Un avenir sans faim

Publié le 04.03.2005 • Mis à jour le 09.07.2012

Adama Aïssa Tall, Mali

Conforter les liens entre Sahéliens des campagnes et des villes.

Conforter les liens entre Sahéliens des campagnes et des villes.

Paris, le 4 mars 2005

Le programme de transformation des céréales locales que notre ONG - Afrique verte – a lancé en 2002 est en plein essor. Fin 2003, on ne comptait que cinq groupements de femmes dans la capitale. Aujourd’hui, 35 associations sont actives, et parmi elles de petites entreprises et des coopératives féminines, réparties dans les six communes du district de Bamako.
L’activité répond à un double besoin. D’une part, les débouchés existent, car beaucoup de familles de la capitale n’ont plus le temps de se consacrer à la préparation du déjeuner. Elles recherchent alors une alimentation nourrissante et bon marché. D’autre part, dans les quartiers périphériques, les femmes des milieux modestes, qui assurent la charge des enfants, sont les premières marginalisées. Elles s’en sortent grâce aux revenus tirés de la transformation des céréales. Normal qu’elles s’accrochent à ce nouveau métier – des femmes analphabètes ont appris à tenir les cahiers de caisse suite aux formations – et qu’Afrique verte soit de plus en plus sollicitée.
Les évolutions en cours sont révélatrices du fait urbain, au Sahel comme ailleurs. À ses débuts, Afrique verte ne se proposait que de transférer les céréales des zones rurales excédentaires vers les zones rurales déficitaires. Au Mali, au Niger ou au Burkina. À présent, nous tentons aussi d’établir des liens durables entre paysans, producteurs de céréales, et groupes de transformatrices à Bamako, et demain j’espère dans d’autres grandes villes sahéliennes. C’est la contribution originale d’une ONG « rurale » à la lutte contre la pauvreté urbaine. Je crois qu’il s’agit d’un combat de longue haleine.

Propos recueillis par Yves Hardy

Adama Aïssa Tall est responsable Marché urbain au sein de l’ONG Afrique verte-Mali

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