Publié le 20.06.2011 • Mis à jour le 09.11.2015

Accès à la terre et au développement d’activités agricoles

La question foncière reste un sujet sensible en Afrique du Sud. En 1998, le gouvernement a lancé le programme LRAD (Land Redistribution for Agricultural Development) visant à enclencher un processus de redistribution des terres.

L’objectif était de réaliser le transfert de 30% des terres cultivables à la population noire d’ici 2014 mais, face à la lenteur du processus, cette date a déjà été repoussée à 2025. Aujourd’hui, 50 000 fermiers blancs détiennent toujours plus de 70% des terres agricoles et seules 4% des terres ont été redistribuées.

Le projet d’appui à la réforme agraire et au développement d’activités agricoles dans le Hantam Karoo

Dans le Hantam Karoo, région semi-aride située dans la province du Cap-Nord où la principale activité agricole est l’élevage d’ovins, la terre productive reste essentiellement aux mains de grands fermiers commerciaux. Les municipalités disposent de surfaces considérables de pâturages (appelées « commonages ») mais celles-ci restent le plus souvent louées aux fermiers blancs.

Beaucoup d’habitants de cette région ont été dépossédés de leurs terres et luttent non sans mal pour conserver leurs troupeaux. SPP les aide à s’organiser et à sécuriser leur accès à la terre. Le projet de notre partenaire SPP, co-financé par l’Union Européenne, a pour objectif principal de réduire la pauvreté dans le Hantam Karoo en travaillant à l’amélioration du niveau de vie des petits paysans de cette région. SPP facilite l’accès à la terre des petits paysans et leur permet d’y développer de façon durable des activités agricoles rentables.

Dans cette région où 63% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, les alternatives aux activités agricoles ou péri-agricoles sont limitées. C’est pourquoi la lutte contre la faim et contre la pauvreté doit passer par un développement rural plus équitable, une redistribution des terres et de nouvelles méthodes de production. SPP travaille avec des petits producteurs locaux regroupés dans 27 associations paysannes, composées pour moitié de femmes.

Au total, 800 à 900 fermiers seront accompagnés, portant le nombre de bénéficiaires indirects à plus de 4300 personnes soit près de 9% de la population de la région. Les activités de SPP portent aussi bien sur la formation des fermiers émergents aux pratiques agro-écologiques et aux techniques agricoles qui minimisent les impacts environnementaux négatifs que sur la diffusion d’informations relatives au processus d’accès à la terre et aux procédures légales. Les lenteurs administratives et la réticence à la fois des autorités locales et des propriétaires fonciers rendent le travail de SPP lent et fastidieux mais, grâce à la persévérance et à la motivation de ses équipes, des résultats positifs et encourageants se multiplient.

Des activités de plaidoyer efficaces

A travers un processus d’éducation citoyenne et de mobilisation sociale, SPP soutient l’émergence d’organisations locales et de mouvements d’agriculteurs qui se réapproprient la terre dans une perspective durable, participant ainsi à la réforme agraire mais également à un changement social plus profond. Le renforcement des compétences des paysans en matière d’organisation, de négociation et de résolution de conflits est essentiel pour SPP, afin de leur permettre de construire collectivement des modèles d’entreprises agricoles, performants et durables.

SPP publie également de nombreux documents et études sur la réforme agraire en Afrique du Sud et les modes de production durables, tel qu’un guide à destination des petits agriculteurs pour débuter une activité d’élevage et d’agriculture biologique ou encore un manuel de sensibilisation contre les OGM. SPP réalise également des campagnes de mobilisation au niveau national, comme la Campagne pour la souveraineté alimentaire et le droit à la réforme agraire qui a porté sur la scène nationale les revendications des petits agriculteurs. 

Pour plus d’informations, consulter le site de SPP.

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