Un avenir sans faim

Publié le 15.10.2015 • Mis à jour le 24.08.2016

Pour 4 Français sur 5, faim et changements climatiques sont liés

Journée mondiale de l’Alimentation : Le CCFD-Terre Solidaire, en partenariat avec La Croix, publie les résultats du sondage CSA "Les Français et la lutte contre la faim dans le monde"

Les résultats du sondage, réalisé par CSA, en partenariat avec La Croix, indiquent qu’une large majorité de Français considèrent que les changements climatiques ont un impact important sur la production agricole et la faim dans le monde.
Alors que 800 millions de personnes souffraient déjà de la faim en 2014, le CCFD-Terre Solidaire rappelle que 600 millions de personnes supplémentaires, pourraient souffrir de la faim en raison des changements climatiques si rien n’est fait d’ici 2080 [1].
En tant qu’organisation engagée dans la lutte contre les causes de la faim dans le monde, il rappelle que la prise en compte de la souveraineté alimentaire et du droit à l’alimentation est une condition indispensable au succès de toute action contre les dérèglements climatiques. Le CCFD-Terre Solidaire sera présent à Bonn dès lundi prochain pour la dernière étape des négociations avant la COP 21.

Changement climatique et faim dans le monde

D’un côté, une large majorité estime que le changement climatique a aujourd’hui un impact important sur la production agricole (79%), et considère que cela aura des répercussions importantes sur la faim dans le monde (72%). De l’autre, une majorité aussi large (81%) considère que la façon dont on cultive aujourd’hui les terres dans le monde peut avoir un impact sur le changement climatique.

La COP 21 ne peut ignorer la question de la faim dans le monde

Le CCFD-Terre Solidaire, suit les négociations climat depuis de nombreuses années. A l’occasion de la COP21 il rappelle que la lutte contre les dérèglements climatiques n’implique pas forcément la justice climatique. Pour cela, il est déterminant que toute action s’inscrive aujourd’hui dans le respect, la protection et la promotion des droits humains, dont le droit à l’alimentation.
En effet, riche du partage d’expériences avec ses partenaires du Sud engagés dans la lutte contre les dérèglements climatiques, dont il soutient les projets depuis plusieurs années, le CCFD-Terre Solidaire rappelle que des alternatives existent et sont déjà mises en œuvre : défense des agricultures paysannes et de la gestion durable des ressources par les communautés, valorisation des semences locales et traditionnelles, pratiques agroécologiques… seules à même de répondre au double défi de la lutte contre la faim et des changements climatiques.
Pourtant, la COP21 s’apprête à les ignorer. L’agriculture n’est jamais citée dans le document de base des négociations de la prochaine session organisée à Bonn. Et les notions de droits humains et de sécurité alimentaire ne sont pour le moment pas prises en compte dans ce qui relève de l’accord destiné à être signé en décembre 2015 pour une application en 2020.

Les pratiques agricoles à privilégier pour lutter contre la faim dans le monde sans impact négatif sur le climat

Les Français plébiscitent le développement de l’agroécologie (85%), la production d’aliments consommés localement (84%), le développement des petites exploitations familiales (80%). A l’inverse, ils considèrent qu’un certain nombre de pratiques agricoles auraient un impact négatif sur le climat : utiliser davantage de terres agricoles pour produire des agrocarburants (46% contre - 34% pour), utiliser des OGM pour avoir des cultures plus résistantes aux intempéries (67% contre, 15% pour), développer l’agriculture industrielle (79%), réduire la surface de la forêt (85%) ou utiliser des engrais et des pesticides (85%).

Les multinationales de l’agroalimentaire, peu crédibles pour lutter contre la faim

82% des Français estiment que les activités des multinationales de l’agroalimentaire dans les pays du Sud ne bénéficient pas aux populations contre 75% en 2014. Pour remédier aux impacts négatifs des activités de certaines multinationales, 71% d’entre eux pensent que l’État français devrait réglementer et contrôler l’accès des multinationales françaises aux ressources naturelles des pays du Sud (65% en 2014).

