Un avenir sans faim

Publié le 08.07.2015 • Mis à jour le 23.09.2016

Un an après, CPL témoigne d’une situation très difficile à Gaza

L’association CPL offre un espace de liberté culturelle aux enfants, aux jeunes et aux femmes de Gaza

Un an après l’attaque israélienne "Bordure Protectrice" en juillet-août 2014 et les bombardements meurtriers de la population civile, la bande de Gaza est bien loin d’être reconstruite et souffre d’un blocus dramatique. Ses habitants, coupés du monde, manquent de tout et souffrent d’isolement et d’absence de perspectives d’avenir. L’association Culture et Pensée Libre (CPL) poursuit son travail auprès des femmes, des enfants et des adolescents pour leur offrir malgré tout des espaces de liberté et d’épanouissement, et contribuer à la construction d’une société civile. Dans des conditions de plus en plus difficiles.

De passage en France, Majeda El Saqqa, une des fondatrices de l’association Culture et pensée libre, partenaire du CCFD-Terre Solidaire, donne son témoignage sur la situation dans la bande de Gaza près d’un an après l’attaque israélienne "Bordure Protectrice" en juillet-août 2014. Elle parle également des activités organisées par l’association avec les jeunes et les enfants.

"Cela devient réellement impossible"

"Une rare possibilité d’ouverture et de créativité"

Créée en 1991 par cinq femmes dans le camp de Khan Younis, l’association Culture et pensée libre a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des enfants et de leurs mères par le recours à des activités éducatives et culturelles.
Le CCFD-Terre solidaire a débuté sa relation avec Culture et pensée libre en 1998. Depuis le début de la Seconde Intifada en 2000, la situation s’est gravement détériorée dans la Bande de Gaza, et encore davantage après la mise en place par les autorités israéliennes d’un blocus drastique à partir de 2007 suite à la prise de pouvoir du Hamas.
Les opérations militaires israéliennes se sont intensifiées, de plus en plus meurtrières pour la population civile et destructrices d’infrastructures et de logements. Le siège perdure avec des conséquences sur l’enfermement de la population, des difficultés à se procurer des produits de toutes sortes, et à bénéficier des services de base.
Les enfants et les jeunes, qui représentent plus de 60% de la population, grandissent dans un contexte de guerre et de privations, et sont les premières victimes des traumatismes de guerre et de l’enfermement.
Exposés à une violence cyclique, ils souffrent aussi d’un système scolaire débordé, d’absence de perspectives d’avenir, d’un manque de logements, ainsi que du chômage et du désarroi de leur parents.

Dans ce contexte, les activités récréatives et culturelles proposées par l’association Culture et Pensée Libre sont une rare possibilité d’ouverture et de créativité.
L’association gère aujourd’hui cinq centres autonomes : à Khan Younis, deux centres sont consacrés l’un aux enfants (An Nawwar) et l’autre aux adolescents (Bunat el Ghad). L’existence de ce centre pour adolescents, unique en son genre, est particulièrement importante, à commencer pour les filles qui n’ont accès à aucune autre activité périscolaire. En 2013, un groupe de jeunes filles a réalisé par exemple un film d’animation autour de la place des filles dans la société. Deux autres centres sont destinés aux femmes de toute la bande de Gaza, et l’association a aussi créé un centre culturel pour enfants.
Chaque jour, quelques 1200 adolescents, 600 femmes et 200 jeunes participent à ses activités culturelles et sportives : laboratoire informatique, laboratoire scientifique, groupes de musique, de danse, organisation de spectacles, compétitions sportives, expositions artistiques.
L’association propose aussi des activités de soutien psychologique, notamment à travers la thérapie par le théâtre.
Des cours de soutien scolaire sont organisés en lien étroit avec une dizaine d’écoles, et l’association accueille des camps d’été pour les enfants et les adolescents.
Les familles ainsi que des professeurs d’école sont fortement impliqués dans différentes activités.
L’association a reçu le prix 2006 « Courage et dévouement » du Haut conseil à la coopération internationale.

Pour en savoir plus :

- Voir les récits que les enfants ont confiés pendant les cessez le feu de l’été 2014 aux éducateurs de l’association Culture et pensée libre

- Lire les recommandation du rapport « Sortir de l’impasse à Gaza, tracer une nouvelle voie » par AIDA*, un collectif d’ONG internationales d’urgence et de développement, dans lequel il rappelle le lourd bilan de l’opération "Bordure protectrice" et émet des recommandations concrètes pour accélérer la reconstruction.

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