Noël contre la faim

Publié le 9 juillet 2015

Porter des signes d’espérance

Une multitude d’alternatives

Une partie des bouleversements environnementaux en cours sont irréversibles. Ils sont peut-être aussi le « moment opportun » (kairos en grec) pour construire autre chose et redéfinir ensemble ce qu’est une « vie bonne » !
De nouvelles manières de faire, de s’organiser, de se déplacer, d’habiter, de consommer, de produire, de vivre-ensemble, témoignent d’une transformation porteuse de joie de vivre et d’espérance.

Agir individuellement

Choisir une alimentation qui provient des circuits-courts, plus proches de leurs lieux de production et des agriculteurs paysans, permet de réduire les kilomètres parcourus, de développer une économie locale et socialement équitable.
C’est le cas des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), dont la majorité pratique une agriculture biologique et où la solidarité prime avec le producteur. Le consommateur achète à l’avance une part de la récolte sur une longue durée, en retour l’agriculteur s’engage à fournir, à un prix fixe, des produits respectant une charte de qualité.
Les jardins solidaires permettent aussi de promouvoir l’accès du plus grand nombre à une alimentation de qualité et peu coûteuse, tout en ayant un impact faible sur le climat.
AMAP et jardins sont parfois l’occasion de soutenir des activités de réinsertion et d’éducation, de contribuer à de nouvelles solidarités. Les jardins solidaires permettent aussi de promouvoir un accès du plus grand nombre à une alimentation de qualité et peu coûteuse, tout en ayant un impact faible sur le climat. Une alimentation moins riche en viande permet également de réduire les émissions de GES.

Dans l’habitat, il est possible de réduire ses consommations d’eau et d’énergie par des changements de pratiques ou des travaux, de choisir ses matériaux de construction en prenant en compte leur provenance et leurs composants.
On peut opter pour un autre fournisseur d’énergie – Enercoop, par exemple, est une coopérative qui fournit une électricité issue d’énergies renouvelables - ou encore aller vers de « l’habitat partagé », où la mise en commun de certains équipements et consommations devient plus facile.
La logique est la même en ce qui concerne la mobilité, le jardinage, le bricolage ou les textiles : il s’agit de réduire notre impact en consommant moins et en produisant autrement, la technique n’étant qu’une partie de la solution.
Le pedibus (forme de « bus » de ramassage scolaire piéton), les transports en communs, l’auto-partage, le co-voiturage, les repair cafés, les plateformes d’échanges… permettent de mutualiser les usages, de réduire les dépenses des ménages et bien souvent de renouer des liens sociaux.

Bien sélectionner sa banque c’est aussi choisir ce que l’on fait de son épargne ; les banques sont nombreuses à investir dans des activités très polluantes. La Nef, le Crédit coopératif (et autres) proposent davantage d’utiliser vos dépôts pour des activités socialement utiles (environnement, éducation, insertion…) et de vous en rendre compte.

Agir collectivement

Au-delà des écogestes, toutes ces initiatives menées en tant que citoyens et « consom’acteurs » auront davantage de portée encore si elles sont reprises par vos institutions, administrations et entreprises. Il s’agit aussi de modifier notre organisation collective, nos infrastructures, afin de nous rendre moins captifs d’un mode de vie insoutenable.
Le conseil œcuménique des Églises et d’autres organisations confessionnelles ont par exemple « désinvesti [1]" leurs placements des industries exploitant des énergies fossiles. D’autres interviennent, en tant qu’actionnaire, pour interpeller les dirigeants notamment sur les pratiques et investissements de leur entreprise lors de l’assemblée générale.

Des municipalités, comme la commune de Loubeyrat ou la ville de Saint Etienne, s’engagent à fournir une alimentation issue de l’agriculture biologique dans leurs restaurants scolaires.
Des villes comme Grenoble, Metz ou Elbeuf, se sont saisies des régies municipales pour être approvisionnées en électricité par des entreprises locales, leur laissant le choix du type d’énergie qu’ils distribuent.
Les monnaies locales comme l’Eusko au Pays basque, le Sol Violette à Toulouse et la Pêche à Montreuil, peuvent redynamiser l’économie locale et favoriser les circuits-courts : leur utilisation étant restreinte sur un territoire et leur épargne impossible, elles font vivre l’économie réelle et évitent toute spéculation.

Par ailleurs, des collectifs et des réseaux mettent en lien ces différentes initiatives portées par les citoyens sur les territoires afin de leur donner une cohérence et de montrer qu’elles participent à la construction d’une société plus conviviale. Le réseau Alternatiba (www.alternatiba.eu) organise par exemple des « villages d’alternatives » sur des territoires en particulier.

Ces solutions ont certainement des contradictions auxquelles il faut être attentif. Cela n’affaiblit pas leur pertinence : elles cherchent à faire société autrement, à trouver l’unité sans uniformité.

Questions pour un partage :
Voyez-vous des expériences autour de vous qui changent notre façon de vivre et qui sont porteuses d’espérance ?
Quel pas suis-je personnellement prêt à faire et à encourager autour de moi dans mon quartier ou sur mon lieu de travail ? Et jusqu’où j’accepte d’aller ?

Listes d’alternatives et guides :

www.colibris-lemouvement.org
www.tourdefrancedesalternatives.fr
www.bastamag.net/La-carte-de-France-des
www.spirale.attac.org
www.mescoursespourlaplanete.com/Labels/
http://www.rac-f.org/Sensibilisation-information-du
www.123veggie.fr
www.ademe.fr
www.350.org
http://coalitionclimat21.org/

[1La campagne pour le désinvestissement, initiée par l’association 350.org, vise à pousser les détenteurs de capitaux à se défaire de leurs investissements dans les entreprises liées à l’exploration ou à l’exploitation des hydrocarbures (pétrole, charbon et gaz naturel).

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