Attention aux fausses solutions et au greenwashing

Face à la multiplication des initiatives lancées aujourd’hui par certains États avec des multinationales de l’agroalimentaire pour lutter contre l’insécurité alimentaire, le CCFD-Terre Solidaire tire la sonnette d’alarme.
Alors que les négociations officielles ignorent l’agriculture, le « off » de la COP21 regorge de fausses solutions basées sur le greenwashing de pratiques dont on connait déjà les impacts négatifs sur les droits humains et la souveraineté alimentaire. OGM, intrants et pesticides chimiques, agrocarburants, recours aux marchés carbones pour la protection des forêts et des sols…
Les présidences française et péruvienne de la COP s’apprêtent à lancer à l’occasion de la COP21 un agenda des solutions (l’Agenda pour l’Action Lima Paris) afin de montrer que les entreprises et les villes sont déjà à l’œuvre dans l’action climatique. Pour le CCFD-Terre Solidaire, et 354 autres organisations de la société civile internationale, aucune initiative telle que l’Alliance Globale pour l’Agriculture intelligente face au climat participant au greenwahing des pratiques de l’agrobusiness ne devrait y figurer.
De même, toute initiative lancée concernant l’agriculture ou les sols ne devrait pas être liée aux marchés carbones au risque d’entraîner une spéculation sur les terres.
En France, le CCFD-Terre Solidaire soutient plusieurs propositions pour mieux encadrer les activités des entreprises multinationales en instaurant notamment dans le droit français un devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre à l’égard de leurs filiales et de leurs sous-traitants, pour éviter les dommages environnementaux et les atteintes aux droits humains.

Pour nourrir le mieux possible l’humanité d’ici 2030, les Français sont de plus en plus nombreux à privilégier un modèle agricole basé sur les petites exploitations.

87% des Français choisissent cette option (83% en 2014) contre 12% qui lui préfèrent une agriculture industrielle.
Depuis plusieurs années, les Français réaffirment leur soutien aux petites exploitations, les plus à mêmes de lutter durablement contre la faim. Un avis en cohérence avec le fait qu’ils placent la spéculation des marchés financiers sur les produits agricoles en tête des principales causes de la faim dans le monde (42% contre 39% en 2014).

L’agriculture familiale peut nourrir le monde

Le CCFD-Terre Solidaire rappelle que l’agriculture familiale produit 60% de l’alimentation dans le monde. Il soutient plusieurs centaines d’organisations à travers le monde qui développent des alternatives innovantes au modèle dominant.
La mise en œuvre de ces modèles paysans et agroécologiques atteste des capacités de ces alternatives, déjà reconnues par la communauté internationale et scientifique, à répondre aux défis de la faim et de la dégradation de l’environnement et au-delà à participer à d’autres modèles de société vers lesquels il faut désormais se tourner… Ce sont les agricultures familiales, paysannes et les pratiques agroécologiques qui doivent aujourd’hui bénéficier de soutiens politiques et financiers pour leur assurer un développement durable et garantir la souveraineté alimentaire des populations.

La faim dans le monde est toujours d’actualité

14% des Français pensent aujourd’hui que la situation s’améliore contre 8% en 2014. 47% pensent qu’elle n’évolue pas vraiment et 39% qu’elle se dégrade.

La publication du dernier rapport annuel de la FAO, indiquant une baisse du nombre de personnes souffrant de la faim à 795 millions, a sans doute eu un impact sur la perception des Français. Le CCFD-Terre Solidaire rappelle que 2 à 3 milliards de personnes sont régulièrement victimes de périodes d’insécurité alimentaire.

Télécharger les résultats du sondage CSA :

PDF - 1.1 Mo
Sondage CSA 2015

Retrouvez l’article de La Croix "Le changement climatique, nouveau défi contre la faim"

Contacts presse :
Véronique de La Martinière : 01 44 82 80 64 - 06 07 77 05 80
Karine Appy : 01 44 82 80 67 - 06 66 12 33 02

[1Selon le PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement)

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