Publié le 17 mai 2007

José Boeing, Brésil

José Boeing est avocat et conseiller juridique de la Commission pastorale de la terre (CPT) de l’épiscopat brésilien. Il s’occupe de formation juridique de militants. La CPT défend un modèle alternatif d’exploitation des ressources de l’Amazonie.

José Boeing, Brésil

José Boeing est avocat et conseiller juridique de la Commission pastorale de la terre (CPT) de l’épiscopat brésilien. Il s’occupe de formation juridique de militants. La CPT, partenaire du CCFD, a été créée en 1975 pendant la dictature pour défendre la justice sociale lors des conflits de la terre en Amazonie.

Paris, le 17 mars 2007

Tradition profondément ancrée, le destin de l’Amazone, c’est hélas depuis longtemps le pillage de ses ressources. Ça a commencé par le bois, on a poursuivi avec les richesses minérales, puis le soja est venu détruire la forêt. Maintenant, c’est l’exceptionnelle biodiversité de l’Amazonie qui intéresse les grandes multinationales, pour la découverte de médicaments nouveaux.
Cependant, la coordination des luttes s’est beaucoup renforcée ces dernières années. Le Front de défense de l’Amazonie (qui regroupe une centaine de syndicats, des Églises, des mouvements sociaux et estudiantins, des groupes de femmes, des associations d’agriculteurs... issus d’une douzaine de communes de l’Ouest de l’État du Pará) défend une stratégie précise : tout d’abord, renforcer ce front citoyen, car il n’est pas facile de faire sortir chacun du pré carré de ses revendications traditionnelles ; ensuite revendiquer le droit, prévu dans la Constitution, que les ressources naturelles locales profitent d’abord aux populations qui vivent sur place — riverains des cours d’eau, villages indigènes ou noirs, descendants de communautés d’esclaves émancipés...

Combattre l’impunité

Nous voulons que les pouvoirs publics installent les paysans sans terre, crée des aires d’exploitation durable de la forêt — des "réserves extrativistes", qui ont montré leur pertinence depuis des décennies — exploitées en respectant les équilibres de la forêt, démarque les terres indigènes, promeuvent une véritable politique de développement durable. Et bien sûr qu’il combatte l’impunité, fléau de cette région : l’Amazonie, d’où l’État est absent, est le royaume de la falsification des titres de propriété, de l’expulsion des petits propriétaires par la violence, de l’exploitation illégale des terres, etc. Tout cela fragilise en permanence la situation des paysans et de nos projets. Qui sait qu’un hectare de forêt exploité durablement est plus productif qu’un hectare de soja ? La mort de la forêt signe la nôtre.
Nous avons déjà marqué des points, en démontrant que nous savons produire en forêt — de l’huile de copaiba ou d’andiroba, cultiver des plantes médicinales, des fruits… —, avec un modèle d’économie solidaire et respectueux de l’environnement. Et au plan légal, nous avons obtenu du Tribunal fédéral suprême l’obligation par la multinationale agro-alimentaire Cargill de procéder à une étude environnementale pour son gigantesque terminal céréalier de Santarém sur l’Amazone. Et depuis 2005, une vingtaine d’importants falsificateurs de titres de propriété ont été mis en prison, une première.

Propos recueillis par Patrick Piro

Nos projets

29 août 2016 CEDAC

Brésil : l’agriculture au service de l’éducation populaire

Acteur historique de l’Éducation Populaire au Brésil, le Centre d’Action Communautaire – partenaire du CCFD-Terre Solidaire – se sert de (...)

11 juillet 2016 Centre Bartolomé de las Casas , CooperAcción

Au Pérou, la résistance à l’industrie minière des communautés indiennes, en images

Un documentaire de vingt minutes nous plonge au cœur des conséquences de l’exploitation minière sur les communautés paysannes et indiennes (...)

4 mai 2016 ADHOC

Droits humains au Cambodge, le travail des ONGs sous pression

Partenaire depuis une vingtaine d’années du CCFD-Terre Solidaire, l’association pour les droits de l’Homme et le développement au Cambodge (...)

S’informer

22 septembre 2016

Monsanto sur le banc des accusés d’un tribunal international

294- juillet/août 2016

Afin d’ouvrir l’accès à la justice aux victimes de l’agrobusiness et de lutter contre l’impunité des multinationales, des figures de la (...)

6 septembre 2016

Brésil : en pleine crise politique, les partenaires du CCFD-Terre Solidaire s’expriment

Les acteurs sociaux brésiliens – dont les partenaires du CCFD-Terre Solidaire – sont très alarmés par la régression radicale des politiques (...)

4 août 2016

Retour sur le 7ème Forum social mondial des migrations

Après Johannesburg en Afrique du Sud, en 2014, c’est à Sao Paulo, capitale économique du Brésil, qu’a eu lieu le 7ème Forum social mondial (...)