Noël contre la faim

Publié le 24.08.2011 • Mis à jour le 19.09.2013

Programme d’accès à l’eau

Un système de bornes de fontaine dans un village enclavé a amélioré radicalement la vie quotidienne de la population.

Ankober a été la capitale d’un royaume d’Ethiopie. Enclavé, délaissé par les quelques efforts de développement du pays, laissé sans eau ni électricité, Ankober s’appauvrissait dans un pays parmi les plus pauvres du monde.

L’accès à l’eau était particulièrement pénible.

Les sources d’eau se situent dans la vallée et le village est perché tout au-dessus. Les adultes se souviennent qu’enfants, avant d’aller à l’école, ils devaient passer jusqu’à trois heures chaque matin pour aller chercher les 10 litres d’eau nécessaires aux premières heures de la journée.

« Il fallait s’éclairer à la torche. Les filles se faisaient agresser sur le chemin escarpé. Les élèves somnolaient en classe. »

Exposées à toutes les contaminations, les sources d’eau étaient aussi des foyers de maladies et disséminaient thypoïde, dyssentries et parasites intestinaux. Le bureau de développement de l’Eglise catholique d’Addis Abeba a choisi d’intervenir dans ce contexte pour enrayer cette malédiction de l’Histoire, grâce à la mise en œuvre d’un programme d’accès à l’eau.

Le bureau de développement de l’Eglise catholique d’Addis Abeba

Dans un pays dont la tradition chrétienne remonte au VIème siècle (avant même la conversion de l’Empire romain à la nouvelle religion), les catholiques ne sont que quelques dizaines de milliers. L’Eglise a néanmoins une importante activité de développement. Notamment autour de l’accès à l’eau. C’est un partenaire du CCFD-Terre Solidaire depuis 1994.

L’initiative

Des installations de captage ont été disposées sur le trajet des sources. Un système de canalisation achemine l’eau jusqu’à sept bornes fontaines dans le village, mises en route en septembre 2004. Elles sont ouvertes deux fois par jour pour que les familles puissent venir s’approvisionner à côté de chez elles. Les paysans autour du village ont eux accès à quelques fontaines proches de leurs maisons. Un comité d’utilisateurs a été formé avec l’ensemble des habitants du village pour gérer l’entretien des installations et les recettes des pompes. Dix emplois ont été créés. L’épargne permettra de construire de nouvelles fontaines.

L’impact

L’arrivée de l’eau a radicalement changé la vie d’Ankober. Aller chercher de l’eau tous les jours ne prend plus des heures, la propreté des citernes est surveillée et si les maladies liées à l’eau ou à l’hygiène ne sont pas éradiquées totalement, globalement la situation sanitaire s’est nettement amélioré. Le patrimoine historique et le cadre grandiose d’Ankober se prêtent à une petite activité touristique. Un hôtel s’est ouvert prêt du lieu de l’ancien palais royal. Avant l’installation des bornes, l’approvisionnement en eau accaparait 10% du chiffre d’affaire. Le coût est divisé par dix et l’eau arrive en permanence dans les chambres. Le petit hôtel-restaurant du centre ville a obtenu l’accord du comité d’utilisateurs pour disposer d’une ligne directe. Il pourra bientôt disposer de sanitaires et de douche avec l’eau courante.

Déjà, les économies réalisées sur le transport de l’eau, ont permis d’investir dans une machine à café. Désormais, plus de visiteurs viennent et restent à Ankober. L’activité économique de l’ensemble du village s’en ressent et les jeunes se disent aujourd’hui disposés à rester, plutôt que de descendre dans les villes de la vallée pour trouver de meilleures conditions de vie.

L'eau change la vie à Ankober La province du Choa est une région verte, bien éloignée de l'image désertique associée à l'Ethiopie. Les paysans vivent au plus près des leurs terres, dans des petites fermes. Les techniques agricoles n'ont guère changé depuis des siècles. « La seule différence avec la vie de mes parents, c'est que j'ai moins de terre et que mes enfants vont à l'école ». Un paysan d'Ankober, 48 ans. Le souvenir des famines liées aux bouleversements politiques du pays est encore frais dans les mémoires Ankober était autrefois la capitale d'un des royaumes d'Ethiopie. La place du marché d'Ankober. Les petits métiers d'appoint sont nécessaires pour compléter le revenu des paysans. Une des citernes du dispositif construit par le bureau de développement de l'Eglise. Un des sept points d'eau d'Ankober, ouvert deux fois par jour (matin et après midi). Chaque utilisateur paie un droit d'accès à la fontaine qui alimente un fonds utilisé pour financer l'entretien et le développement Avant la construction des fontaines, il fallait plusieurs heures par jour pour aller chercher l'eau à la source. Les enfants passaient les premières heures de la journée à aller chercher l'eau. Trop fatigués, certains s'endormaient ensuite à l'école. L'eau de la source était un lieu de propagation de maladies (typhoïde, parasites intestinaux...). Le système actuel permet de garantir la qualité sanitaire de l'eau. Des petits porteurs approvisionnent le principal café du village. Le propriétaire du café a pu investir dans une machine à café et demande à bénéficier d'une ligne directe pour les sanitaires de l'hôtel. L'hôtel touristique sur les hauteurs d'Ankober offre désormais l'eau dans les chambres. Promis à l'abandon, le village d'Ankober est aujourd'hui attractif et peut valoriser son patrimoine historique.

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