer des emplois dans les pays affectés ; et la suppression des obstacles qui empêchent les réfugiés d’accéder au marché du travail dans les pays d’accueil.

« Il ne suffit pas de promettre plus d’argent », déclare Philippe Lévêque, Directeur-General de CARE France. « La Conférence de Londres doit marquer un changement radical dans l’ampleur et l’ambition de la réponse internationale. Après 5 années de crise, il est temps d’aller au-delà d’une assistance humanitaire inadéquate et distribuée au compte-gouttes… ».

Claire Fehrenbach, directrice générale d’Oxfam France ajoute : « Un effort collectif colossal est nécessaire pour aider à stabiliser les économies du Liban, de la Turquie et de la Jordanie. Il faut également donner aux réfugiés syriens la possibilité de contribuer à la croissance économique en levant les restrictions au travail dont ils font l’objet et d’être ainsi acteurs de la construction d’un avenir plus pacifique. »

L’ONU lance un appel humanitaire de 7,73 milliards de dollars pour faire face à la crise syrienne, tandis que les réponses des pays du Levant pour faire face à la crise requièrent 1,2 milliards supplémentaires. Or en 2015, l’ONU n’a pu récolter que 60% des fonds nécessaires à ses opérations. Les gouvernements présents à Londres doivent s’assurer que les Nations unies et les pays de la région reçoivent les fonds nécessaires pour venir en aide aux personnes affectées par le conflit, aujourd’hui et pour les années à venir.

« Ce plan ambitieux ne doit pas être une stratégie pour empêcher les flux de réfugiés vers l’Europe » a déclaré Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde. « Une hausse de l’aide ne dispense pas les pays non-voisins de la Syrie de leur responsabilité quant à la réinstallation des réfugiés syriens et la garantie de voies sûres et légales pour ceux qui souhaitent demander l’asile en Europe. »

La coalition d’ONG appelle également les Etats à saisir l’opportunité de cette conférence pour condamner et user de leur influence diplomatique pour mettre un terme aux principales causes de cette crise humanitaire, à savoir les attaques indiscriminées contre les infrastructures civiles, la pratique des sièges et l’obstruction de l’aide humanitaire.

« Les scènes d’horreur auxquelles nous avons dernièrement assisté dans la ville assiégée de Madaya devraient nous pousser à agir à la fois sur le plan diplomatique et sur le plan humanitaire » commente Karim Lahidji, Président de la FIDH.

« Seules la fin des combats et une solution politique négociée mettra un terme à la souffrance que vivent les Syriens. Ainsi, les participants à la conférence doivent ils s’assurer de la participation de la société civile syrienne à ces échanges afin de poser les fondations de l’avenir » a commenté Bernard Pinaud, Directeur-Général du CCFD-Terre Solidaire.

Contacts medias :
• Pour vous mettre en relation avec des porte-paroles en France, contactez CARE France, Laury-Anne Bellessa, Chargée de Relations Média,bellessa@carefrance.org / +33 1 53 19 89 92 / + 33 6 24 61 85 37.
• Pour parler à un contact sur place le 4 février, contactez Amy Barry, Di:ga Communication + 44 (0) 7980 664397.
• Pour organiser un entretien avec des activistes syriens présents à la conférence, y compris les White Helmets, contactez Attila Kulcsarattila.kulcsar@oxfaminternational.org / +44 7471 142974.
• Pour plus d’informations sur le colloque organisé par la société civile à la Royal Society le 3 février, auxquels seront présents des activistes syriens et internationaux, contactez Gurvinder Sidhu gsidhu@bond.org.uk / +44 7918 881 884.

Notes aux éditeurs :
• Les ONG syriennes et internationales ont préparé une note de positionnement conjointe ainsi qu’une déclaration de haut-niveau.
• Pour plus d’informations à propos de la conférence : www.supportingsyria2016.com
• Le plan régional de l’ONU pour les réfugiés et de résilience 2016-2017 : www.3rpsyriacrisis.org
• Etudes de cas, photos, bandes vidéos, disponibles sur https://www.bond.org.uk/syria
• Réseaux sociaux : @SupportSyrians | #SupportSyrians
• Signataires en France : ACTED ; Amnesty International France ; CARE France ; CCFD-Terre solidaire ; FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme) ; Handicap International Federation ; Médecins du Monde ; Oxfam France ; Première Urgence Internationale ; Secours Islamique France ; Solidarités International ; UOSSM – France (Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux).
• Signataires à l’étranger : Action on Armed Violence ; ActionAid ; Age International ; Algeria League for Defence of Human Rights ; American Friends Service Committee ; Amnesty International ; Arab Coalition for Sudan ; Arab Institute for Democracy ; Arab Program for Human Rights Activists ; Arab Renaissance for Democracy & Development ; Basmeh & Zeitooneh ; Baytna Syria ; Broederlijk Delen ; CARE International ; Catholic Agency For Overseas Development (CAFOD) ; Center for Victims of Torure ; ChildrenPlus ; Christian Aid ; CIVICUS ; Concern Worldwide ; Conectas (Brazil) ; Council for Arab-British Understanding (CAABU) ; Danish Refugee Council ; Deutsche Welthungerhilfe ; Development and Peace ; Diakonia ; Doctors of the World UK ; Egyptian Initiative for Personal Rights ; Embrace the Middle East ; Global Call to Action Against Poverty (GCAP) ; Global Communities ; GOAL International ; Helen Bamber Foundation ; Hivos ; Human Appeal ; Human Rights & Democracy Media Center (SHAMS) ; International Alert ; IHH Humanitarian Relief Foundation (Turkey) ; International Rescue Committee ; Islamic Relief UK ; Islamic Relief USA ; Jesuit Refugee Service ; Johanniter International Assistance ; Karam Foundation ; Kontras ; Kvinna till Kvinna Foundation ; Malala Fund ; Malteser International ; Mercy Corps ; Montreal Institute for Genocide and Human Rights Studies ; Norwegian Church Aid ; Norwegian Refugee Council ; Oxfam ; Pax Christ Flanders ; Pax Christi International ; Permanent Peace Movement ; Physicians for Human Rights ; Protection Approaches ; Qatar Red Crescent ; Refugees International ; Relief & Reconciliation for Syria AISBL (R&R Syria) ; Save the Children ; Sawa for Development and Aid ; Sawa Foundation ; Society for Threatened Peoples ; Support to Life (Turkey) ; Syria Relief ; Syria Relief and Development ; Syrian American Medical Society Foundation (SAMS) ; Syrian Network for Human Rights ; Tearfund ; The Peace Appeal Foundation ; The Violations Documentation Center in Syria - VDC ; Theirworld ; Trocaire ; United to End Genocide ; Venro ; Vision GRAM-International ; War Child UK ; WATAN ; World Food Program USA ; World Jewish Relief ; World Vision ; World Vision Deutschland ; and Zarga Organization for Rural Development.

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