CCFD-Terre Solidaire

Images contre clichés

On peut se lamenter en se persuadant qu’Amérique du Sud rime avec ghettos, drogues et violence, Afrique avec famine, corruption et guerre. Les clichés ont la vie dure !

Et si le premier des clichés n’était pas de penser que nous ici avons toujours raison, que nos solutions sont universelles ? Les clichés empêchent de penser, de voir le monde autrement. Nous vous proposons ici quelques images pour démonter des clichés trop répandus.

« Les pauvres n’ont pas d’idées »

Faux : non seulement, les paysans de la FENACOOP au Nicaragua ont des idées, mais ces idées rapportent…bien plus que des subventions. Associer agriculture biologique et tourisme solidaire et responsable, il fallait y penser, pour un développement local et durable.


«  Le problème de l’Afrique, c’est le climat, le manque d’eau.  »

Faux : la spéculation, la concurrence de l’agriculture intensive des pays du Nord et le manque d’infrastructures sont les véritables responsables de la famine en Afrique. Mais c’est tellement plus rassurant de se dire que c’est la faute à la nature et qu’on ne peut rien y faire.

Afin de lutter contre la faim, l’OSRA, partenaire du CCFD-Terre Solidaire en Ethiopie, a mis en place des banques de céréales, reléguant les intermédiaires et les spéculateurs à la marge…la suite en photos.

Une des banques de céréales montée par l'association vient de recevoir du matériel lui permettant de peser les récoltes apportées par les paysans. Ce type de matériel leur permet d'acheter les productions des paysans à un prix juste pour ensuite les revendre sur le marché lorsque les coûts sont les plus intéressants. Cependant, plus que les conditions climatiques difficiles, la spéculation et la multiplication des intermédiaires ont accéléré et largement accentué la famine. Pour survivre entre deux récoltes, les paysans sont contraints de racheter près de 20% plus cher une partie des céréales qu'ils avaient vendus quelques mois plus tôt. Pour y remédier, l'OSRA s'est donné pour mission d'aider les communautés rurales pauvres dans leur effort vers un développement local qui soit durable en mettant en place notamment des banques de céréales, des entrepôts à grains ou encore des formations. Afin que le développement soit durable l'OSRA a également mis en place un programme de formation. Les paysans ont ainsi la possibilité d'acquérir de nouvelles connaissances en matière de gestion, de contrôle qualité ou encore de secrétariat. Par cette voie, l'association garantit la sécurité alimentaire des paysans éthiopiens tout en leur permettant de rester acteurs de leur propre développement. Le bureau de l'association procède pour la première fois à des achats de grains auprès de ses producteurs. Ces grains seront ensuite stockés dans des entrepôts construits par l'association afin de réguler le niveau des ventes et d'éviter les pertes en cas de catastrophe naturelle. Pour que le désastre des années 1980 ne se reproduise jamais. Au milieu des années 1980, le monde entier découvre un pays en proie à des sécheresses persistantes. L'émotion internationale provoquée par les images de la famine est intense. L'Ethiopie devient alors le symbole planétaire de la faim dans le monde.

« Le service à la personne est un privilège d’économie développée »

« L’économie sociale et solidaire : un truc de bobos ? » Et non, dans les bidonvilles de Bombay, ces initiatives économiques répondent à des besoins précis. Confectionner et porter des repas aux employés des bureaux du centre de Bombay ? C’est désormais possible grâce à la création d’une société qui permet à des femmes de gagner en 8h deux fois plus que ce qu’elles gagneraient en 10h dans une entreprise ordinaire.


« Les techniques traditionnelles sont dépassées »

Le cliché roi : notre société occidentale est tellement persuadée que les progrès techniques solutionnent tout et que le passé n’a sa place que dans les musées.

Ce n’est pas l’industrie agro-alimentaire qui parviendra seule à nourrir les quelques 10 milliards d’habitants que comptera la planète en 2050.

Lutter contre la faim et la sécheresse en valorisant les savoirs-faires ancestraux ? L’AS-PTA, partenaire du CCFD-Terre Solidaire au brésil a remis au goût du jour des systèmes d’irrigation traditionnels utilisés par des générations de paysans.

Nordeste. 13° Sud / 38° Ouest. 1.5 millions de km². 50 millions d'habitants. Climat semi-aride. Synonyme de pauvreté et de famine. Les périodes de sécheresse entrainent l'exode de milliers de paysans vers les favelas des grandes villes. Pour pallier à cette situation une association locale a mis en place différentes actions complémentaires issues de techniques ancestrales. L'AS-PTA (Conseil et Service – Projet de Technologie Alternative) met en œuvre des actions de développement durables : culture écologique de maïs, de pommes de terre, captation d'eau, irrigation, utilisation de techniques traditionnelles. L'association aide les petits producteurs à relancer l'agriculture familiale, la seule à même de stabiliser de façon durable les populations et d'assurer leur subsistance. Carmen pose devant une des dernières réalisations de l'association, une citerne en ciment de 15000 litres, facile à construire et à entretenir. Cette petite citerne lui permet de récupérer et gérer l'eau destinée à la consommation quotidienne de sa famille. Aujourd'hui, elle n'est plus dépendante des camions-citernes qui l'approvisionnaient auparavant. Pour que Carmen puisse abreuver ses bêtes et irriguer ses cultures, l'AS-PTA a remis au gout du jour des expériences issues de techniques ancestrales. En plantant des arbres le long des ruisseaux et en construisant des réservoirs souterrains, l'association permet aux producteurs de disposer tout au long de l'année des réserves d'eau nécessaires à leurs activités. Pour soutenir un développement durable, l'AS-PTA utilise l'expérience des anciens et met en œuvre des techniques traditionnelles d'irrigation et de cultures adaptées à la sécheresse et dont l'efficacité n'est plus à prouver. Pour que les paysans puissent vendre leurs productions écologiques dans de bonnes conditions, l'association participe à l'organisation de 5 grands marchés régionaux très animés. Et le Nordeste retrouve ses couleurs !
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