Un avenir sans faim

Publié le 21.07.2014 • Mis à jour le 30.09.2014

Brochure "Bande de Gaza, une dignité assiégée"

Des voix s’élèvent par-delà le blocus

Les bonnes nouvelles en provenance de Gaza sont rares. Les médias pointent une pauvreté extrême, des conflits violents et une radicalisation croissante. En tant qu’organisations de développement coopérant avec des partenaires locaux sur le terrain, nous avons le privilège de connaître une autre facette de Gaza, beaucoup, cachée. En dépit de son isolement progressif du monde extérieur depuis près de deux décennies, Gaza est un lieu étonnamment accueillant et dynamique. La plupart des habitants de Gaza refusent de céder au désespoir et luttent de toutes leurs forces pour préserver leur dignité dans des circonstances de plus en plus difficiles.

Par ce recueil de voix palestiniennes de Gaza – ainsi que de quelques voix israéliennes et internationales – nous voulons présenter la diversité de la société de la Bande de Gaza. En permettant à nos partenaires et aux gens ordinaires de s’exprimer sur leurs expériences, leurs peurs et leurs espoirs, nous espérons modifier la plupart des stéréotypes négatifs et des idées fausses. La crise actuelle que subit Gaza est tout d’abord une crise de dignité. Des gens ordinaires voient leurs droits fondamentaux, tels que l’accès à la nourriture, à la santé, à l’éducation, au travail, et leur liberté de mouvement, violés au quotidien. Leur lutte pour mettre fin à l’occupation est un combat pour le respect de leurs droits fondamentaux, à commencer par leur droit à la vie.

Le processus de paix israélo-palestinien, initié dans les années ‘90, n’a pas répondu aux espoirs de la population dans un avenir meilleur. Israël a prolongé son occupation et a appliqué des politiques draconiennes en matière de bouclage de la Bande de Gaza.

Après la prise de pouvoir du Hamas à Gaza et l’augmentation des attaques de roquettes sur Israël, ces politiques ont atteint leur paroxysme. En septembre 2007, la Bande de Gaza a été déclarée ‘entité hostile’, et Israël a imposé un blocus sans précédent qui a amené celle-ci au bord du gouffre. La population locale est plus pauvre que jamais et n’est plus capable de générer ses propres revenus. Sara Roy, chercheur à Harvard, a utilisé le terme de ‘dédéveloppement’ pour décrire cette évolution négative.

L’occupation qui perdure, le blocus, les troubles internes et la fragmentation croissante de la société palestinienne augmentent les difficultés rencontrées par nos partenaires dans la réalisation de leurs objectifs.. Alors qu’elle devrait se concentrer sur les questions de développement, la société civile de la Bande de Gaza doit faire face à une crise humanitaire majeure ainsi qu’à la désintégration de son tissu social. Toutefois, nos partenaires palestiniens poursuivent leur travail dans les domaines de l’agriculture, de la culture, de l’éducation, de la santé, des droits de l’homme, de la jeunesse, etc. En dépit des circonstances, ils luttent pour que les gens puissent accéder à des services de base, ils militent pour une société pluraliste et ouverte, et pour une autorité élue démocratiquement, respectant les droits de l’homme et l’Etat de droit. L’un des principaux défis actuels réside dans la préservation de l’unité entre les Palestiniens et la promotion de la réconciliation.

Depuis maintenant plus de deux ans, les Palestiniens de Gaza sont hermétiquement coupés du monde extérieur. Cette ségrégation, non seulement affecte leur quotidien, mais réduit également la possibilité d’un avenir commun entre Palestiniens et Israéliens.

Les deux côtés de la frontière attestent de plus en plus d’une isolation psychologique menant à la radicalisation, une tendance qui menace de saper les liens qui ont un jour existé entre ces deux sociétés. Heureusement, comme le démontrent certains des entretiens de ce recueil, la connaissance de la société israélienne est encore présente dans les points de vue des Gazaouis. Les habitants de Gaza souhaitent simplement vivre en paix – dans leur société et avec leurs voisins.

Malgré la dernière guerre, qui a provoqué une souffrance sans précédent, le message de nos partenaires reste un message d’espoir et de non violence. Ils pressent la communauté internationale de s’opposer à la destruction humaine, sociale et économique de Gaza et de veiller à ce que les responsabilités pour les violations du droit international soient assumées. L’aide financière n’est qu’un aspect nécessaire de la reconstruction et du développement futur de Gaza. Mais, plus urgent encore est l’ouverture immédiate des frontières et des points de passage, une sécurité garantie pour toutes les parties et une paix durable et juste. Les habitants de Gaza méritent l’entière protection que le droit international garantit et le respect total de leur dignité.

Bernd Nilles
Secrétaire general de la CIDSE
Janvier 2009

Bande de Gaza, une dignité assiégée

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