Publié le 23 janvier 2015

Peut-on guérir du passé après un attentat ? Michael Lapsley témoigne en France à partir du 5 février

A l’occasion de sa venue en France, plusieurs conférences sont organisées avec Michael Lapsey, militant anti-apartheid en Afrique du Sud et prêtre anglican sur le thème : Peut-on guérir du passé ?

A l’occasion de la sortie de son livre "Guérir du passé : Du combat pour la liberté au travail pour la paix" et de la venue en France de Michael Lesley, L’ACAT et le CCFD-Terre solidaire soutiennent l’organisation de plusieurs conférences à Paris et en régions.

  • A Paris, le 5 février à 19h au Temple de l’Etoile, 54 avenue de la Grande armée 75017 Paris, avec Guy Aurenche, président du CCFD-Terre solidaire
  • A Tours, le 6 février, à 19h30, à la librairie La Boîte à livres 19 rue Nationale.
  • A Rennes, le samedi 14 février 2015 à 18h, au Temple de l’Eglise Protestante Unie
  • A Rouen, le 16 février, à 20h, à l’espace Moineau au centre diocésain
    41 route de Neufchâtel
  • A Grenoble, Mardi 17 février 2015 à 20h, au Centre œcuménique St Marc

Lire ici l’interview de Michael Lapsley dans Faim et Développement Magazine,

Une vie bouleversée par une lettre piégée

Le 28 avril 1990, trois mois après la libération de Nelson Mandela, Michael Lapsley perdait ses mains et un oeil dans un attentat au colis piégé au Zimbabwe commandité par les escadrons de la mort du régime sud-africain.
Aumônier de l’ANC en exil, il payait ainsi très cher son engagement contre l’apartheid. Depuis lors, des crochets métalliques lui servent de mains, mais il poursuit sans relâche son combat pour la paix et la liberté…

L’Institut pour la guérison des mémoires

En 1998, il fonde au Cap l’Institut pour la guérison des mémoires, dont la vocation est de venir en aide aux victimes de diverses formes de violence et d’oppression. Fort de son expérience, Michael Lesley anime également des ateliers pour accompagner les personnes marquées par un passé douloureux, notamment des détenus, des réfugiés ou des malades du sida, aussi bien au Rwanda et aux États-Unis qu’en Irlande du Nord et en Colombie.
Pour Nadine Gordimer, romancière sud-africaine et prix Nobel de littérature « Michael Lapsley décrit le refus d’être brisé, dans son corps, son âme et son esprit. Cet engagement, il l’étend au monde entier. La portée de ce livre est immense. »
Au-delà de ses blessures physiques, Michael Lapsley interroge : comment parler de
ces blessures qui ne se voient pas ? Il met le doigt sur l’urgence d’un dialogue avec une jeunesse diversifiée souvent stigmatisée mais peu interrogée sur la définition des identités qu’elle regroupe, pour une construction d’un avenir meilleur et réconcilié.

Autobiographie de Michael Lapsley (Afrique du Sud)
Sortie de l’édition française janvier 2015 (Éditions de l’Atelier ; traducteur : Daniel Delmée).

Quelques extraits du livre Guérir du passé :

«  Le travail de guérison des mémoires vise à briser la chaîne de l’histoire, une chaîne en vertu de laquelle, dans de très nombreux pays, les opprimés d’une génération deviennent les oppresseurs de la suivante. » p. 202

« Aujourd’hui encore, tout me rappelle à chaque instant que je ne retrouverai jamais mes mains. Comme on pleure la perte de quelqu’un qu’on aime, qui fait aussi partie de notre identité, on pleure la perte d’un membre. Ce manque affecte a`chaque seconde tous les aspects de votre vie. » p. 46

« Parfois je me demande pourquoi j’ai survécu à l’attentat alors que j’avais accompagné tellement d’amis au cimetière pour leur dire adieu. Je pense que les stigmates de mon attentat traduisent l’horreur de ce que nous, les êtres humains, nous sommes capables de nous faire les uns aux autres . Ils opposent un démenti à ceux qui le nieraient ou le minimiseraient. » p. 67

« Une image m’est toujours restée à l’esprit. Il y avait deux ascenseurs dans le bâtiment administratif de l’État où je devais régulariser mon visa d’étudiant ; au-dessus de l’un d’eux, il était écrit « Blancs uniquement » et au-dessus de l’autre « Marchandises et non-Blancs ». Ainsi les Blancs étaient implicitement des « êtres humains » alors que les personnes de couleur étaient mises dans le même sac que des « marchandises ». p. 92

« Je commençai à comprendre que la violence ne sortait pas simplement du canon d’un fusil. Une violence structurelle et systémique était moins visible, mais faisait davantage de dégâts que la force pure et dure de la police. [...]
Même si j’étais toujours un pacifiste et si je prêchais la non-violence aux gens, qu’ils soient blancs ou noirs, je me suis vite aperçu que lorsque les Noirs prenaient les armes, on parlait de « violence et de terrorisme », alors que lors que les Blancs faisaient preuve de violence à l’égard des Noirs, o n parlait de défense de l’ordre public. En réalité, aussi pacifiste pouvais-je être, la police et l’armée tireraient et tueraient pour protéger mes intérêts en tant que Blanc. » p. 99

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