Un avenir sans faim

Publié le 31 mars 2010

Mettre fin à la militarisation de l’exploitation et du commerce des ressources naturelles

De nombreux groupes armés et des éléments de l’armée nationale interviennent à toutes les étapes de l’exploitation des ressources minérales (coltan, cassitérite, or…). Cela prive le pays des ressources nécessaires à son développement et entretient l’instabilité par le biais des revenus générés.

Les ressources minérales ainsi exploitées au bénéfice des hommes en armes accèdent au marché international en raison de la faiblesse des dispositifs de contrôle, du laxisme des acteurs économiques et de la complicité des pays voisins. Le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda sont parfois des acteurs directs de cette exploitation à travers le soutien actif ou passif qu’ils apportent aux groupes et individus qui la contrôlent et en se refusant à exercer ou à autoriser un contrôle strict des ressources qui transitent par leur territoire. Depuis dix ans, l’ONU identifie ces dysfonctionnements et les responsabilités personnelles de militaires, politiciens et acteurs économiques au Congo, dans la sous-région et au niveau international. Ces révélations, les résolutions du Conseil de sécurité ainsi que les processus non contraignants mis en place n’ont pas changé la donne sur le terrain. Il est temps d’agir afin que les ressources du sous-sol congolais cessent d’être un des facteurs majeurs du conflit.

Les entreprises impliquées dans la chaîne d’exploitation et de commercialisation doivent faire preuve de « diligence raisonnable », c’est-à-dire instaurer des mécanismes de contrôle de leur chaîne d’approvisionnement, afin de montrer dans quelles conditions les ressources minérales qu’elles introduisent sur le marché international sont produites ;

Un dispositif multilatéral de certification doit être mis en place au niveau de la région des Grands Lacs, qui témoignera de l’origine, de la qualité et de la quantité des ressources minérales ;

Des sanctions doivent être adoptées et mises en œuvre contre les acteurs économiques, les dirigeants et individus accusés par les rapports de l’ONU d’entretenir ce trafic ;

Il faut accompagner le gouvernement congolais afin qu’il établisse les règles d’une gestion transparente du secteur minier et qu’il applique ses lois, qui interdisent la présence de militaires sur les sites miniers.

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