Un avenir sans faim

Publié le 06.02.2008 • Mis à jour le 09.07.2012

Tchad
Une crise annoncée

Philippe Mayol, chef du service Afrique au CCFD, rappelle que l’initiative de dialogue national soutenue par la société civile tchadienne est seule à même de garantir une stabilité durable.

Philippe Mayol
Chef du service Afrique au CCFD

Le Tchad traverse une nouvelle crise politique majeure. Pour l’instant, nous n’avons que peu de nouvelles de nos partenaires. Nous savons que certains, des défenseurs des droits de l’homme comme des acteurs de développement, doivent se cacher, que d’autres ont fui le pays pour assurer leur sécurité.

Cette crise était prévisible. Il faut rappeler que les organisations de la société civile réunies au sein du Comité de suivi de l’appel à la paix et à la réconciliation nationale défend depuis 2005 l’idée de réunir les principaux acteurs politiques dans le cadre d’un dialogue national.

Un dialogue national pour une paix durable

À l’approche de l’élection présidentielle de mai 2006, lors de laquelle Idriss Déby a été réélu après avoir modifié la Constitution, le Comité de suivi avait souligné que la stabilité politique du pays ne pouvait pas reposer que sur son maintien au pouvoir. Seule une initiative politique impliquant toutes les forces politiques étaient à même d’apaiser durablement la situation au Tchad.

Les événements actuels confirment cette analyse. Il faut rappeler en effet que les « rebelles » ne se réduisent pas à une coalition d’intérêts hétéroclites ou de mercenaires à la solde d’un pays étranger. Ils incluent, entre autres, des acteurs politiques majeurs de la scène politique tchadienne. Nous sommes persuadés que si un processus de règlement politique avait impliqué ces protagonistes, nous n’en serions pas là aujourd’hui.

Nous avons, avec le Comité de suivi, rencontré à plusieurs reprises des responsables politiques français pour les sensibiliser à la nécessité d’une démarche politique globale. Leur approche a un peu évolué, mais leur vision reste très marquée par des contraintes géopolitiques. Cette région d’Afrique est en effet marquée par des crises latentes ou déclarées, au Darfour, en Centrafrique, au Nord Cameroun, au Sud-Soudan. Le jeu des régimes lybien et soudanais complique la donne.

Mais une gestion privilégiant le court terme et les nécessités immédiates n’est pas en mesure de rompre le cycle infernal des éruptions de violence politiques à répétition, excitées par l’enjeu que représente la maîtrise des revenus pétroliers.

La responsabilité de la France

La France a une responsabilité dans l’évolution de la crise actuelle. Elle a apporté, et apporte encore, un soutien sans faille au régime en place.

Plus que jamais, il reste pourtant nécessaire que la France avec ses partenaires européennes soutiennent enfin l’initiative de la société civile tchadienne en faveur d’un processus global de dialogue pour la paix, entre les acteurs politiques.

Paris, le 6 février 2008

Nos projets

19 avril 2017

Victimes de la sécheresse et de Boko Haram, les éleveurs du lac Tchad appellent à la solidarité

Dossier : La faim guette les populations fragilisées par les crises politiques en Afrique

Dans un environnement déjà fortement fragilisé par la sécheresse, les populations de la région du Lac Tchad sont soumises aux violences et (...)

15 septembre 2016

Un rapport pour comprendre la crise en République centrafricaine

Le Réseau des Organisations de la Société Civile Centrafricaine pour la Gouvernance et le Développement (ROSCA-GD), partenaire du (...)

8 août 2016 AZHAR

Au Mali, l’association Azhar soutient les initiatives Touaregs contribuant au vivre-ensemble

Assinamar Ag Rousmane est coordinateur de programme au sein de l’ONG Azhar, soutenue par le CCFD-Terre Solidaire depuis sa création en (...)

S’informer

3 mai 2017

Tchad – Demande de libération immédiate pour les deux activistes torturés pendant leur détention en secret

Les autorités tchadiennes doivent immédiatement libérer deux activistes de la société civile qui ont été torturés pendant leur détention en (...)

14 avril 2017

Témoignage de Mgr Muyengo, évêque d’Uvira au Sud Kivu (RDC)

298 Mars-Avril

Nommé depuis décembre 2013 évêque d’Uvira, âgé de cinquante-huit ans, dans la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo (RDC), (...)

13 avril 2017

En Birmanie, les violences contre les minorités ethniques continuent

298 Mars-Avril

Après plus de 60 années de conflit armé avec ses minorités ethniques, la Birmanie s’est engagée dans un processus de paix. Il y a urgence, (...)