Un avenir sans faim

Publié le 25.10.2013 • Mis à jour le 09.05.2016

CODSSY Une grande chaîne de solidarité pour promouvoir l’entraide entre Syriens

CODSSY, le Collectif du Développement et du Secours Syrien, est basé à Paris et regroupe plusieurs associations de France, de Syrie et des pays d’accueil des réfugiés. Elles agissent dans différents domaines (sanitaire, médical, alimentaire, éducatif, psychologique et juridique), tant les besoins sont complexes et urgents.

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Le leitmotiv de CODSSY est de donner aux Syriens les moyens de rester dignes et de s’entraider sur place ou en exil. Le collectif travaille avec une diversité d’acteurs, qu’il s’agisse d’organisations de quartier ou d’associations de femmes.

Régulièrement, CODSSY reçoit des demandes, les étudie, aide les volontaires sur place à définir les priorités, à formuler un projet… puis tente de récolter des fonds pour réponde au mieux à ces demandes. Sous les bombes ou dans les camps de réfugiés, ce qui réunit tous ces acteurs, c’est bien la volonté de s’en sortir et de construire un avenir pour tous les Syriens. Le collectif affiche ainsi la volonté de venir en aide à toutes les victimes et leurs familles, quelles que soient leurs origines ethnique, confessionnelle et socio-économique.

Grâce à de multiples relais locaux, CODSSY tente de répondre à une urgence vitale. CODSSY soutient par exemple des campagnes de distribution pour toucher ceux qui vivent en état de siège : lait en poudre pour les nouveau-nés, médicaments, nourriture, prise en charge des orphelins. Pourquoi est-ce si nécessaire ? Parce que plus de 7 millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgence. Les enfants sont évidemment les plus vulnérables : en Syrie, plus de deux millions d’enfants sont en danger de malnutrition. Dans les zones rurales de Damas, un jeune syrien sur vingt est sévèrement sous-alimenté tandis que 14% souffrent de malnutrition grave.

D’autres projets soutenus par CODSSY regardent aussi vers l’avenir et tentent de soulager les souffrances des enfants réfugiés. Un million d’enfants syriens, dont 75% âgés de moins de 11 ans, sont devenus réfugiés à l’étranger avec des membres de leurs familles ou seuls. « Même après avoir trouvé un refuge à l’extérieur, ces enfants sont traumatisés, déprimés et en quête d’une raison d’espérer », souligne Antonio Guterres, le Haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.

Alwane, association membre de CODSSY, s’est spécialisée dans le soutien psychologique des enfants à travers l’expression artistique. « Avec une petite équipe, nous avions commencé à développer un projet similaire à Damas, pour sortir les enfants de l’atmosphère sombre et violente qui régnait autour d’eux. Puis, avec l’intensification de la guerre et notre départ au Liban, nous avons décidé de poursuivre notre travail ici, auprès des enfants réfugiés… On s’est formé peu à peu avec l’aide de professionnels et on essaie de soulager la souffrance des enfants dans leur quotidien », explique Sana Yazigi, cofondatrice de l’association Alwane.
Musique, dessin, théâtre sont autant d’outils pour qu’ils puissent exprimer leurs peurs, leurs souvenirs, leurs rêves. Le travail s’effectue en accord avec la famille, pour ne pas déresponsabiliser les parents, qui souffrent déjà des difficiles conditions de vie, de l’absence d’horizon et qui peinent souvent à reconstituer un environnement sécurisant pour leurs enfants. En parallèle des activités d’art thérapie, l’association offre aux enfants des repas et une aide matérielle.

Aujourd’hui les réfugiés syriens sont plusieurs millions à travers le monde. Au Liban, ils représentent déjà près d’un quart de la population totale, ravivant des tensions inter-communautaires et sociales de ce petit pays fragile. Alwane a choisi de travailler en particulier dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et de Chatila à Beyrouth, où nombre de Syriens démunis ont trouvé refuge du fait du moindre coût de la vie. Là-bas, l’association a également trouvé des partenaires syriens actifs, avec qui elle partage les locaux. Depuis peu, Alwane a commencé à accueillir quelques enfants libanais et palestiniens dans ses programmes pour faciliter une meilleure cohabitation et favoriser l’ouverture à l’autre. Désormais, trois salariés et un bénévole formés à l’art thérapie assurent l’accompagnement d’une centaine d’enfants. « Cet automne, c’est la seconde rentrée scolaire. Nous avons plus d’enfants, dont certains sont très marqués par les violences de la guerre, et beaucoup d’interrogations sur l’avenir… Mais en même temps, on voit aussi déjà les premiers effets de notre travail sur ceux que nous avons accueillis l’an dernier. » Rapporte Sana Yazigi.

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