Un avenir sans faim

Publié le 16.10.2017

Journée mondiale de l’alimentation - La faim justifie les moyens ! (rapport)

10 ans après les émeutes de la faim, retour sur les actions de la communauté internationale

A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le CCFD-Terre Solidaire lance un rapport intitulé « La faim justifie les moyens ! 10 ans après les émeutes de la faim, retour sur les actions de la communauté internationale ». Les principaux résultats de cette étude sont publiés en exclusivité dans le numéro de La Croix du 16 octobre 2017.

Il y a dix ans, l’envolée des prix agricoles provoquait des crises alimentaires majeures à travers le monde et des manifestations appelées « émeutes de la faim » dans 38 pays en Afrique, en Amérique Latine et en Asie. L’ampleur et le caractère mondial des crises de 2007-2008 remettaient la faim sur le devant de la scène médiatique et politique. La communauté internationale avait alors multiplié les annonces et pris des engagements.

Une décennie plus tard, le rapport du CCFD-Terre Solidaire dresse un état des lieux de la sécurité alimentaire dans le monde. Comment les annonces de l’époque se sont-elles concrétisées ? Les actions mises en œuvre par les différents acteurs de la communauté internationale ont-elles porté leurs fruits ?

Les conclusions sont claires : nous n’avons pas réduit de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. Et les chiffres de la FAO publiés en septembre 2017 vont dans ce sens : ce sont encore 815 millions de personnes qui sont concernées. Pire, la malnutrition sous ses différentes formes témoigne d’une montée de l’insécurité alimentaire dans le monde puisque qu’aujourd’hui, c’est une personne sur trois qui n’a pas accès à une alimentation équilibrée, saine et durable. Face à ce constat, les Etats doivent réaffirmer leur volonté de lutter efficacement contre les causes structurelles de la faim et de l’insécurité alimentaire et mettre enfin en œuvre les politiques nécessaires et urgentes.

Le rapport indique ainsi que malgré des efforts, les principaux enjeux, pourtant identifiés par la communauté internationale lors des crises alimentaires de 2007-2008, restent d’actualité. Il est donc nécessaire aujourd’hui de :

- Réaffirmer la primauté du Comité sur la Sécurité Alimentaire Mondiale dans la gouvernance mondiale. Réformé au lendemain des crises alimentaires pour en faire le principal espace de gouvernance sur les enjeux de sécurité alimentaire, on assiste pourtant ces dernières années à une démultiplication des espaces et initiatives de différents niveaux qui impliquent divers acteurs traitant de cette question. Cela nuit à la lisibilité des décisions et génère d’importants risques d’incohérence des politiques menées.

- Lutter contre la volatilité des prix et réguler les marchés agricoles. Bien que contenus ces dernières années, les prix agricoles sont restés majoritairement bien au-dessus des prix précédant les crises alimentaires de 2007-2008. La question de la régulation des marchés agricoles est d’autant plus d’actualité que se multiplient les traités de libre échange et autres Accords de Partenariat économique, qui ne permettent pas aux pays de protéger leur agriculture, en particulier dans les pays en développement.

- Investir, oui ! Mais des investissements publics et encadrés. Accaparements de terres, pollution, endettement des paysans… Les impacts négatifs de certains investissements dans l’agriculture sont connus et identifiés. Pour autant, ces dernières années des initiatives, insuffisamment cadrées, et reposant largement sur des projets de l’agrobusiness, se sont multipliées. Résultat : loin de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire dans les pays, on assiste même à la mise en place d’une concurrence déloyale entre le secteur privé et les paysans, qui produisent pourtant 70% de l’alimentation mondiale.

La clef du combat contre l’insécurité alimentaire se trouve aujourd’hui entre les mains des Etats qui doivent mettre un terme à leur schizophrénie. En France, les Etats généraux de l’alimentation (EGA) lancés par le gouvernement, illustrent ce risque d’incohérence annihilant in fine toute avancée. La dimension internationale des enjeux agricoles et alimentaires est traitée dans deux cadres distincts des EGA, aux objectifs potentiellement divergents : d’un côté se discute la conquête des marchés agricoles à l’international par les entreprises françaises, de l’autre la politique de coopération française pour la sécurité alimentaire mondiale.

Pour le CCFD-Terre Solidaire, la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle suppose une transition et des choix clairs de modèles agricoles et de systèmes alimentaires. Alors qu’une personne sur deux pourrait souffrir de malnutrition d’ici 2030, il y a urgence à agir.

- Télécharger le rapport : La faim justifie les moyens ! 10 ans après les émeutes de la faim, retour sur les actions de la communauté internationale

- Contact presse : Karine Appy, 06 66 12 33 02 – k.appy@ccfd-terresolidaire.org

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