Un avenir sans faim

Publié le 24.09.2013 • Mis à jour le 14.09.2016

Au Timor Leste, Permatil forme les paysans à l’agroécologie

Depuis plus de 15 ans, l’association Permatil sillonne le pays afin de former les paysans à l’agroécologie et leur permettre d’acquérir leur autonomie alimentaire. Depuis 2011, les scouts aussi se mobilisent autour de ce projet.

En 1999, les Indonésiens quittent le Timor Leste. L’ensemble du soutien du gouvernement indonésien à la mise en œuvre d’un système agricole fondé sur les principes de la révolution verte (semences hybrides, pesticides et engrais azotés) s’arrête du jour au lendemain. Non seulement les sols sont appauvris, mais le modèle, fondé sur une agriculture d’exportation, ne répond pas aux besoins alimentaires du Timor. 90% de la nourriture est importée. Les crises alimentaires sont récurrentes en période de soudure, notamment à cause du manque d’eau et de semences locales disponibles.

L’association Permatil (Permaculture pour le Timor Leste) nait en 1999 de la collaboration entre plusieurs militants, dont Ego Lemos, un militant indépendantiste et scientifique réputé au Timor, et Steven Cran agronome australien. Ils initient des formations à destination des paysans pour améliorer leur sécurité alimentaire grâce à une gestion optimale des ressources locales permise par la permaculture (plus connue sous le nom d’agroécologie en Europe). Celle-ci permet de produire de la nourriture avec des variétés locales, adaptées à des sols pauvres en matière organique et nécessitant des volumes d’eau réduits. Elle s’appuie sur la reproduction naturelle de la fertilité des sols pour travailler la terre (grâce notamment aux techniques de compostage), plutôt que sur des intrants importés et couteux.

Former les timorais à l’agroécologie

Au fil des années, Permatil organise dans tout le Timor Leste des formations à l’agroécologie. Elle a aujourd’hui acquis un ancrage communautaire solide, une renommée nationale et un réel savoir-faire adapté aux différents publics concernés pour faire passer son message : « cultiver pour se nourrir, avec les richesses et les ressources locales ».
L’expérience acquise par les militants de terrain au contact des paysans lors des formations mobiles a été formalisée dans un manuel qui fait désormais référence. Avec l’appui du CCFD-Terre Solidaire, Permatil apporte une aide et un suivi spécifique aux foyers les plus vulnérables, avec une formation adaptée à leurs problèmes et attentes. En effet, la réplication et la transposition des techniques d’agro-écologie nécessite un travail d’ajustement au plus proche des situations locales.

Un rôle civique et social

Les formations ont mené les militants de Permatil dans des villages parfois très isolés du monde extérieur. Grâce à l’utilisation d’un vidéo projecteur, l’association propose aussi aux villageois des films sur l’histoire du Timor, l’organisation de ses nouvelles institutions, les relations hommes femmes... Ces projections sont des lieux de détente, d’ouverture sur le monde et d’éducation civique qui permettent aux plus jeunes de connaître les différents problèmes de sociétés au Timor désormais indépendant.

Un « permascout camp »

Le mouvement scout étant ancré dans l’église, le CCFD-Terre Solidaire a favorisé le rapprochement entre le diocèse de Baucau et Permatil en 2011, avec l’idée de faire des jeunes, des ambassadeurs d’un développement durable. Cette année là, le diocèse et Permatil lance un camp « Permascout » qui permet à des jeunes de tout le pays de se rencontrer pendant 4 jours et de faire ensemble des activités autour de la permaculture (séminaires, ateliers, discussions). Ces différentes activités ont pour but de créer des groupes de jeunes dans chaque district pour renforcer leur leadership et leur capacité de sensibilisation sur les aspects environnementaux, dans un contexte où les jeunes sont souvent accusés d’être facteurs d’insécurité et de troubles. En 2012, 1200 jeunes de 5 pays différents ont été accueillis dans le district de Laga où la population s’est mobilisée autour de l’événement. Des jeunes et représentants protestants, bouddhistes et musulmans, ont également participé au camp.

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