Un avenir sans faim

Publié le 23 janvier 2013

Ce qu’ils vivent, les Palestiniens se sentent pris en étau

Les Palestiniens rappellent souvent qu’avec les accords d’Oslo signés en 1993, ils acceptaient le compromis, en échange de la paix, de construire un État en Cisjordanie et dans la bande de Gaza sur seulement 22 % du territoire où ils avaient vécu jusqu’en 1948. Mais depuis Oslo, la pression de la colonisation n’a cessé de réduire cet espace, tandis que les Palestiniens se sont retrouvés impuissants face aux violations croissantes de leurs droits.

En Cisjordanie

Depuis 2002, les témoignages de nos partenaires nous montrent à quel point le mur enferme une grande partie des Palestiniens et les prive de la liberté de se déplacer normalement pour travailler, commercer, se soigner, étudier ou fréquenter leurs lieux saints, chrétiens et musulmans.

Les colonies israéliennes et leurs infrastructures s’approprient désormais plus de 43 % du territoire de la Cisjordanie [1]. L’implantation de plus de 500 000 Israéliens a été appuyée par les autorités israéliennes successives, qui ont négligé dans le même temps la construction de logements en Israël. À Jérusalem-Est, la population palestinienne est poussée à quitter la ville tandis que des colons s’implantent au cœur des quartiers palestiniens. L’OCHA, Office de coordination humanitaire des Nations unies, relève qu’en 2011 en Cisjordanie, plus d’un millier de Palestiniens ont subi la démolition de leur maison et ont été déplacés de façon forcée. Dans le même rapport, l’ONU constate que l’absence de lois israéliennes adéquates pour juger les violences des colons conduit à « une situation d’impunité » qui encourage de nouvelles exactions de la part de colons extrémistes à l’égard des Palestiniens.

Juste avant d’être arrêté, Jésus, connaissant les souffrances qui l’attendent, fait ses adieux à ses disciples et les encourage à ne pas perdre la foi malgré les épreuves : « Je vous laisse la paix, c’est ma paix que je vous donne ; ce n’est pas comme le monde la donne que moi je vous la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’intimide. » Jean 14,27

Dans la bande de Gaza

Israël impose un blocus total à tous les habitants depuis que le Hamas a été élu en 2006. Les bombardements font régulièrement des victimes civiles. L’opération « plomb durci » de 2009, où les bombardements israéliens firent plus de mille morts, a durablement traumatisé la population. L’essence et les biens de consommation rentrent au compte-gouttes, l’électricité est coupée de 4 à 12 heures par jour et la reconstruction impossible. Très peu de personnes obtiennent l’autorisation de quitter la bande de Gaza, uniquement dans certains cas d’urgence médicale ou en passant la frontière avec l’Égypte. Alors que 80 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et dépend de l’aide humanitaire, il est désormais extrêmement difficile pour nos organisations et les organismes d’aide d’avoir l’autorisation de s’y rendre.

Si l’occupation reste la première préoccupation de la population palestinienne, le conflit intrapalestinien entre le Fatah et le Hamas, qui se traduit par une division de la société, est une nouvelle source de difficultés. Le boycott par la communauté internationale du nouveau gouvernement issu de la victoire du Hamas aux élections et le blocus israélien depuis 2006 n’ont fait que renforcer la mainmise du Hamas sur la bande de Gaza grâce au contrôle des tunnels avec l’Égypte.

L’enfermement, la destruction et l’absence de perspectives d’avenir

Un autre symptôme de l’occupation pour les Palestiniens reste l’expérience de la détention qui représente un véritable phénomène de société. En avril 2012, près de 1 600 prisonniers palestiniens ont suivi une grève de la faim pour demander la fin de l’isolement carcéral, la levée des sanctions (interdiction d’études universitaires, arrêt de la fourniture de livres, etc.), l’autorisation des visites pour les prisonniers originaires de Gaza et la fin de la détention administrative renouvelable indéfiniment, sans inculpation ni jugement.

Avec le blocus de Gaza et le mur en Cisjordanie, les Palestiniens des territoires occupés vivent une situation inédite d’enfermement. Jusque dans les années 2000, les hommes allaient travailler en Israël, ils parlaient souvent hébreu. Aujourd’hui, tous les contacts sont coupés.
À Gaza, une génération d’enfants grandit en n’ayant jamais rencontré un seul Israélien et en ne connaissant d’eux que le bruit des bombes, des drones et des hélicoptères.

En poursuivant la colonisation de la Cisjordanie, l’annexion de Jérusalem-Est et l’isolement de la bande de Gaza, le gouvernement israélien pratique une politique du « fait accompli » qui viole le droit international et rend quasi impossible la création d’un État palestinien viable et indépendant. L’ Autorité palestinienne, qui devait être
provisoire, perd sa légitimité aux yeux de son propre peuple au fur et à mesure que la possibilité d’un État disparaît. Cette absence de perspectives nourrit un profond sentiment d’injustice et de désespoir chez les Palestiniens, et compromet la possibilité d’une paix future.

PARTAGE : COMMENT RÉAGIR FACE À L’INJUSTICE ?

Les Palestiniens sont très souvent confrontés à l’injustice et à l’oppression et se demandent comment faire face : colère, violence, abattement, évitement, acceptation, résignation, résistance, culpabilité, recours à Dieu. Chacun réagit différemment et évolue aussi avec le temps.

Et moi, comment je réagis lorsque je me sens victime d’une injustice ?

Dans l’Évangile (cité sur la page précédente), Jésus promet de donner sa paix, malgré des circonstances très angoissantes et conflictuelles. Pourquoi Jésus s’adresse-t-il à notre cœur ? Quelle est cette paix qu’il veut nous transmettre alors que la situation semble sans espoir ?

[1Tous les chiffres et données concernant la colonisation proviennent de l’Office pour la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), fiche Sur l’impact humanitaire de la politique de colonisation, janvier 2012.

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