Publié le 28.11.2017 • Mis à jour le 12.03.2018

GTC et CIDSE : « Nous réaffirmons notre appui aux efforts de la Colombie dans leur quête de réconciliation et de paix permanente et durable » (communiqué)

Groupe de Travail pour la Colombie de Caritas (GTC) et CIDSE - Coopération Internationale pour le Développement et la Solidarité Catholique (dont le CCFD-Terre Solidaire est membre) s’associent à la commémoration de la première année des accords qui mettent fin à la confrontation armée entre le gouvernement colombien et les FARC-EP, étape fondamentale vers la construction de la paix et la réconciliation de la société colombienne.

Un an après la signature des accords de paix entre les FARC et le gouvernement colombien au Théâtre Colón, le Groupe de Travail pour la Colombie (GTC) de Caritas Internationalis, et l’alliance CIDSE, observent avec satisfaction le niveau élevé de réalisation des objectifs tels que le cessez-le-feu et l’abandon des armes (selon l’ONU, 8 994 armes ont été déposées), la mise en place du mécanisme de suivi et la création d’institutions et de cadres réglementaires pour la mise en œuvre des accords de paix.

Néanmoins, nous considérons comme des défis significatifs l’instauration de garanties de sécurité et de protection (notamment dans les territoires laissés par les FARC et désormais occupés par d’autres acteurs armés), la paix dans les territoires, le traitement des priorités de la mise en œuvre normative, législative et administrative telles que la Juridiction Spéciale pour la Paix (JEP), les circonscriptions spéciales pour la paix et la réincorporation à la vie civile des ex-combattants. En effet, ces questions ont un impact direct sur la construction de la paix et de la réconciliation dans les territoires et dans la vie des communautés.

D’autre part, la confiance placée dans la mise en œuvre du processus de paix est mise à mal par le risque élevé auquel sont confrontés les leaders sociaux qui œuvrent pour renforcer leurs communautés et pour rendre possible la participation démocratique dans les différents processus du pays.

Depuis la signature des accords, il y a eu 61 assassinats de dirigeants sociaux qui ont eu lieu principalement dans des zones rurales et de dirigeants de communautés ethniques. D’autre part, entre janvier et mai 2017, 7 400 personnes ont été contraintes de se déplacer à cause de la violence. Nous faisons un appel auprès de tous les secteurs de la société colombienne pour que soit protégée la vie des leaders et que soit respectés et valorisés leurs efforts. Nous devons prendre le chemin qui permette la construction d’un projet commun à l’échelle du pays et des régions et qui rende possible la réconciliation de tous les Colombiens. La réconciliation est le chemin et la vie doit être protégée dans toutes les circonstances. Les garanties des communautés est la voie qui peut permettre la pérennité des processus de construction de la paix en Colombie.

Par ailleurs, la consolidation d’une paix permanente et durable dans les territoires exige la présence intégrale de l’Etat dans les régions pour mener à bien la mise en œuvre des accords et assurer le respect des droits humains des communautés, condition de coexistence et réconciliation. La forme que prendra la présence de l’Etat dans les territoires permettra de prévenir de nouvelles formes de violence telles que le crime organisé.

Le président de la Conférence des évêques de Colombie, lors de sa dernière Assemblée, nous rappelle que dans le cadre de la culture de la rencontre, le pape nous encourage à nous engager sur la longue route de la réconciliation en renforçant la rencontre entre la vérité et la miséricorde dans un environnement où la justice et la paix ne font qu’un. Dans cet objectif à long terme, nous encourageons la société colombienne à continuer d’insister pour que la vérité des faits du conflit armé soit établie et accueillie avec miséricorde. Cela ne trahit pas la mémoire des victimes, mais cela en fait une force qui garantit que ces faits ne se répèteront pas. Par ailleurs, la consolidation de solutions dans le cadre de la justice réparatrice est le chemin de la réconciliation qui restaure la dignité des victimes et ouvre la possibilité pour les agresseurs de contribuer de manière constructive à la reconstruction du tissu social et du projet d’une nation commune.

« La recherche de la paix est un travail qui nous demande de ne pas ménager nos efforts pour construire l’unité de la nation et de persister, en dépit des obstacles, divergences et différentes approches sur la manière d’instaurer une coexistence pacifique, dans la lutte pour favoriser la culture de la rencontre. Cela demande de placer l’humain au centre de toute action politique, sociale et économique. » (Pape François, 7 septembre 2017)

En tant que communauté internationale, le Groupe de Travail pour la Colombie de Caritas Internationalis et CIDSE, nous réitérons notre soutien au processus de construction de la paix en Colombie, qui se concentre sur les victimes et le respect des droits humains, et ce dans un but de développement humain intégral.

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