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Fiches pédagogiques

Fiche 6

Regarder ensemble, mais différemment

Objectifs de l’animation

  • Faire prendre conscience que chacun des acteurs du projet ne porte pas le même regard sur la réalité qui les réunit ;
  • Définir ensemble des objectifs qui peuvent être différents.

Ressources nécessaires

Des images à illusion d’optique (image de Freud, le dessin vase noir/profils blancs, et différentes figures) à se procurer sur le site : http://tecfa.unige.ch/tecfa/teaching/UVLibre/9900/bin26/illusion.htm

Temps nécessaire

1 heure

Notions clés abordées

Difficile de voir ce que voit l’autre. De plus, ce qu’on a vu une fois de telle façon, masque le regard nouveau qu’on voudrait porter sur les choses, sur autrui. Étudier les différentes facettes d’une même réalité démontre qu’on ne peut obtenir toute la vérité en une seule fois, en un seul regard.
On a envie de voir ce qu’on souhaite voir et on ne comprend que ce que l’on peut voir. Ici, on pourra ne lire d’une image que ce que l’on craint, en voilant ainsi une réalité peut-être plus souriante.

Points d’attention pour l’animateur

Cet exercice doit permettre de mieux admettre qu’une même réalité peut apparaître très différente selon les personnes, ou selon les moments.
Reste ensuite à appliquer cette prise de conscience à :

  • la réalité du groupe lui-même (diversité des attentes, des motivations et donc, du regard porté sur le projet lui-même, cf. « Des Motivations pour un projet ») ;
  • la construction du partenariat.
    Dans tous les cas et à tout moment, ne jamais oublier que nous ne
    voyons pas forcément les mêmes choses, que nous n’avons pas les
    mêmes attentes ni les mêmes priorités !

Déroulement de l’animation

Première étape
Prise de conscience des différences de regard à partir d’images à illusion d’optique récupérées sur le site internet précédemment cité. Utiliser l’un ou plusieurs des petits exercices ci-dessous. Donner autant d’images que de participants.

L’image de FREUD

Un dessin représente une jeune et jolie femme élégante jusque dans le chignon à aigrettes, le menton levé à la conquête du monde. Mais on peut aussi voir, dans les mêmes traits de crayon, le visage d’une vieille femme, tourmenté, aigri, encapuchonné dans un foulard.

  • le groupe observe l’image et note ce qu’il y voit (5 mn) ;
  • chacun expose ce qu’il a vu. Faire ressortir les deux visions de la même image ;
  • chacun doit alors s’efforcer de voir l’autre version et, tour à tour, les deux possibilités. Il est souvent très difficile de trouver l’autre version ou de retrouver la première : l’image de Freud donne ainsi deux aspects contradictoires du visage féminin. Elle peut faire comprendre la lecture que fait chacun de l’âge, de la beauté, de la femme et de sa place dans le monde.

L’image « vase noir ou profils blancs »
Cette image propose moins de connotations psychologiques ou émotionnelles que la précédente : on y voit des gens ou une chose, un plein ou des vides, peu importe ! Procéder de la même façon que précédemment.

Figures géométriques
Chacune reprend une ligne ou un cercle qui ont exactement la même dimension. C’est le contexte environnant qui nous en donne une autre perception, nous donne l’impression qu’elle est plus grande ou plus petite.
On retient de cet exercice qu’une même réalité peut se lire de plusieurs façons. Chacune est exacte, au moment où elle est perçue aucune n’est cachée ou révélée : c’est à chacun d’entre nous de se convaincre qu’il existe une réalité complexe, plus vraie dans sa complexité que dans notre approche personnelle, ponctuelle, unique et simplifiée.

Seconde étape : préciser avec le partenaire les objectifs
Plusieurs regards face à une même réalité : les choses sont bien plus complexes qu’un dessin lorsqu’il s’agit de rencontrer un partenaire d’une autre culture. Les motivations et donc, souvent les objectifs sont déjà divers entre les membres du même groupe. Il en sera forcément de même avec le partenaire en tant qu’institution (association ou autre) et avec chacune des personnes que le groupe est amené à rencontrer. Il importe donc de définir ensemble (au moins le groupe avec le partenaire) les objectifs du projet.
Pour cela, il s’agit de distinguer la finalité (le sens) du projet des objectifs à atteindre (moyens et modalités).
Il est normal que les objectifs de chacun soient différents. On ne voit pas les choses à l’identique et les attentes sont rarement les mêmes. Le tout est de les exposer clairement et de les rediscuter régulièrement au fur et à mesure de l’évolution du projet. Cela permet aussi de faire une évaluation à différents moments.

  • Être au clair entre membres du groupe sur les attentes de chacun et définir un projet commun (cf. étape « Des motivations pour un projet »).
  • Rentrez en relation avec les partenaires possibles, faire un choix et bâtir la relation dans la continuité dans les mois qui précèdent le départ. Le partenaire doit être impliqué dans la construction générale du projet.
  • Attention à la première prise de contact !
  • Pour rendre les objectifs opérationnels, 3 questions à se poser : comment atteindre le but fixé (contenu et déroulement des activités) ? avec qui ? quels seront les rôles et responsabilités de chacun ?
  • Sur place, ne pas craindre de faire le point régulièrement avec le partenaire. Noter les écarts avec les objectifs initiaux, afin éventuellement de les faire évoluer ou d’intervenir sur le déroulement du séjour pour s’adapter à la réalité. Le projet prend là réellement vie.
  • Au retour, faire une évaluation (facilitée puisque menée au fil du temps).