Publié le 02.12.2008 • Mis à jour le 09.07.2012

CP - Pas grand monde à Doha pour défendre les populations les plus pauvres.

Bilan de la conférence de Doha : la réaction du CCFD-Terre solidaire.

Aucune décision majeure n’a été annoncée à l’issue de la conférence internationale sur le financement du développement, qui s’achève mardi 2 décembre dans la capitale du Qatar. L’ONU est marginalisée sur les questions économiques et financières. Seule satisfaction, pour le CCFD-Terre solidaire : la montée en puissance de la lutte contre le pillage fiscal des pays du Sud.

Les pays riches veulent décider seuls des règles du monde
A Doha, Nicolas Sarkozy a déclaré « il faut changer le monde, il faut changer le système économique du monde ». Mais visiblement, on préfère en décider entre pays riches et émergents. Les pays pauvres voulaient un sommet de l’ONU face à la crise financière, qui va les frapper de plein fouet. Les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon s’y sont opposés. Compromis : une vague « conférence à haut-niveau » en 2009 à l’ONU.
 
Jean Merckaert, du CCFD-Terre solidaire, s’indigne : « Pour sauver les banques, les chefs d’Etat des 20 pays les plus riches sont capables de monter deux sommets en quelques mois et de mobiliser plus de 3 000 milliards de dollars. Pour sauver la moitié de l’humanité qui se partage moins de 1% de la richesse mondiale, on envoie les ministres du développement en s’assurant que la conférence ne débouche sur rien de concret ».
 
Les gouvernements du Sud, bloc complètement hétérogène qui parle sous la bannière unique du G77, ne rendent pas forcément service à leur population. Les dictateurs veulent éviter toute mention aux « droits de l’homme » ou à la « gestion transparente des revenus pétroliers ». La Chine refuse toute idée de régulation sociale ou environnementale.
 
Seule source de satisfaction : la lutte contre la fraude fiscale
La fraude fiscale coûte chaque année entre 350 et 500 milliards de dollars aux pays du Sud. C’est 5 fois l’aide qu’ils reçoivent des pays riches. En cause : les multinationales et les paradis fiscaux. Le sujet était absent à la conférence de Monterrey sur le financement du développement, en 2002. A Doha, la nécessité de combattre la fraude fiscale est reconnue. L’Union européenne s’engage en outre à « combattre les paradis fiscaux ».
 
Pour Antoine Malafosse, Délégué général du CCFD-Terre Solidaire, « L’ONU reconnait pour la première fois l’ampleur et les impacts de la fraude fiscale pour les pays pauvres. C’est une victoire pour le CCFD-Terre solidaire et les ONG qui militent à ce sujet, car le financement des services sociaux et l’autonomie politique des pays pauvres passent par là. Reste à agir. Et ça ne plaira ni aux multinationales, ni aux paradis fiscaux. Le plus dur commence. »
 
Contacts :

Doha : Jean Merckaert,
CCFD-Terre solidaire,
j.merckaert@ccfd.asso.fr
+ 33 (0)6 81 84 30 64

Paris : Nathalie Perramon
n.perramon@ccfd.asso.fr
01 44 82 80 67

Communiqué de presse du 2 décembre 2008.
 

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