Publié le 04.09.2005 • Mis à jour le 13.02.2013

Colombie : l’Europe ne doit pas participer à la légalisation de l’injustice

Plus de 150 organisations sociales, religieuses et de défense des Droits humains en Europe et en Amérique latine (dont le CCFD) demandent par une lettre ouverte à l’Union européenne de ne pas soutenir le prétendu processus de démobilisation des groupes paramilitaires en Colombie.

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La décision d’appuyer ou non ce processus se prendra le 6 septembre prochain à Bruxelles.

L’an passé, l’Union européenne déclara qu’elle n’appuierait un tel processus que si en même temps étaient respectés les standards prévus par le droit international, et si les AUC respectaient leur engagement de cessez le feu de fin 2002.

Jusqu’à ce jour aucune de ces requêtes n’a été accomplie. Le Bureau de la Haute Commissaire des Nations unies pour les Droits de l’Homme à Bogotá a souligné l’importance du droit des victimes à la vérité, la justice et la réparation, conditions essentielles pour une réconciliation viable dans le futur. À son tour, la Commission Colombienne de Juristes rend les AUC responsables de l’assassinat de plus de 2000 personnes pendant la période supposée de cessation des hostilités, tel que déclaré par eux-mêmes en décembre 2002. On peut toutefois voir venir de différentes capitales européennes des signes d’appui à la politique de démobilisation du gouvernement colombien.

Les groupes paramilitaires des AUC sont fortement impliqués dans le narcotrafic et, sont considérées de fait tant par l’Union européenne que par les États-Unis comme une organisation terroriste.

Dans son état actuel, le processus de démobilisation ne garantit pas le démantèlement des structures paramilitaires, vu qu’elles continuent de conserver leur pouvoir politique et économique. Même le cadre juridique de ce processus n’oblige pas nécessairement à ce que les responsables des graves violations des droits humains restituent les grandes extensions de terres illégalement acquises.

Les victimes des déplacements, assassinats, tortures et disparitions forcées ne peuvent pas compter de manière adéquate avec la clarification de tels faits, ni avec le châtiment des responsables, ni encore sur une réparation des dommages endurés.

L’Union européenne devrait donner la priorité aux victimes des violations des droits humains dans ses relations avec la Colombie. Autant les recommandations de la Haute Commissaire des Nations unies pour les Droits de l’Homme que la Commission Interaméricaine des Droits Humains, offrent un cadre adéquat pour cette tâche.

la lettre ouverte, signée par plus de 150 organisations

Lettre envoyée à Dominique De Villepin, par la Coordination Française pour la Paix en Colombie

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