Publié le 25 novembre 2014

Le CCFD-Terre Solidaire soutient plusieurs associations en Afrique du Sud

Seconde puissance économique africaine après le Nigeria, l’Afrique du Sud compte 52 millions d’habitants. Le pays, longtemps dominé par sa minorité blanche, 9% de la population pour 79 % de Noirs et 9 % de métis, a rompu avec la politique de l’apartheid en 1991 – date officielle de la suppression des lois du régime de « développement séparé ».

Mots-clés :

La souveraineté alimentaire

Le secteur agricole contribue au PIB sud-africain à hauteur de 1,9% et emploie moins de 5 % de la population active. Il se caractérise par un dualisme prononcé. D’un côté, des exploitations commerciales à vocation exportatrice se trouvent encore largement aux mains de 50 000 fermiers blancs, qui détiennent 80% des terres arables et emploient 400 000 ouvriers agricoles noirs et métis. De l’autre, des petits fermiers noirs et métis pratiquent une agriculture vivrière de subsistance, concentrés dans les zones qui correspondent aux anciens “bantoustans”, qui servaient sous l’apartheid à parquer les populations par groupes ethniques, notamment dans le Transkei (actuelle province du Cap-Oriental), le Kwazulu (Kwazulu Natal) et le Bophutatswana (actuel Nord-Ouest).

Le gouvernement avait pour objectif de voir 30 % des terres passer entre des mains noires en 2014, mais la réforme agraire piétine. Seulement 6 millions d’hectares ont été transférés à des propriétaires noirs depuis 1994 et 82 millions d’hectares restent aux mains d’exploitants blancs. La pauvreté dans les campagnes pousse encore et toujours à l’exode rural, même sans perspective d’emploi dans les villes. Les meurtres de fermiers blancs (au rythme de 100 par an depuis 1994) ont par ailleurs incité nombre de familles à s’implanter ailleurs en Afrique - en RDC, au Malawi et au Mozambique. Enfin, le pays est devenu le huitième producteur mondial de cultures OGM (maïs, coton, soja) et s’oriente vers l’augmentation de la production de biocarburants, menaçant d’autant plus la sécurité alimentaire. Le taux de malnutrition sévère s’établit à 7,8 % de la population en 2013, lié à la pauvreté.

Promotion d’une économie sociale et solidaire

Le chômage touche 24.1% de la population en 2013, selon les chiffres officiels, un taux qui passe à 35% si l’on inclut les personnes qui ont renoncé à chercher un travail. Ce fléau reste le principal problème de l’Afrique du Sud. Il frappe surtout les jeunes (65 % des 15-24 ans) et les Noirs (29%, contre 5% des Blancs). Le taux de prévalence du virus HIV (12,3 % de la population) et le manque de qualifications aggrave la situation sur le marché de l’emploi. Sur 6.4 millions de personnes vivant avec le Sida, seulement 2 millions ont accès à un traitement antirétroviral.
Avec 9 millions d’arrivées en 2013, l’Afrique du Sud est devenue la première destination touristique africaine. L’essor du tourisme et de l’industrie automobile n’ont cependant pas suffi à relancer l’emploi. Jusqu’à présent, aucune solution à long terme n’a été proposée et la situation s’est tendue sur le plan social avec l’impact de la crise financière de la fin 2008. Au lieu des 500 000 emplois promis par le président Jacob Zuma, élu en 2009, ce sont autant de postes qui ont été supprimés. Les grèves et les émeutes se multiplient, amplifiées par le massacre de 34 mineurs grévistes par la police à Marikana, en août 2012. De violentes émeutes ont éclaté en octobre 2012 dans les fermes de la province du Cap-Occidental. Du coup, la force de travail est de plus en plus considérée comme un risque politique par les employeurs, qui licencient dans les mines et les fermes, pour mécaniser leurs activités.

Les migrations internationales

L’Afrique du Sud attire un grand nombre de migrants économiques. Selon le recensement de 2011, la part des citoyens “non Sud-Africains” s’élève à 3,3% de la population (soit 1,7 million de personnes). En 2012, quelque 141 000 permis de séjour temporaires, à 23 % des permis de travail, ont été délivrés en 2012 à des Zimbabwéens, des Nigérians, des Indiens, des Chinois et des Pakistanais.
L’Afrique du Sud a durci sa politique d’immigration, et procède à des expulsions massives de clandestins venus des pays voisins, notamment du Mozambique et du Zimbabwe. Des émeutes xénophobes ont éclaté en 2008, dirigées contre des étrangers perçus comme des concurrents sur le marché du travail. A l’inverse, un nombre important de professionnels de la santé, de l’informatique, de l’enseignement et de l’ingénierie s’expatrient en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, en quête de meilleurs salaires à l’étranger. Une fuite des cerveaux qui ne concerne pas que la minorité blanche, et qui reste un sujet sensible, sur lequel le gouvernement se refuse à publier des statistiques.

Le partage des richesses financières

Malgré la croissance et les politiques sociales mises en œuvre dans les domaines du logement, de la santé et de l’éducation, la pauvreté reste endémique (42% de la population). Une nouvelle classe moyenne noire est apparue, de même qu’une bourgeoisie d’affaires étroitement liée au pouvoir. Les inégalités de revenus vont en se réduisant, mais selon le recensement de 2011, les ménages noirs gagnent encore, avec une moyenne 6 000 euros par an, six fois moins que les ménages blancs.
L’Afrique du Sud a reculé de 35 places dans le classement IDH entre 1990 et 2014 (à la 121ème place) et se distingue au second rang après la Namibie dans la liste des pays les plus inégalitaires au monde, dressée chaque année par la Banque mondiale sur le coefficient de Gini.

Deux économies coexistent en Afrique du Sud, le seul marché émergent du continent africain : une économie dynamique tournée vers les exportations, et une économie informelle de survie. Ces inégalités se ressentent particulièrement dans l’accès aux ressources naturelles, à l’éducation et au système de santé. La corruption vient aggraver le manque d’efficacité des stratégies gouvernementales destinées à réduire la pauvreté.

Le CCFD-Terre Solidaire est présent en Afrique du Sud depuis 1972 et concentre son action dans trois provinces : le Cap-Occidental, le Cap-Oriental et le Kwazulu-Natal. Nos partenaires y sont nombreux : AIDC (voir le site d’AIDC), Aresta (voir le site internet d’Aresta), JOCI-JOC, le Centre Sinomlando (Memory Box), SPP, Ujamaa, CPLO, et Tembeka.

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