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Publié le 11 juin 2008

Rio Verde résiste

Rio Verde, capitale de l’agrobusiness de l’état de Goias, au centre du Brésil ? Oui, mais les autorités municipales ont décidé de mettre un frein à l’avancée de la culture de la canne à sucre. En cause, les menaces sur la diversité agricole de la région.

Paulo Roberto Cunha, le maire, a fait voter en 2006 une loi qui limite à 10 % la surface des terres cultivables de la commune pour la culture de la canne. Il s’agit de limiter les impacts de ce que le premier magistrat considère être « un danger pour la ville. »

Emplois précaires, euphorie économique passagère, problèmes sociaux, impacts sur l’environnement… Au-delà de la prévention des menaces, Paulo Roberto Cunha souhaite lancer le débat sur les risques d’un modèle économique « qui ne redistribue pas les richesses. »

Rio Verde, la ville qui résiste à la canne

Déterminé à devenir le leader mondial de l'éthanol, le Brésil consacre déjà plus de 6 millions d'hectares à la culture de la canne à sucre. Rio Verde, la ville qui résiste à la canne Pour répondre à une demande interne et externe en plein essor, une nouvelle usine devrait voir le jour tous les mois dans le pays d'ici à la fin 2010. Réputé pour la fertilité de ces terres, l'état de Goais, situé au centre du pays et surnommé le « grenier du Brésil », attire désormais les convoitises des investisseurs nationaux et étrangers En particulier autour de Rio Verde, une ville de 160 000 habitants, considérée comme la capitale de l'agrobusiness de l'état de Goais A l'entrée de la ville, un monument sur lequel figurent différentes scènes de la vie rurale célèbre d'ailleurs la diversité d'un monde agricole qui enrichit les propriétaires terriens locaux depuis plusieurs générations. Et c'est au nom de cette diversité agricole que Paulo Roberto Cunha, le maire de Rio Verde, a fait voter en 2006 une loi destinée à « mettre un frein à la culture de la canne à sucre. » Objectif ? Limiter à 10% des surfaces cultivables de la commune. Le maire affirme qu'il n'est pas contre la canne à sucre, mais contre son modèle économique. Nombre de propriétaires ont certes critiqué la légalité de cette loi, arguant du droit à la propriété privée. Pour Paulo Roberto Cunha, l'important est de freiner « l'avancée inquiétante » de la canne à sucre qui a déjà atteint les communes environnantes de Rio Verde... ...Et de lancer le débat sur les conséquences d'un modèle économique agricole « dont les richesses ne bénéficient pas ou peu aux populations locales. » En attendant, Paulo Roberto Cunha assure qu'il continuera à lutter pour le maintien de la diversité agricole.

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