Un avenir sans faim

Publié le 20.06.2017 • Mis à jour le 22.06.2017

Migrants : nos politiques doivent s’inspirer des initiatives citoyennes

Prise de position de Sylvie Bukhari de Pontual, présidente du CCFD-Terre Solidaire

Nous avons célébré le 20 juin la Journée mondiale des réfugiés. Et à première vue, nous n’avons aucune raison de nous réjouir. Les discours de haine et de stigmatisation gangrènent le débat public, encore amplifiés par la campagne électorale. Ils associent, encore et toujours, les migrants au chômage, à la délinquance, au terrorisme… Et pourtant une France solidaire et accueillante existe. Les politiques pourraient s’en inspirer...

Deputies Welcome ! Les politiques doivent s’inspirer de l’élan citoyen de solidarité Mardi 27 juin 13:00-15:00 Assemblée nationale

Point de réjouissance du côté des politiques européennes qui privilégient la gestion répressive des migrations internationales. Y compris en France où, très récemment, le Défenseur des droits dénonçait à Calais une « traque aux migrants » et exhortait les autorités à ne pas s’obstiner dans ce qui s’apparente « à un déni d’existence des exilés ».
Car, très loin de promouvoir, une politique d’accueil et de dignité, comme l’avait promis Emmanuel Macron pendant sa campagne, le nouveau gouvernement semble avoir pour premier objectif de « tarir le flux d’arrivées », selon les mots du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

A trop écouter la musique de la peur et à vouloir rassurer une partie de l’électorat, nos politiques s’enfoncent dans un déni profond : celui de croire qu’il est possible d’empêcher des hommes et des femmes, poussés au départ par les guerres, les changements climatiques et la misère, de chercher à protéger leurs enfants et de construire un avenir.
Cette illusion dangereuse, nous le savons, se paie au prix de milliers de vies perdues sur les chemins de l’exil, en mer et sur les routes.

Nous sommes convaincus que seul un accueil digne et solidaire permettra d’inventer, avec les migrants, des alternatives aux politiques en vigueur. Car s’il y a bien un espoir et un motif de joie, il se trouve de côté-là.
Au CCFD-Terre Solidaire, qui soutient en France des collectifs d’aide aux migrants, nous sommes témoins d’un véritable élan de générosité qui fait mentir celles et ceux qui voudraient nous faire croire que les Français ont irrémédiablement choisi le repli identitaire et la fermeture à l’autre.

Une France solidaire et accueillante existe

Une France solidaire et accueillante existe. Elle est composée de dizaines de milliers de personnes, bénévoles, salariés, retraités, étudiants qui, dans des associations, avec des collectivités locales ou même individuellement, sont mobilisées auprès des migrants.
Pour leur offrir un logement digne en leur ouvrant leurs maisons, les aider dans leurs démarches auprès des autorités, leur enseigner la langue et la culture françaises.
Les initiatives foisonnent : des associations lancent des réseaux d’hébergement citoyen, d’autres s’emploient à valoriser les savoir-faire des migrants pour changer le regard que la société pose sur eux et les aider à s’insérer professionnellement.
Ce sont parfois des villages entiers qui s’organisent pour les accueillir et les intégrer.

A lire le reportage : Accueillir un demandeur d’asile chez soi

Et les procès intentés contre des dizaines de militants pour « délit de solidarité », comme celui de Cédric Herrou, n’ont pas découragé cet élan. Ni même le démantèlement de la jungle de Calais qui a dispersé les migrants sur tout le territoire.

Pour mesurer cette solidarité, il suffit de regarder la carte dressée par le Sursaut Citoyen, auquel participent activement le CCFD-Terre Solidaire et ses équipes locales, qui recense déjà plus de 1034 initiatives citoyennes, aux quatre coins de la France, de la vallée de la Roya à Calais en passant par Paris.

Il est essentiel de rendre visible cette solidarité. Parce que les actes posés par ces hommes et ces femmes, disent autre chose de la vision de la France et méritent d’être pleinement pris en considération par nos nouveaux élus.
Ils nous montrent que nous pouvons transcender nos peurs, en une dynamique collective et constructive. Ils réussissent là où l’action publique a échoué et peuvent aujourd’hui aider à élaborer des politiques alternatives, fondées sur la dignité et respectueuses des droits humains.

Mobilisons nous ! Pour le faire savoir, ces hommes et ces femmes engagés seront d’ailleurs présents, le 27 juin prochain, devant l’Assemblée nationale quand les nouveaux députés prendront leurs fonctions. Ce formidable sursaut citoyen est un véritable rempart contre les populismes et une chance que nos politiques doivent saisir.
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