Un avenir sans faim

Publié le 11.07.2007 • Mis à jour le 10.08.2012

Candidature européenne au FMI

En s’empressant de présenter son candidat à la direction du FMI, l’Europe verrouille et pérennise un système dépassé, estime la Plateforme Dette & Développement. (11 juillet 2007)

Le FMI brûle, l’Europe regarde ailleurs

En s’empressant de présenter son candidat à la direction du FMI, l’Europe verrouille et pérennise un système dépassé.

(11 juillet 2007)

Le FMI traverse la crise la plus profonde de son histoire : crise financière, crise de vocation et surtout, crise de légitimité. Loin d’amorcer la profonde réforme que nécessite l’institution internationale, l’Europe maintient le statu quo en réservant la direction du FMI à un de ses ressortissants.

Malgré les appels aux candidatures multiples, de la part des pays en développement et du Conseil d’administration du FMI entre autres, les pays européens se sont empressés de désigner leur candidat pour la direction générale du FMI. Dominique Strauss-Kahn dispose désormais du soutien de l’ensemble de l’Union européenne et des Etats-Unis, soit les principaux actionnaires du FMI. Par cette attitude, l’Europe esquive un débat nécessaire sur la place des pays du Sud et la procédure de désignation du directeur du FMI.

En effet, avec cette désignation éclair, les chances de voir un directeur autre qu’européen à la tête du FMI sont minces. La partie semble jouée d’avance. Pourtant, la démission de M. Rodrigo de Rato ne prendra effet que dans quatre mois. L’empressement européen démontre la volonté de boucler le dossier de sa succession au plus vite, balayant tout espoir d’un processus véritablement ouvert et transparent.

La France et ses collègues européens auraient dû activement encourager l’ensemble des pays membres du FMI à présenter leur propre candidat, démontrant ainsi leur volonté d’ouverture à ces pays au sein de cette institution. Aujourd’hui, seul le Royaume-Uni affirme du bout des lèvres attendre l’ensemble des candidatures pour faire un choix définitif.

Pour Sébastien Fourmy, d’Oxfam France, «  L’Europe a aujourd’hui un candidat pour la tête du FMI, il fallait d’abord un programme pour cette institution en crise ».

Jean Merckaert, coordinateur de la plate-forme Dette & Développement, ajoute : « le prochain directeur ne pourra pas sortir le FMI de la crise ni en faire une institution multilatérale forte et démocratique sans une grande légitimité internationale ; la confiscation du processus de nomination par l’Europe est de mauvais augure ».

Plateforme Dette & Développement

Voir le site de la Plateforme Dette et Développement

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