Un avenir sans faim

Publié le 13.05.2011 • Mis à jour le 09.05.2016

60 % des travailleurs émigrés philippins sont des femmes, employées à des tâches domestiques

L’ONG philippine Kaagapay, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, vient en aide aux travailleurs philippins partant à l’étranger ou revenus au pays. Goldy Luck Omelio est membre de cette association, il revient sur le sort de ces migrants et les conséquences de cette émigration.

Quelle est l’importance des travailleurs émigrés aux Philippines ?

Les travailleurs partis tenter leur chance à l’étranger représente aujourd’hui plus de 10 % de la population totale du pays, qui compte 92 millions d’habitants. Et les versements qui ont été effectués par ces travailleurs sont estimés à quelque 18 milliards de dollars pour l’année 2010. Ce qui représente 30 % des ressources du pays. On peut donc dire que ces travailleurs constituent en fait l’épine dorsale de notre économie.

Où vont-ils et quels genre d’emploi trouvent-ils ?

Un quart d’entre eux se rendent dans les pays du Moyen-Orient, notamment en Arabie saoudite, mais, dans la liste des dix premières destinations d’émigration, on retrouve également deux pays européens, l’Italie et la Grande-Bretagne. La grande majorité d’entre eux occupent des emplois non qualifiés, dans le le secteur ouvrier ou les petits services. Il ne faut pas oublier que 60 % de ces travailleurs émigrés sont des femmes, employées à des tâches domestiques.

Dans quelles conditions vivent ces femmes ?

La plupart d’entre elles sont peu éduquées et, de ce fait, ne savent rien de leurs droits, que ce soit en tant que travailleuse ou en tant qu’immigrée. Leurs patrons, surtout dans les pays du Moyen-Orient, ne se gênent pas pour en profiter. Elles sont régulièrement maltraitées, battues, parfois violées, voire tuées. L’une d’entre elles nous a ainsi raconté qu’elle avait été enfermée et privée de nourriture pendant plusieurs jours par son employeur, qui avait même cadenassé le réfrigérateur de la maison afin qu’elle ne puisse pas y prendre quelque chose. 

Quelles sont les conséquences de cette émigration massive ?

Les forces productives du pays commencent à manquer. Des docteurs préfèrent devenir des infirmiers à l’étranger plutôt qu’exercer ici, des professeurs sont prêts à se transformer en domestiques pour pouvoir quitter le pays. Mais, si cela continue comme ça, qui va soigner la prochaine génération ? Qui va qui lui apprendre à lire et à écrire ? Qui va préparer l’avenir de notre pays ?

Propos recueillis par Patrick Chesnet

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